Jean-Pierre Chevènement: M. Giscard d'Estaing a déjà répondu le 17 juillet, devant le Parlement européen : « En termes de contenu, les propositions demeurent largement inchangées, elles sont juste présentées de façon différente. (...) Les gouvernements européens se sont mis d'accord sur des changements cosmétiques à la Constitution pour qu'elle soit plus facile à avaler. » Cette morgue en dit long : nos élites ont honte du non du peuple français. Et le président de la République a accepté, comme le voulait Mme Merkel, « la substance de la Constitution européenne ».
Quel problème y voyez-vous ?
Le président de la République a-t-il le droit de faire ratifier par le Parlement un traité reprenant l'essentiel d'une Constitution qui a été rejetée par référendum par le peuple français ? Seul le peuple peut revenir sur un référendum populaire. Comme l'a relevé un professeur de droit public, Mme Anne-Marie Le Pourhiet, le président de la République n'a pas le droit d'interpréter seul la volonté du peuple français. C'est un véritable coup d'Etat ! Certes, M. Sarkozy avait annoncé pendant la campagne qu'il soumettrait au Parlement un « mini-traité » ou un « traité simplifié » mais ce n'est pas du tout de cela qu'il s'agit : le nouveau traité compte 256 pages de modifications aux traités de Rome et de Maastricht. Le texte est d'une complexité effarante et il est totalement inaccessible.
Ce texte n'est donc pas le fameux plan B que réclamait le camp du non en 2005 ?
En aucune manière. Le plan B, c'était un gouvernement économique de la zone euro, un changement des statuts de la Banque centrale européenne pour inscrire dans ses missions la croissance et l'emploi, une facilitation des coopérations renforcées. M. Sarkozy n'a, en aucune manière, réalisé une synthèse du oui et du non.
Il a quand même fait retirer la clause qui érigeait la « libre concurrence » comme objectif de l'UE...
Non. Voyez les dispositions relatives au marché intérieur : elles stipulent l'accord des membres sur un système où la concurrence n'est pas faussée. Toutes les critiques qui étaient faites à la Constitution peuvent l'être au traité simplifié. M. Sarkozy a accepté que la France puisse ne pas avoir de commissaire européen à partir de 2014. On n'a pas de ministre des Affaires étrangères européen, mais un haut représentant : si, demain, les Etats-Unis décident d'effectuer des frappes militaires sur l'Iran, que dira le haut représentant ? Poser la question, c'est y répondre : il s'alignera sur Washington.
Vous jugez que ce traité fait la part belle au camp libéral ?
C'est évident. C'est une victoire de Mme Merkel et des libéraux. Rien sur la préférence communautaire ! Rien sur la possibilité d'organiser une initiative européenne de croissance ! Avec un euro à 1,50 dollar, nous serons désarmés !
Vous réclamez donc un référendum ?
Comme Ségolène Royal l'avait proposé pendant sa campagne, il faudrait que ce traité soit soumis à référendum par le président de la République. Je souhaite que le PS le propose comme il s'y était lui-même engagé dans son projet.
Propos recueillis par Renaud Dely et Henri Vernet, Le Parisien, jeudi 18 octobre 2007.
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Voir aussi la tribune de Georges Sarre dans l'édition du quotidien Le Monde du 18 octobre 2007.
Je dis bien Villepin-Chirac-Sarkozy. Car ne doutez pas une seconde que ces trois là et surtout le dernier, malgré la cacophonie gouvernementale, sont en accord pour organiser la casse du code travail, entreprise d’autant plus cynique qu’elle est inscrite dans le cadre d’une loi dite de l’Egalité des chances. Comme au cinéma, on sait bien qu’il y a toujours un bon flic et un mauvais flic (…)
Directive Bolkestein : ils font comme si nous n’avions pas dit NON !
Le MRC vous appelle à signer la pétition unitaire contre la Directive Bolkestein, et à continuer le combat contre l’Europe libérale, atlantiste, anti-démocratique.Le 29 Mai, nous sommes une majorité de Français (55 %) à avoir dit NON à l’Europe libérale et anti-démocratique.
Le 29 MAI n’est qu’un commencement !
Avec une participation massive, 55% des Français ont refusé le projet de « Constitution » européenne. Les Pays-Bas viennent de faire de même. Le projet Giscard est mort et l’idée d’une « Constitution » européenne l’est également.
Les peuples d’Europe ne veulent plus d’une Europe vouée au marché et soumis à la loi de la jungle du libéralisme. Les Etats doivent reprendre leur place dans l’économie et assurer la redistribution d’une croissance qui génère aujourd’hui à la fois des profits colossaux et une plus grande précarité.
Le NON massif des Français est un NON d’adhésion : populaire, républicain, progressiste et de gauche. C’est un NON d’espoir et qui doit engager la gauche dans la voie d’une inévitable refondation. C’est la condition du rassemblement de la gauche et de la mise en œuvre d’une vraie alternative à la politique de régression sociale de la droite et du MEDEF.
Par ailleurs, les électeurs du NON attendent une clarification de la part des tenants du oui de « gauche ». Notamment à Sarcelles où 80% des militants socialistes avaient plébiscité le oui (en interne). Quelle déconnexion avec les Sarcellois qui ont rejeté le traité à près de 63% !
En accusant Chirac du rejet du référendum par les Français, les dirigeants socialistes montrent qu’ils n’ont pas compris la portée et les motivations profondes de ce NON populaire. Pas plus qu’ils n’avaient compris la sanction populaire de Lionel Jospin aux présidentielles le 21 avril 2002.
Il faut un projet nouveau à la gauche. Ce projet doit être bâtit avec les citoyens. Il ne peut plus être un accompagnement de la mondialisation libérale auquel la direction du Parti Socialiste s’est résignée. Ce projet doit porter les aspirations et les attentes d’un peuple à qui cette victoire appartient. Il doit donc être antilibéral, républicain et inspiré par l’idée d’une Europe indépendante, pacifique et ouverte aux pays du Sud.
Les mesures à obtenir immédiatement au prochain Conseil
1. Reformer les statuts et objectifs de la Banque Centrale européenne pour que l’emploi soit une priorité au-delà des discours !
2. Créer d’un gouvernement économique de la Zone Euro
3. Réviser en profondeur le Pacte de stabilité budgétaire pour relancer nos économies.
4. Mettre en oeuvre une véritable politique industrielle se substituant à la croyance en une politique de « la concurrence libre et non faussée » 5. Sauvegarder nos services publics et la Laïcité par l’adoption d’une clause dérogatoire.
6. Le retour à la « préférence communautaire », pour protéger nos marchés et nos emplois dans une mondialisation orchestrée par les Etats-Unis.
7. Faciliter les coopérations renforcées entre Nations volontaires
Sur cette base, les partisans du NON peuvent agir et porter haut les revendications des citoyennes et des citoyens qui ont massivement rejeté le projet de « Constitution » européenne. C’est ce à quoi le MRC entend travailler dans les prochains mois poursuivant ainsi le combat que JP Chevènement mène à gauche depuis 1982. Vous pouvez nous rejoindre pour bâtir cette alternative en contactant le MRC.

