Vendredi 14 décembre 2007
Je viens de recevoir cet article d'un militant PS du Pas-de-Calais, membre du club équité. Tant l'histoire est emblématique de ce qui se passe
actuellement au PS, je le mets en ligne tel que je l'ai reçu avec les commentaires et les fautes de frappes.
Y aurait-il deux catégories de militants : ceux qui collent les affiches et ceux, cummulant mandats et fonctions, qui vérouillent le fonctionnement démocratique et le détournent à leur profit
? Comme quoi les propos et écrits de certains élus socialistes de Georges Frèche à François Pupponi ne sont pas des actes si isolés et le silence officiel du PS suite aux écrits de
François Pupponi pas si anodin...
Désignation du candidat PS à Étaples : Bagdad Ghezal rue dans les brancards
[Le 9/12 à 9:00]
Bras de fer après la bataille. Alors que le conseil fédéral du Pas-de-Calais a désigné Antoine de Rocquigny tête de liste socialiste à
Étaples, Bagdad Ghezal, qui le devançait lors de la consultation des militants locaux, a saisi la commission électorale nationale de son parti. Il espère encore être tête de
liste.
Paris saisi du cas d'Étaples.- « La commission électorale nationale s'est saisie du cas d'Étaples », indique
Bagdad Ghezal, finalement intervenu pour que la candidature d'Antoine de Rocquigny, validée le 19 novembre à Bruay par le conseil fédéral du Pas-de-Calais, soit annulée. Arrivé en tête par 36
voix contre 12 lors du vote préalable au sein de la section locale (« un vote toujours indicatif », selon le secrétaire fédéral, Serge Janquin), Bagdad Ghezal « attend sereinement » sa
désignation comme tête de liste « lors de la convention nationale du 15 décembre ».
En contradiction avec la version livrée par le patron des socialistes du Pas-de-Calais (lire ci-dessous), Bagdad
Ghezal assure que s'il a « pris acte » de la désignation de son rival, le 19 novembre, il n'a « jamais retiré (sa) candidature ». Et de questionner : « D'ailleurs, si je l'avais fait, pourquoi y
aurait-il eu un vote ? » Curieusement, Bagdad Ghezal est arrivé en retard à cette réunion stratégique, ce qui l'a empêché de participer au scrutin. Ghezal tire tous azimuts.- Bagdad Ghezal
dénonce des « mensonges » consécutifs à la désignation d'Antoine de Rocquigny et un « passage en force » en faveur d'un candidat qui « n'habite pas Étaples » et qui « n'y est inscrit sur les
listes électorales que depuis octobre 2007 ». Le secrétaire de la section cantonale reproche au maire de soutenir cet homme providentiel, en soulignant : « Marcel Guerville n'a pas préparé sa
succession. » Il accuse aussi Vincent Léna, le secrétaire de la 4e circonscription pour le PS, d'être intervenu, sans légitimité selon lui. « Je lui reproche de porter la responsabilité de cette
situation. Nous avons fait une campagne exemplaire pour lui aux législatives. La prochaine fois, il aura du souci à se faire à Étaples. »
Discrimination raciale ?-
Appuyé sur le thème de la diversité par une intervention choc de Malek Boutih avant le conseil fédéral décisif (
notre édition du 14 novembre), Bagdad Ghezal souligne à son tour les « pratiques curieuses » du PS. « La diversité, c'est du foutage de gueule ! (sic). Le seul candidat (issu de la diversité) qui
arrive en tête de sa section dans le Nord - Pas-de-Calais, on le blackboulé. Pourquoi choisir Antoine de Rocquigny, qui a fait HEC et l'ENA, et pourquoi pas Bagdad Ghezal ? C'est le patronyme qui
gêne ? Qu'on le dise. » De Rocquigny au travail.- Pendant ce temps, Antoine de Rocquigny s'est mis au travail, presque comme si de rien n'était. Vendredi soir, il a réuni les socialistes (avec
Marcel Guerville, Jean-Bernard Cyffers.), les communistes (avec Pascal Thiébaux) et même les chasseurs pour préparer une liste commune. Bagdad Ghezal absent, une question a été posée sur sa
participation ou non à cette équipe. Marcel Guerville a fait comprendre qu'il y est hostile. « C'est un sujet interne au PS », a dit Antoine de Rocquigny qui s'attache surtout à « faire l'union
avec Pascal Thiébaux ».
LAURENT BOUCHER
Posté sous Littoral - Flandres, Municipales
-----------------------------------------------------------------------------
9 Commentaires
Mr Bagdad Ghezal, vous n’avez ples socialistes aiment les camarades "arabes" mais chez les autres. lefauxcondort
10 décembre 2007 à 9:11 désolé une fausse manoeuvre et hop c'est parti !! Je reprends Mr Ghezal vous n'avez pas encore compris que les socialistes aiment les camarades "arabes" mais chez les
autres (je veux dire sur les autres listes). N’attendez rien d'eux si ce n'est un emploi aidé pour mieux vous humilier. N’attendez aucune reconnaissance aucune écoute. D'ici les prochaines
élections, s'il ne vous ont pas laminé, je vous recommande donc de changez de nom (un De. c'est bien) de vous faire embaucher à la SNCF, et surtout de vous blanchir. Là vous aurez peut être une
chance et encore. Courez vous le 100 m en moins de 10 secondes ou pouvez vous faire un Paris bethune en 20 mins ? Sinon abandonnez de suite faites donc une liste d'ouverture où enfin vous serez
respecté
Le fauxcondort 10 décembre 2007 à 9 :20
----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Le Parti socialiste est un adepte du parachutage.
Après Jack Lang à Boulogne (avec le succès que l'on connaît). Vincent Léna à Berck, Antoine de Rocquigny à
Etaples. Le PS local serait bien inspiré de faire preuve "d'ouverture" à l'égard des "vrais" habitants du Pas-de-Calais.
Lecteur assidu 10 décembre 2007 à 10 :23
---------------------------------------------------------------------------------------------------
J'espère que Pascal THIEBAUX ne se laissera pas duper par le Seigneur du Fayel. Si le PC fait ça, alors je comprends plus et plus jamais je ne voterai à Gauche. Car la gauche ne peut pas
cautionner une démarche raciste. Oui j'ose le dire. Ce dont Bagdad Ghezal est victime, c'est une forme de racisme sournoise et dévastatrice et Pascal ne peut pas aller dans ce sens. Antoine de
Rocquiny Du Fayel peut si il le souhaite se salir l'âme et fouler au pied le choix des militants mais toi Pascal, au nom du parti auquel tu appartiens, tu ne peux pas faire cela !!!
Si tu te laisses amadouer, tu perdras l'estime qu'on te porte.
Pierre 10 décembre 2007 à 20 :35
--------------------------------------------------------------------
2008, on en est encore à vérifier "liberté égalité fraternité", cela parait difficile à appliquer pour certains du PS. Mais c'est avec des gens comme Mr Ghezal, qui ont des convictions qu'ils
comprendront que nous sommes tous dans le même bateau. Certains du PS ont besoin d'ouvrir les yeux et voir la FRANCE en couleur comme dans la réalité. Courage Mr Ghezal, beaucoup de
personnes.
Université d'été du MRC - Saint Pol sur Mer, 8 & 9 septembre 2007
Table ronde "Faire France pour vivre ensemble"
Rapport introductif de Patrick Quinqueton.
Il y a 12 ans paraissait un essai de Michèle Tribalat, « Faire France », une enquête sur les immigrés et leurs enfants. Cette expression de vieux français, employée entre Lyon et Le
Puy, signifie prospérer, durer, vivre longtemps.
En partant de cette expression, je voudrais évoquer quelques-uns des enjeux sociaux de la période présente. C’est la question du lien social qui est
posée. C’est en même temps celle de l’accès à la citoyenneté des nouveaux français. Cela nous conduit à nous interroger à nouveau sur ce qui est au fondement de la solidarité nationale. Et,
d’abord, à comprendre comment le nouveau président de la république a pu effectuer une percée sur le terrain social en l’absence d’analyse critique suffisante de la gauche sur sa propre politique
économique et sociale. Il est temps, avec d’autres, d’en prendre la mesure. Cela doit nous conduire à identifier les sujets sociaux qui requièrent un approfondissement de la pensée de la gauche.
Et à définir les termes d’une politique d’accès à la citoyenneté des nouveaux français et de ceux qui aspirent à le devenir, c’est-à-dire les jeunes issus de l’immigration.
1 – La gauche face au nouveau président
Les difficultés de la campagne électorale et l’ambivalence des premiers mois du gouvernement sont en effet les miroirs des non-dits de la gauche de
gouvernement, dont nous faisons partie, qui n’a pas fait son bilan.
Le choix des heures supplémentaires pour traduire le slogan « travailler plus pour gagner plus » s’inscrit dans l’erreur de la gauche d’avoir fait
de la réduction du temps de travail une priorité trop exclusive, alors que la demande sociale se portait sur le pouvoir d’achat et l’emploi. Si la réduction du temps de travail a pu, dans un
contexte de croissance et de progrès de la productivité, avoir quelques effets positifs sur l’emploi, l’idée d’un partage du travail est plus que jamais une illusion. Les 35 heures ont certes
donné des RTT aux salariés des secteurs à fortes rémunérations, mais elles ont aussi été un facteur de stagnation voire de réduction des salaires réels dans les PME, et la cause d’une
désorganisation des services publics qui est aujourd’hui patente, notamment dans la police, que je connais bien, ou encore dans les hôpitaux.
L’absence de prise en compte de la réalité des « travailleurs pauvres » revient en boomerang. Dès lors, la gauche n’est pas en position de
critiquer efficacement cette illusion qui consiste à faire croire aux salariés qu’ils pourront augmenter leur pouvoir d’achat en travaillant plus, comme si la décision de travailler plus leur
appartenait. Les travailleurs « à temps partiel non volontaire », qui sont souvent des travailleuses, savent bien que les heures complémentaires sont à la discrétion de l’employeur, et
que le dispositif nouveau ne fera que renforcer la précarité, en encourageant l’employeur à conclure des contrats à temps partiel, qu’il pourra compléter avec des heures complémentaires détaxées
et déchargées. Mais la gauche, quand elle le dit, n’est pas entendue, pour les raisons que j’ai évoquées.
Le discours sur la valeur du travail cache en fait, de la part de l’actuel gouvernement, des mesures qui favorisent outrancièrement la rente au détriment du
travail. Il suffit de voir la place qu’occupent, dans l’équation financière de la loi dite TEPA (travail, emploi et pouvoir d’achat), les mesures qui n’intéressent que les rentiers : la
réforme des droits de succession (en effet, les classes moyennes et, a fortiori, les classes populaires en étaient déjà exonérées) ou le bouclier fiscal à 50 % (les seuls susceptibles d’en
bénéficier sont ceux qui paient à la fois un impôt sur le revenu dans les tranches supérieures et un impôt sur la fortune substantiel). Mais comme la critique de gauche du capitalisme financier
mondialisé reste sommaire, notamment sur les mécanismes par lesquels le niveau élevé des taux d’intérêts réels favorise outrancièrement la rente, le nouveau président peut impunément défendre la
rente en disant qu’il défend le travail.
Le thème de l’identité nationale, avec la création d’un ministère de l’immigration et de l’identité nationale, a pu bénéficier au candidat de la droite parce
qu’une partie de la gauche a eu une vision et un discours « boniste » sur la question de l’immigration, focalisée sur les « sans papiers », sans développer une politique
précise sur l’immigration de travail et sans engager de négociation réelle avec les pays d’origine. Il est temps de rappeler que si nous militons pour encadrer et réguler la mondialisation, nous
ne pouvons pas dans le même temps faire comme si l’immigration était un droit pour tous. Je rappelle que la principale nationalité d’entrée (régulière ou irrégulière) de nouveaux migrants est
aujourd’hui les chinois et qu’ils sont 1,3 milliard.
Plus précisément, une partie de la gauche s’inscrit dans le climat de haine de soi qu’entretient une partie des classes dirigeantes de ce pays, avec le
discours sur la repentance. Il est vrai que présenter des excuses pour l’esclavage et la colonisation est plus facile que de s’attaquer aux mécanismes réels d’exclusion des jeunes issus de
l’immigration. Mais du coup, la dénigrement de la France devient lui-même un obstacle à l’accès de tous à la citoyenneté : comment avoir envie de trouver sa place dans un pays présenté de
façon aussi négative ? La gauche a aussi des responsabilités dans l’absence d’une vraie politique d’accès à la citoyenneté en direction des nouveaux français issus de l’immigration, réduite
au « testing » et à la HALDE (Haute Autorité de lutte contre les discriminations), même si celle-ci, sous l’impulsion de Louis Schweitzer, développe une vision heureusement plus
politique. Ce dont il faut sortir, c’est de cette posture morale, parfois nécessaire, mais pour laquelle la cause des problèmes est le comportement personnel des employeurs (ce sont les
« patrons racistes »), ce qui évite de s’interroger et d’agir sur les mécanismes de production des inégalités et des exclusions. Du coup, Nicolas Sarkozy se dit favorable à la
discrimination positive, dont on sait, aux Etats-Unis aussi, qu’elle produit surtout des sous-citoyens, sans réaction efficace de la gauche et parfois sous ses applaudissements.
Le revenu social d’activité envisagé par le gouvernement, dans le prolongement des efforts pour favoriser le retour au travail des bénéficiaires du RMI,
apparaît paradoxalement comme un progrès dès lors que la gauche a couvert depuis 20 ans, en faisant du RMI le phare de la politique d’action sociale, une double régression de cette politique
d’une part de l’action collective vers le secours individuel, et d’autre part de la solidarité vers la charité.
Nicolas Sarkozy ne se contente pas de débaucher des personnalités de gauche, il s’engouffre dans les brèches de la pensée de la gauche.
2 – La nécessité d’un travail critique
Il est donc urgent d’analyser de façon politique les nouvelles fractures sociales et territoriales qui minent l’unité du pays.
Le développement nouveau des inégalités doit être regardé en face. La part croissante de la rente dans les revenus des classes moyennes supérieures ne
contribue pas à les solidariser avec le monde du travail. Les « bobos » ne seront certes acquis à la gauche que tant que celle-ci fera l’impasse sur l’accroissement des inégalités. Mais
si la gauche continue dans cette voie, elle se coupera durablement des couches populaires. Les politiques sociales ne doivent pas s’adresser aux « pauvres » ou aux « exclus »,
comme elles le font depuis plus de 20 ans, mais elles doivent être conçues et développées en direction de l’ensemble de la population, pour réduire les inégalités et produire de nouveau du lien
social, dans un sens mutualiste. La gauche doit s’y atteler.
Le travail est une question dans laquelle la gauche doit aussi réinvestir. Même si il ne saurait être question de les dénigrer, force est de reconnaître que
les syndicats de salariés sont plus faibles et moins représentatifs que jamais, comme d’ailleurs aussi les organisations d’employeurs. Les conférences sociales de cet automne ne produiront donc
pas de compromis durables. Et pourtant, la précarisation du salariat est inquiétante. Je renvoie ceux qu’intéressent ces questions à l’ouvrage paru au début de l’année de Jacques Rigaudiat, dont
je rappelle qu’il n’est pas un gauchiste patenté, mais le conseiller social de deux premiers ministres de gauche, « Le nouvel ordre prolétaire » (sous-titré : « le modèle
social français face à l’insécurité économique »), livre stimulant même si ses propositions laissent un peu le lecteur sur sa faim. Particulièrement intéressante est son analyse du
« wal-martisme », néologisme constitué à partir du nom du n° 1 mondial du commerce à grande surface, dont le rapport à ses salariés n’a rien à voir avec celui de M. Ford. Le politique,
comme l’ensemble de la société, doit d’urgence penser à nouveau le travail dans la mondialisation financière, en partant de la réalité et sans partir de schémas périmés.
La politique en direction des quartiers populaires dite « politique de la ville » est à refonder. La gauche a acquiescé sans difficultés à la
création par le gouvernement précédent de deux agences, l’une chargée de l’urbanisme (l’ANRU) et l’autre chargée de l’action sociale (l’Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des
chances), qui est un recul de la politique d’ensemble. La politique de la ville, créée par Michel Delebarre dans une perspective volontariste, a peu à peu dérivé vers une politique de soutien
indistinct aux « associations », davantage axée sur les loisirs que sur le travail ou l’éducation. Du coup, quand c’est l’actuel gouvernement qui annonce un plan « respect -
égalité des chances », on se dit qu’il est temps que la gauche réinvestisse ces questions. Les travaux de Jean-Marie Delarue sur ces question sont, même anciens, très intéressants.
La question du logement est par ailleurs centrale. Il n’est pas banal que la crise des bourses mondiales de cet été soit liée aux créances douteuses liées au
surendettement des ménages américains pour leur logement. Que les adeptes inconditionnels du « droit au logement opposable » réalisent que l’affirmation contentieuse de ce droit est
inopérante quand l’impossibilité de rembourser ses emprunts ruine en quelques mois la possibilité de se loger décemment pour toute une vie. Là aussi, il est urgent de repenser une intervention
publique d’ensemble sur cette question. Les aides au logement sont principalement aujourd’hui, des exonérations fiscales, en augmentation, tandis que les crédits destinés à la construction de
nouveaux logements sociaux continuent de diminuer. Par ailleurs, la politique du logement doit renouer son lien avec le travail. Il faut mettre fin au dépérissement progressif du 1% logement, qui
parfois participe même de la spéculation immobilière, même s’il y a d’heureuses exceptions. Dans le même temps, la mobilité exigée de plus en plus des salariés se heurte, pour une partie d’entre
eux et notamment pour les jeunes (je suis bien placé pour en parler), à l’impossibilité de se loger décemment. Les boulots saisonniers d’été, c’est sympa, mais pour une partie des jeunes
concernés, cela signifie dormir dans sa voiture ou louer hors de prix un studio exigu à plusieurs. La gauche doit renouer avec le volontarisme sur le logement, en repensant la question en
profondeur, sans craindre de bousculer des institutions respectables auxquelles elle participe.
3 – L’accès à la citoyenneté
Les jeunes sont, par nature, l’avenir d’une société. Pour autant, ils sont moins présents que jamais dans les structures où se joue le débat public (partis,
syndicats, associations), sauf pour une partie d’entre eux dans les bloggs. L’attrait de l’humanitaire est souvent pour eux un dérivatif de l’impossibilité de l’action collective dans nos
sociétés qui vieillissent. Si la seule réponse est l’allocation d’autonomie des jeunes, c’est inquiétant. C’est une vraie politique de la jeunesse qui est nécessaire, fondée sur l’accès à la
citoyenneté, qui s’adresse à l’ensemble des jeunes, pour permettre aux jeunes issus de l’immigration en particulier d’accéder de plein pied à notre vie collective, pour « faire
France », au sens donné à cette expression par le livre que j’ai rappelé de Michèle Tribalat.
L’intéressant ouvrage de Malika Sorel « Le puzzle de l’intégration », paru cette année, montre combien une posture différentialiste produit des
effets ravageurs. Je conseille à ceux qu’intéressent ces questions de lire son livre. Ou de lire le long entretien dans lequel elle synthétise sa pensée sur le site de l’Observatoire du
communautarisme de notre ami Julien Lanfried. Je ne suis personnellement pas d’accord avec toutes ses thèses, mais sa réflexion m’apparaît tout à fait intéressante. Elle souligne notamment
combien la haine de soi, loin de satisfaire les « victimes », leur ferme toute possibilité d’intégration : « Il était prévisible que des jeunes déjà déstabilisés et
désorientés par de profonds problèmes de construction d’identité, ne pourraient que devenir des écorchés vifs quand on leur assène à tout bout de champ qu’ils sont en réalité des victimes de la
société française. Cette victimisation n’a fait que les conforter dans leurs sentiments profonds, car ils sont en effet les victimes de la grande difficulté d’articulation entre leurs codes
familiaux et les codes du peuple d’accueil. Lorsque l’on est inscrit dans un statut de victime, on se met généralement en position d’attendre des autres qu’ils agissent pour changer la donne.
S’inscrire dans la quête perpétuelle de ce qu’on estime que les autres doivent vous apporter, au lieu de s’inscrire dans une démarche active de construction de sa propre vie, ne peut conduire
qu’à l’échec. ».
Ce dont il s’agit, c’est donc de mettre sur pied une vraie politique d’accès à la citoyenneté, qui ne soit pas condescendante envers les victimes que
seraient les jeunes des quartiers populaires, et notamment ceux issus de l’immigration, mais au contraire exigeante pour que les meilleurs d’entre eux servent de modèle. Je voudrais signaler à
votre attention une pratique intéressante d’un quotidien du matin, « Le Parisien – Aujourd’hui en France », qui consiste à présenter chaque jour la réussite particulière d’un jeune issu
des quartiers populaires. Ce qui ressort de ces portraits – interviews, c’est que la réussite vient de l’exigence de ceux que vous croisez sur votre route, et non de leur condescendance ou de
leur pitié. Ceux qui réussissent ne se voyaient pas comme des victimes.
La politique d’accès à la citoyenneté qu’il s’agit de mettre en œuvre consiste à s’adresser aux jeunes comme à des adultes doués de raison et à réformer ce
qui dans le fonctionnement de notre société ne les met pas à même de prendre toute leur place. La proposition de Patrick Weil d’ouvrir l’accès aux classes préparatoires aux grandes écoles aux 5 %
de meilleurs élèves de chaque lycée est intéressante : elle réformerait en profondeur les filières de connivence qui visent la reproduction des élites, mais en faisant appel à l’effort des
meilleurs pour réussir. Cela se distingue clairement de l’initiative d’une grande école parisienne qui a ouvert une filière de recrutement spécifique pour les jeunes scolarisés dans certains
lycées de ZEP, ce qui est à la fois condescendant et conservateur : les filières de reproduction des élites sont sauves, elles sont simplement pimentées d’un peu de ZEP pour échapper à la
critique.
Une telle politique comporte nécessairement des dimensions multiples. Je renvoie ceux qui, comme moi, regardent ces questions comme essentielles, aux actes
du colloque « La République face au défi des banlieues », organisé par la Fondation Res Publica le 9 janvier 2006, soit quelques semaines après les émeutes urbaines dites « crise
des banlieues » de novembre 2005. Plusieurs des participants à cette université d’été y ont contribué, comme Sami Naïr, Rachid Adda et bien sûr JPC. Les différentes approches qui y sont
développées sont passionnantes, y compris dans leurs contradictions.
***
Comme on le voit, la tâche de la gauche est immense pour redevenir une force de
proposition sur le terrain social, alors même que le nouveau président de la République fait son miel de ses carences et de ses contradictions, tout en orientant la politique de notre pays dans
un sens résolument libéral, différentialiste et atlantiste.
Je pense, comme beaucoup d’entre vous, que la gauche en est capable, si elle
sait résister à quelques-uns de ses vieux démons, comme le double langage ou le regard dans le rétroviseur. La social démocratie est morte ou dépérit dans les pays où elle a été forte. Et dans
l’état des forces syndicales en France, elle ne peut pas y exister. La logique « droit-de-l’hommiste » est aussi une impasse dans la mesure où elle débouche sur le discours victimaire
individualiste dont on voit les méfaits. C’est donc une gauche nouvelle qu’il nous faut inventer. Il nous faut simplement le vouloir.
Depuis 2001, le MRC Val d'Oise interpelle les Maires des communes du département afin que la loi de 1982, relative à l'affichage associatif ou réservé à la libre expression d'opinion, soit appliquée. Cette action fut largement reprise par la presse locale.
Cela a porté ses fruits puisque les communes d'Arnouville, de Garges ou Montmorency ont répondu favorablement très rapidement à la sollicitation des élus ou responsables locaux du MRC.
A Sarcelles, où j'ai fait la première demande en 2003, la municipalité a aussi répondu favorablement en octobre 2004 m'indiquant qu'elle préférait attendre le changement du mobilier urbain par un souci d'économie compréhensible. Nous n'avons donc pas saisi le Préfet sur cette question et attendu avec patience près de 2 ans. La responsable de la communication m'a indiqué en août dernier que les panneaux d'affichage réservés aux activités des associations à but non lucratif et à la libre expression seront posés au plus tard courant octobre. Ils seront au nombre de 10 [équivalent à une surface d'au moins 37 mètres carrés (cf. décret)]. En outre, vu l'utilisation abusive à des fins commerciales (cirques, maisons de disques, concerts, sites de rencontre) des panneaux de libre expression, le MRC a demandé à la municipalité de prendre les mesures de sanctions financières dissuasives sous forme d'arrêté municipal.
Je mets donc en ligne, au fur et à mesure de leur saisie, les différents éléments [courriers, interventions des élus, textes de loi, articles de presse] de cette action concrète du MRC en faveur de l'expression démocratique locale.
Ces documents pourront être utiles à ceux qui voudront engager cette action dans leur commune. Cliquez sur les liens ci-dessous pour les consulter.
Réponse au MRC d'Albert Haddad, Adjoint au Maire chargé de la communication (à venir)
Réponse au MRC de Maurice Lefebvre, Maire de Garges-lès-Gonesse
La Gazette du Val d'Oise du 13/10/2004 (à venir)
La Gazette du Val d'Oise du 14/09/2005 (à venir)
Tribune de Jean-Pierre Chevènement
publié le 27 octobre 2006 dans le journal le Figaro
[JPC est ancien ministre de la Défense, ancien ministre de l'Intérieur, président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC)].
Halte au feu !
Il n'y a aucune raison de céder à la manie commémorative : après la crise des banlieues, ces « délaissés de notre société » selon le mot de Jean-Marie Delarue (1), un an ne donne pas le recul suffisant pour juger ce qui a été fait ou ne l'a pas été. Même si on peut penser qu'un début de prise de conscience s'est opéré, c'est dans le temps long qu'il faut se placer pour apprécier les évolutions sociétales et l'efficacité des politiques. selon le mot de Jean-Marie Delarue (1), un an ne donne pas le recul suffisant pour juger ce qui a été fait ou ne l'a pas été. Même si on peut penser qu'un début de prise de conscience s'est opéré, c'est dans le temps long qu'il faut se placer pour apprécier les évolutions sociétales et l'efficacité des politiques.
Si l'on s'en tient aux déclarations du premier ministre, le bilan de l'action gouvernementale depuis un an est quand même assez mince : quinze zones franches créées, 15 800 jeunes reçus à l'ANPE (mais combien ont été réellement reclassés ?), 249 collèges labellisés « ambition réussite » (les autres sont-ils voués à l'échec ?), et quelques centres « défense deuxième chance » qui tardent à se mettre en place. Je ne vois guère que deux chantiers qui aient, tant soit peu, progressé : les projets de rénovation urbaine et surtout la sensibilisation des milieux patronaux et syndicaux à la nécessité de tenir compte, dans les politiques d'embauche, de la réelle « diversité » des Français d'aujourd'hui. Il est dommage qu'on n'ait pas cru bon de mettre en place parallèlement des « observatoires de la diversité » sur la base de critères non pas ethniques, mais purement géographiques (domiciles en ZUS, nationalité des parents et des grands-parents). Aucune politique ne peut réussir sans un instrument de mesure, même grossier et purement indicatif.
Évidemment, en profondeur, rien n'a encore été résolu : il faudra des secousses ou des événements politiques autrement puissants pour inverser le cours des choses, en Europe et dans notre pays, et par conséquent la tendance de fond dans nos banlieues.
À court terme, la dimension sécuritaire risque de prévaloir encore une fois. Ce n'est un secret pour personne que les effectifs supplémentaires de policiers et de gendarmes, prévus par la loi de programmation sur la sécurité votée en 2002, ne sont pas au rendez-vous sur le terrain, quatre ans après. Ils se sont perdus en route dans d'obscures tractations. La police de proximité, qui ne se résume pas à l'îlotage, mais implique une action partenariale avec tous les acteurs locaux de la sécurité, a été vidée de ses effectifs et par conséquent de son contenu. Le ministre de l'Intérieur a privilégié à l'excès les brigades d'intervention et la police d'ordre public avec les résultats qu'on pouvait prévoir : quand la police ne connaît plus la population, elle multiplie les contrôles. Les relations se tendent comme le manifeste la multiplication inacceptable des agressions contre les policiers enregistrée depuis quelques mois. N'est-elle pas en partie la conséquence du changement de doctrine effectué dans l'utilisation de la police ?
L e ministre de l'Intérieur - et ce n'est jamais bon signe - reporte la responsabilité de cette dégradation sur les magistrats. Je suis bien placé pour savoir que la tâche du ministre de l'Intérieur n'est pas une sinécure. S'il est légitime d'avoir un débat sur la justice à l'Assemblée nationale, ce ne peut être le prétexte d'une défausse d'un ministre sur un autre, voire sur le gouvernement tout entier devant l'opinion publique. Ou alors il faut en tirer les conséquences, conformément à l'adage : « Un ministre, ça ferme sa gueule et si ça veut l'ouvrir, etc. »
Comment ne pas s'étonner par ailleurs de voir un rapport des Renseignements généraux s'étaler en une de la presse pour pronostiquer un embrasement, à l'approche du 27 octobre, dans une série de villes d'Île-de-France nommément citées ? Cette « fuite » d'un document confidentiel après celle concernant les rapports des préfets à la Direction générale de la police nationale est-elle vraiment innocente ? J'en doute.
L'emballement médiatique est malheureusement une caractéristique de nos sociétés. Quand la braise est encore chaude, le moindre souffle peut ranimer la flamme. On sait ainsi qu'à Strasbourg, la présence de nombreuses chaînes de télévision donne à chaque Saint-Sylvestre l'occasion de battre, en matière d'incendies de voitures, le record de l'année précédente. La médiatisation ne crée pas, mais elle suscite et met en scène une « délinquance-spectacle ».
Est-ce bien le rôle du ministère de l'Intérieur que de nourrir ces psychoses ? Les violences urbaines ne font de victimes que chez les pauvres (et bien sûr chez les policiers). Elles dressent les catégories sociales les unes contre les autres. Elles opposent les générations. Mais elles suscitent aussi un intense besoin d'ordre et pas seulement dans les banlieues. Je ne veux pas croire que ce calcul à courte vue puisse être celui d'un candidat à la présidence de la République et je souhaite que les chaînes de télévision s'abstiennent de ce genre de « commémoration ».
Il est plus que temps de revenir en tous domaines aux valeurs et aux principes républicains. La gauche elle-même ne doit pas se laisser entraîner dans une spirale de critiques plus ou moins inspirées d'une philosophie « victimaire-compassionnelle ». Trop de jeunes des cités ont rompu avec le système scolaire et avec le monde du travail pour céder aux mirages de la consommation et refuser tout effort, en considération de la rentabilité immédiate du petit trafic ou du vol. La volonté politique ne peut se passer de lucidité et si la République se doit d'être généreuse, elle doit aussi être ferme. C'est ainsi seulement qu'elle pourra redonner un horizon de progrès partagé à la jeunesse.
En démocratie, c'est quand même le gouvernement qui est le premier responsable : quelle frilosité, dans le domaine de la formation, pour ouvrir aux jeunes des cités l'accès aux filières d'excellence ! Comment rien n'a-t-il pu être fait, dans le domaine de la Fonction publique (à l'exception notable de la police) pour développer les préparations rémunérées aux concours ? On n'en finirait pas de pointer les manques d'initiative et les insuffisances. De toute évidence, il manque, au sein du gouvernement, une structure d'impulsion interministérielle, à la fois permanente et suffisamment puissante pour susciter en continu les arbitrages nécessaires. Une « agence pour la cohésion sociale et l'égalité des chances » ne suffit pas. C'est toute l'action gouvernementale qui doit traduire cette priorité. Si le discours « on n'a rien fait » est destructeur (on a fait beaucoup, mais sans vue d'ensemble), l'absence d'un projet collectif porté par la nation tout entière est évidente. Je n'accuse pas la République. Je mets en cause l'inertie des hommes et la paralysie des structures qui ont conduit à la panne du modèle républicain. est destructeur (on a fait beaucoup, mais sans vue d'ensemble), l'absence d'un projet collectif porté par la nation tout entière est évidente. Je n'accuse pas la République. Je mets en cause l'inertie des hommes et la paralysie des structures qui ont conduit à la panne du modèle républicain.
O n a assisté, il y a deux ans, à un débat onirique sur les mérites comparés de la discrimination positive et du volontarisme républicain. Mais où celui-ci s'est-il réfugié pour que si peu ait été réellement entrepris ? Je suggère que la campagne présidentielle soit l'occasion d'ouvrir un grand débat public sur les moyens de faire vivre l'égalité réelle de tous les jeunes Français, dès lors, naturellement, que le mérite et le travail, valeurs éminemment républicaines, auront retrouvé « droit de cité ». Ce serait une bonne manière de débonder l'abcès de nos banlieues que de faire enfin de la politique. Saisir l'occasion du débat national qui s'ouvre pour faire mûrir le grand projet de « faire France » au XXIe siècle. Et en attendant de crier à tous : « Halte au feu ! »
Pour résorber la crise de nos cités, il n'y a pas d'autre méthode ni d'autre remède, en définitive, que la démocratie républicaine, j'entends par là une démocratie qui n'a pas froid aux yeux.
Mercredi 13 septembre 2006
Critiqué par la presse américaine et une partie de la presse européenne au moment des émeutes des banlieues d'automne 2005 , le modèle français d'intégration est réhabilité par une enquête publiée par le Pew Research Center, l'un des instituts d'opinion les plus réputés des Etats-Unis.
Selon cette enquête, réalisée au printemps auprès de musulmans de quatre pays européens (France, Royaume Uni, Allemagne et Espagne) et dont les résultats complets ont été publiés le 17 août, les musulmans de France n'ont pas de leçons d'intégration à recevoir de leurs voisins européens ni d'ailleurs du reste de la communauté nationale. D'ailleurs la dernière question posée montre que l'ensemble des Français sont moins tolérants vis à vis de nos concitoyens musulmans que l'inverse.
Cette étude contredit les tenants de la fumeuse thèse de la "guerre des civilisations" ainsi que ceux qui de l'extrême droite à l'extrême gauche n'ont de cesse de nier la force du modèle républicain français et d'en condamner les défenseurs. Nous l'avons même vu de la part de certains petits groupes, à la fois manipulés et manipulateurs, qui nous indiquaient que le discours républicain était déconnecté des quartiers populaires.
Cette enquête démontre aussi que si les émeutes des banlieues de 2005 témoignaient d'un malaise, il s'agissait pas avant tout d'un problème économique et social et non d'un problème d'intégration comme voulait le faire croire notamment Alain Finkelkraut. Le chômage apparait comme le premier facteur de désagrégation sociale, et la nation, le premier facteur d'intégration.
Bien entendu ce type de sondage, qui va dans le sens d'une solution républicaine aux problèmes de notre temps, va convertir les communautaristes par conviction en républicain par opportunisme. D'ailleurs Sarkozy, le premier informé, a déjà commencé son virage (uniquement dans les discours) à 180° à Nîmes et lors de son appel à la jeunesse.
N'oublions jamais le bon sens populaire :"chassez le naturel, il reviendra au galop". Quant à la gauche différentialiste et communautariste, à l'instar de celle que nous subissons à Sarcelles et qui fait le lit de la droite voire de l'extrème-droite, il faudra attendre sa necessaire refondation républicaine afin de solder définitivement les comptes de Mai 68 et la reconnecter avec les couches populaires.
Les musulmans français sont plus tolérants que leurs voisins européens (journal le Monde)
Une étude étatsunienne réhabilite le modèle français d?intégration. Le modèle anglo-saxon en revanche, privilégié par Nicolas Sarkozy (discrimination positive, communautarisme institutionnalisé) et dressant les communautés les unes contre les autres, semblerait davantage générateur d?hostilités, de violences.
Critiqué par la presse américaine au moment des émeutes de l?automne 2005 dans les banlieues, le modèle français d?intégration est réhabilité par une enquête publiée par le Pew Research Center, l?un des instituts d?opinion les plus réputés des Etats-Unis. Selon cette enquête, réalisée au printemps auprès de musulmans de quatre pays européens et dont les résultats complets ont été publiés le 17 août, les musulmans de France n?ont pas de leçons d?intégration à recevoir de leurs voisins européens.
Le sondage montre que les musulmans européens partagent une même préoccupation pour le chômage dans leur communauté (83 % en France, 78 % en Angleterre) et s?inquiètent de l?extrémisme islamiste, seule une faible minorité approuvant les attentats-suicides (16 % en France).
Mais sur le plan de l?intégration, les Français se singularisent. Alors que la moitié des musulmans britanniques perçoivent "un conflit naturel entre le fait de pratiquer l?islam et le fait de vivre dans une société moderne", 72 % des Français musulmans n?en voient aucun (une proportion identique à celle enregistrée dans l?ensemble de la société française).
Les musulmans français sont aussi, avec les Espagnols, ceux qui ressentent le moins d?hostilité à l?égard des pratiquants de l?islam (39 % estiment que la plupart des Européens sont hostiles aux musulmans, contre 52 % en Allemagne).
Appelés à dire ce qui les définit le mieux, de la nationalité ou de la religion, 81 % des musulmans britanniques optent pour la seconde. Les musulmans français sont nettement plus partagés : 42 % choisissent la nationalité et 46 % la religion.
Ce résultat est assez éloigné de celui enregistré lorsqu?on interroge la population tout entière : 83 % des Français s?identifient d?abord par leur nationalité. Mais il est "remarquablement proche", souligne le Pew Center, de celui qui concerne les Américains dans leur ensemble (48 % se définissent d?abord comme Américains, 42 % comme chrétiens). Les moins de 35 ans sont cependant 51 % à se décrire comme musulmans d?abord.
Autre sujet d?étonnement pour le centre de recherches américain : le regard sur les autres religions. 91 % des Français musulmans ont une opinion favorable des chrétiens et 71 % une bonne opinion des juifs, ce qui fait d?eux une exception : seuls 32 % des musulmans britanniques, 28 % des musulmans espagnols et 38 % des musulmans allemands ont une bonne opinion des juifs.
Enfin, les musulmans de France expriment une "préférence pour l?assimilation", selon l?institut : 78 % d?entre eux estiment que leur communauté souhaite adopter les traditions nationales (contre 41 % en Angleterre et 30 % en Allemagne).
Selon le sondage, les Français, dans leur ensemble, n?ont cependant pas la même perception : 53 % d?entre eux estiment que les musulmans n?ont pas de véritable volonté d?assimilation.
Corine Lesnes (Le Monde 28 août 2006)
Dans les années 1960-1970, quand mes parents ont émigré du Pakistan en Angleterre, les musulmans étaient considérés comme paisibles, ennuyeux, religieux, travailleurs, respectueux de la loi et de l'ordre. Aujourd'hui, en raison de la propagande d'imams étrangers, certains choisissent le repli sur leur ghetto, y recréant, dans une sorte de mini-Etat, un Pakistan mythique, pieux, puritain" : Imran Ahmad s'est forgé une réputation, au travers de son livre - Unimagined : A Muslim Boy Meets the West -, d'observateur acéré de la communauté pakistanaise britannique.
L'apparence moqueuse de cette autobiographie cache le thème sérieux, désespéré même, de l'aliénation d'une partie des jeunes musulmans : "Leurs familles, qui croyaient bien faire, leur ont inculqué depuis leur naissance le besoin de ségrégation. Il s'agit d'un vaste mensonge, mais qui trouve un écho certain. En effet, dans le nord de l'Angleterre, les excès des jeunes Blancs - beuveries, promiscuité sexuelle, drogue et vandalisme - choquent profondément les musulmans. Certains n'arrivent pas à trouver une voie médiane et optent pour les extrêmes, le radicalisme absolu, triste, misérable", dit-il. A l'écouter, les contacts limités avec la population de souche et la frustration sexuelle en attendant le mariage arrangé ajoutent au sentiment d'aliénation.
La mentalité de victime, insiste notre interlocuteur, est alimentée, par ailleurs, par les événements en Irak, en Afghanistan, en Palestine, et plus récemment au Liban. Ces conflits renforcent le message des ultras d'un choc inévitable des civilisations, entre l'Occident et l'islam. L'hystérie médiatique ayant entouré les attentats du 7 juillet 2005 à Londres, perpétrés par de jeunes musulmans britanniques, dont trois d'origine pakistanaise, l'ont poussé, dit-il, à prendre la plume.
Discuter avec lui confirme l'existence de divisions de classes au sein d'une communauté pakistanaise forte de 750 000 personnes. Ainsi le mépris de la classe moyenne musulmane pour les petits métiers renforce le sentiment d'infériorité des laissés-pour-compte. "Les parents veulent voir leurs enfants réussir dans la vie, devenir médecins, avocats, informaticiens ou monter leur propre affaire. C'est sans doute pour cela qu'aucun des prêcheurs islamistes radicaux n'était issu de notre communauté. Aux yeux de la majorité, être imam n'est pas très gratifiant", explique-t-il.
En émigrant au Royaume-Uni, en 1964, son père et sa mère, fonctionnaire et institutrice, avaient dû accepter de durs emplois, en usine. A force de travail et d'économies, ils ont permis à leur fils de faire des études à l'université de Stirling (Ecosse) avant qu'il n'entre dans une compagnie d'assurances américaine dont il est aujourd'hui l'un des vice-présidents.
Au fanatisme destructeur et aux stéréotypes abêtissants, Imran Ahmad oppose la civilisation occidentale assimilatrice. C'est pourquoi ce croyant qui prie régulièrement à la mosquée a adhéré au nouveau mouvement des musulmans britanniques partisans d'une démocratie laïque.
Marc Roche
Je profite de ces vacances pour retranscrire et mettre en lignes quelques unes de mes interventions orales ou réduites initialement à quelques notes écrites.
La première est une intervention que j'ai prononcée lors du vernissage de l'exposition "1905-2005 : un siècle de Laïcité" à l'initiative du PRG 78.
Pour lire mon intervention en format PDF, cliquez ICI.



A la suite des réactions de soutien à la démarche du MRC à propos des créneaux horaires spécifiques dans les piscines publiques et de certaines positions publiques d'élus socialistes, le MRC Val d'Oise se réjouit d'avoir pu relancer à gauche, grâce à sa constance et sa persévérance sur la question, un débat que beaucoup voudraient laisser à l'écart : l'importance des valeurs républicaines dans un projet authentiquement de gauche.
De nombreux responsables ou élus de gauche (ou considérés comme tels), ont oublié par idéologie, électoralisme ou tout simplement par renoncement qu'une politique de progrès social doit s'appuyer sur les valeurs républicaines et inversement. Jaurès avait déjà tout dit en énonçant « Le socialisme et la république sont inséparables car sans la République le socialisme est impuissant et sans le Socialisme la République est vide ».
C'est d'ailleurs le point de vue que j'avais developpé lors des différents meetings unitaires de la gauche en y rappelant le sens et l'originalité du "non républicain" à la constitution européenne que le MRC a défendu autour de JP Chevènement lors de la campagne référendaire. Notre refus de la constitution européenne est d'ailleurs en cohérence avec les principes que nous défendons toujours depuis la création du CERES.
Le Parti socialiste a pratiqué un silence complice, en particulier dans le Val d'Oise, avec les adeptes d'une gouvernance communautariste ou ceux qui, par idéologie, préfèrent exacerber les différences plutôt que de les transcender tout en respectant la diversité qui a toujours fait la richesse de la France. En effet quelles ressemblances existait-il en 1789_si ce n'est la volonté d'un destin commun et de se créer un nouvel horizon_ entre un breton, un franc-comtois, un flamands ou bien un parisien ?
C'est aussi sur la question de la République que la gauche devra rapidement se rencontrer si elle veut parvenir à se rassembler pour battre durablement la droite communautariste de Nicolas Sarkozy.
Il est donc souhaitable, qu'après Emmanuel Maurel ou Jean-Pierre Blazy, que d'autres voix s'élèvent au sein du PS 95 pour rappeler que seul le cadre républicain permettra à la gauche de se rassembler, de gagner et de mettre en oeuvre une alternative durable à la droite libérale dans le Val d'Oise.
Brève de la Gazette du Val d'Oise
Communautarisme : Jean-Pierre Blazy dit "Non""
Sur le sujet du communautarisme qui mine nombre de villes, les positions du député-maire PS de Gonesse sont très claires : « Je suis contre le communautarisme. Oui à la communauté des citoyens, mais Non au communautarisme qui, on le voit bien, mène finalement à la violence qui est le résultat de la juxtaposition des communautés. Le communautarisme, c?est le repli des communautés sur elles-mêmes, avec le risque d?intolérance et de racisme que cela peut engendrer. » Le maire de Gonesse ayant toujours refusé de donner des subventions à des communautés qui n?avaient pas de projets qui s?adressent à l'ensemble des citoyens de sa ville?
Afin d'éviter toute polémique, vaine par nature, avec ceux qui cherchent dans ce rapport une justification de leur gouvernance communautariste, je mets en ligne le rapport Stasi sur l'application du principe de la Laïcité dans la République remis au président de la république le 11 décembre 2003. A cette occasion, le Maire de Sarcelles fut auditionné après un passage chaotique sur France 2 à l'émission "mots croisés", présenté par Arlette Chabot, où il fut désavoué publiquement et en direct par Anne Hidalgo, Première adjointe de Bertrand Delanoë et membre du bureau national du PS.
Aujourd'hui le Maire de la ville s'appuie sur la commission Stasi pour justifier les créneaux horaires spécifiques à la piscine municipale de Sarcelles accordés sur des bases de genre et de religion. Je pensais d'abord à une boutade tant la ficelle était grosse. A sa lecture, il est évident que ce rapport indique le contraire notamment dans ses conclusions et ses préconisations.
Pour vous faire une idée, vous pouvez désormais le consulter en cliquant ICI
« La République au défi des banlieues » : Colloque organisé par la fondation Res-publica *,
le 9 janvier 2006 à Paris (Maison de la Chimie)
Avec la participation de :
Régis Debray écrivain, philosophe
Max Gallo, écrivain , historien
Sami Naïr, universitaire
Rachid Adda, conseiller régional d’Ile de France
Jean-Marie Delarue, Conseiller d'Etat, ex-délégué interministériel à la ville
Patrick Quinqueton, Maître des requêtes au Conseil d'Etat
Conclusion des débats par Jean-Pierre Chevènement
*la fondation Res-publica, présidée par Jean-Pierre Chevènement est reconnue d'intérêt national.
Mon intervention intitulée « réussir malgré et non pour sa différence ! » a tenté de montrer que la discrimination positive, à travers une politique de quotas ethniques, remettrait en cause le modèle républicain sans pour autant résoudre le réel déficit d’accès des jeunes (et des moins jeunes) issus de l'immigration tant aux grandes écoles qu'aux fonctions électives. Elle se contenterait d'agir sur les symptômes en niant les véritables causes des discriminations qui sont sociales, territoriales, générationnelles et institutionnelles.
Au contraire un volontarisme républicain qui remettrait la méritocratie au cœur de l’exigence républicaine afin de lutter efficacement contre les discriminations apporterait de vraies solutions. A la place de discours-alibis de pure forme, une véritable ingénierie de lutte contre les discriminations doit être mise en place pour relancer le pacte républicain et l'ascenseur social. Des propositions audacieuses, loin des solutions en trompe l’œil actuellement à la mode, sont faites dans cette perspective.
Mais cela nécessiterait une volonté politique sincère et forte ainsi qu’une remise en cause non pas du modèle républicain mais de ceux qui, à droite mais aussi à gauche, l'ont perverti et bloqué en 20 ans de renoncements successifs par des politiques antisociales ou une gouvernance communautariste.
Pour lire mon intervention, cliquez ici.
Lettre à Francois Peloille, rédacteur en chef de la Gazette du Val d’Oise et par extension à tous ceux tentés par des dérives sémantiques inadmissibles et condamnables
Rachid ADDA, Conseiller régional MRC
Délégué national du MRC à la citoyenneté.
Membre de la commission régionale
pour l’intégration et la lutte contre les discrimination
Dans une brève de votre dernier numéro vous écrivez « après les évènements de novembre dans les banlieues, le gouvernement avait annoncé la nomination de « préfets à l’immigration ». Après un échange avec la Préfecture du Val d’Oise et le service communication du Ministère de la Cohésion Sociale qui affirment ne jamais avoir évoqué les « Préfet délégué à l’Egalité des chances » en terme de « Préfet à l’immigration », il apparaît donc manifestement que cette dérive sémantique n’est que le fait du rédacteur de cette brève.
J’espère donc que vos lecteurs pourront lire mon argumentaire, grille de lecture républicaine, dans vos colonnes.
Je comprends la difficulté de l’exercice journalistique qui consiste à aller au plus court mais, sur des sujets aussi sensibles et complexes, les mots doivent être justes, précis et associés avec discernement. Votre raccourci, sûrement involontaire, crée une relation de causalité entre les évènements de novembre et l’immigration et semble réduire la politique de la ville à une politique d’immigration. Cette stigmatisation inacceptable repose sur une confusion des concepts. Derrière cette erreur dans les termes, il y a deux conceptions distinctes de la politique de la ville et de l’égalité des chances. A la décharge de votre journaliste, il est vrai que le discours sur l’égalité des chances des duettistes Sarko et Borloo n’est que l’alibi d’une politique qui culpabilise les couches populaires des banlieues pauvres, stigmatise les immigrés et refuse de traiter les causes objectives des discriminations des Français issus de l’immigration.
Représentant la Région Ile de France à la CRILD, et membre des comités de pilotage des deux diagnostics mis en place par le FASILD pour lutter contre les discriminations dans notre département, j’ai pu parfois y constater la même dérive autant sur le choix des termes que sur leurs contenus. J’aimerais donc rappeler l’importance de distinguer, sans vouloir les hiérarchiser, la lutte contre les discriminations de la politique d'intégration. La première, qui s'adresse à des citoyens français, est un des aspects d'une politique d'accès à la citoyenneté et pour l'égalité effective des chances. Elle est l’une des faces, celle de l'accès aux droits, d'une politique de la Citoyenneté dont l'autre face indissociable est le respect des devoirs. La lutte contre la discrimination s'inscrit donc dans le respect et la mise en œuvre pratique du pacte républicain et du contrat social fondateurs de notre Nation citoyenne. Quant à la seconde, elle est le devoir de la Nation vis-à-vis des populations étrangères accueillies sur notre sol et qui contribuent à la vie de notre Nation. Je n'oublie pas bien sûr qu'un lien générationnel (parents-enfants) et social opèrent un couplage des deux problématiques et que les discriminations au faciès ou au patronyme frappent indistinctement les Français issus de l'immigration que les étrangers vivant sur notre territoire. Il est toutefois nécessaire de faire cette distinction, en particulier au niveau des organes de réflexions, de décisions politiques et de communications médiatiques sauf à vouloir scinder la population française, contester la Citoyenneté française à certains de nos concitoyens, pratiquer l'amalgame dans les constats et les diagnostics, et donner des solutions en trompe l'œil !
Les dérives sémantiques sont l’expression d’une confusion savamment entretenue par une partie de la droite qui lorgne sur l’électorat du Front National tout en convoitant les suffrages de l’élite issue de l’immigration. Un grand écart dont le dommage collatéral est le pacte républicain puisque cette droite communautariste incarnée par Nicolas Sarkozy analyse sous un biais ethnico-racial des évènements dont les causes sont sociales, territoriales, générationnelles, institutionnelles.
Le gouvernement semble vouloir profiter de la crise dans les banlieues populaires pour opérer un changement de cap dans la politique de la ville. Cette dernière, dont le soi-disant échec est le prétexte aujourd’hui à tous les renoncements, devrait pourtant être considérée comme une politique volontariste transversale d’aménagement du territoire visant à réduire les inégalités sociales et géographiques dans les zones urbaines. A cet égard la politique de la ville ne doit plus être détournée de son objectif premier d’accès au pacte républicain par ceux qui ont sacrifié la cohésion nationale au nom de la cohésion sociale.
Il semble que le gouvernement veuille formaliser aujourd’hui dans cette politique les dérives de certains élus, ayant souvent des pratiques clientélistes et communautaristes, qui n’y voient qu’un instrument de contrôle social et d’achat de la paix sociale. Le mal pris comme remède, un comble ! Au contraire, une véritable politique d’égalité des chances reviendrait à créer une véritable « ingénierie » de lutte contre les discriminations sociales et territoriales en déconstruisant les mécanismes de ségrégations sociales et territoriales.
Le Mouvement Républicain et Citoyen, qui a mis la Citoyenneté au cœur de son projet politique, a d’ailleurs des pistes originales pour relancer le pacte républicain dans les quartiers populaires comme entre autres :
Ø réforme en profondeur de l’accès à la formation des élites et des classes préparatoires : 10% des meilleurs élèves de chaque lycée en classe préparatoire, développement des passerelles d'accès aux grandes Ecoles via IUT, BTS, Licence,
Ø inclusion aux contrats d'établissement de toutes les grandes Ecoles publiques ou bénéficiant d'investissements publics d'actions territorialisées type SUPMECA et créations dans ces écoles de classes prépas réservés aux élèves de l'académie.
Ø le financement des études supérieures sur le modèle des IPES,
Ø la responsabilité pénale es qualité des DRH en cas de discrimination à l’embauche,
Ø une réforme de la carte scolaire visant à réintroduire une mixité sociale
Ø campagne contre le « déterminisme social » et sur l’orientation à l’Ecole…
Ø l’anonymat des demandes de logements
Ø construction de bibliothèques de travail permettant de pallier l’inégalité des moyens
Ø transformation en avoir fiscal de la remise fiscale pour les cours à domicile qui ne bénéficie aujourd'hui qu'aux parents imposables. Les parents non imposables ont donc un ticket perdant-perdant.
La dénomination « préfet à l’immigration », mais au-delà la politique du binôme Sarkozy-Borloo, semble nous éloigner d’une véritable prise en compte des causes réelles de l’embrasement de nos quartiers et privilégier une approche ethnique qui aboutira à des solutions inopérantes.
D’ailleurs les fortes mobilisations des personnels du FASILD, de la DIV contre la création de l’ANCSEC montrent bien, qu’au-delà des moyens, c’est un changement de paradigme qui s’opère sous couvert d’égalité des chances. L’égalité des chances ne sera qu’un slogan d’affichage du gouvernement Villepin-Sarkozy comme jadis la fracture sociale si elle ne s’inscrit pas dans une politique cohérente d’accès à la Citoyenneté dont le modèle républicain peut seul garantir la mise en œuvre notamment de ce qu’Eric Maurin nomme justement l’égalité des possibles.
Mais encore faudrait-il renoncer aux dérives d’une partie de la classe politique (droite communautariste et gauche différentialiste) qui ont vidé depuis 20 ans le modèle républicain de son contenu et remettre la méritocratie au cœur de ce dernier.
Alors la crise dans les banlieues pourrait avoir de salutaire une prise de conscience, par la classe dirigeante, de la nécessité de redonner à la France un cadre macroéconomique permettant de résoudre la fracture sociale et territoriale avant qu'elle ne laisse définitivement la place à une fracture nationale, au sens de la Nation citoyenne. Commençons donc à nommer les choses plus justement.
La fondation RESPUBLICA vous invite au colloque
« La République au défi des banlieues »
Lundi 9 janvier 2006 à 18h00
à la Maison de la Chimie
28 rue Saint Dominique 75007 Paris
Avec la participation de : Régis Debray écrivain, philosophe Max Gallo, écrivain , historien Sami Naïr, universitaire Rachid Adda, conseiller régional Ile de France Jean-Marie Delarue, Conseiller d'Etat, ex-délégué interministériel à la ville Patrick Quinqueton, Maître des requêtes au Conseil d'Etat
Conclusion par Jean-Pierre Chevènement
Inscription indispensable
Association pour la fondation Res-Publica
52 rue de Bourgogne 75007 Paris ou par courriel res-publica@wanadoo.fr
Article publié dans le Parisien du 8 novembre 2005
« La République n'est pas juste avec tous ses enfants »

RACHID ADDA, conseiller régional (MRC), reçu hier par Nicolas Sarkozy
|