Vendredi 16 octobre 2009 5 16 /10 /2009 18:08

Le MRC dit non à la « Bakchich Académie »
Article paru dans la Gazette du Val d’Oise, le 15 octobre 2009

Il n’y a pas que Polytechnique ou Sciences-Po qui rémunèrent les élèves. Trois lycées professionnels du Val-de-Marne vont payer les élèves assidus. Payer, c’est beaucoup dire. Disons que pour faire revenir les élèves les plus démotivés, Martin Hirsch, le Haut Commissaire à la jeunesse, propose de financer des projets attirants, comme de passer son code de la route. A condition d’être assidus. Une cagnotte de 2 000 à 10 000 euros serait débloquée.

« Un remède pire que le mal »
De quoi faire hurler certains, à l’instar de Rachid Adda, le président du MRC 95, le parti de Jean-Pierre Chevènement, qui parle de « Bakchich Académie », apprenant « avec effroi » l’expérimentation dans les trois lycées professionnels : « ce remède de charlatan est pire que le mal … En effet, cette proposition, au-delà même des objectifs louables que ses promoteurs semblent afficher, est un renoncement aux ambitions même de l’Ecole républicaine depuis Condorcet, à savoir que l’acquisition des savoirs et la réussite scolaire est une récompense qui se suffit à elle-même », remarque ce conseiller régional, administrateurs de plusieurs lycées techniques dont celui de la Tourelle à Sarcelles.


L’exemple de Rachid Adda, ce titre, est symptomatique. Car s’il y a bien un exemple de réussite par l’école, c’est bien le cas de la famille Adda. Rachid Adda, ingénieur issu de l’école Centrale, cultivé au point de participer à des jeux du type « Question pour un champion », et son frère médecin à Sarcelles, représentent l’intégration réussie par l’école. Pour un père ouvrier et une mère assistante maternelle, d’origine algérienne, l’école de la République, cela représentait une chance pour les enfants : « moi j’aimais aller à l’école, rapporte - t’il quand on l’interroge sur son enfance. Et il n’était pas question d’aller trainer dehors. On devait faire ses devoirs le soir. Et pas de télévision après manger. On allait au lit… ». Une autre époque certainement.

Pour autant, à l’heure actuelle, les solutions existeraient : « le problème sérieux de l’absentéisme à l’école et plus particulièrement aux lycées doit être pris à bras le corps et des solutions qui dépassent le seul corps éducatifs doivent être mises en œuvre. D’abord par des moyens techniques, expérimentés avec succès dans certains lycées et collèges, qui doivent permettre en temps réels de prévenir les parents d’une absence injustifiée. Ensuite par des moyens pédagogiques nouveau en recourant aux NTIC (nouvelles technologies de l’information et de la communication) qui rendent déjà dans certains lycées les cours plus attractifs ».

Reste à prendre en considération le problème du temps passé à l’école. Est-il normal de laisser assis pendant 7 heures par jour (de 8h30 à 17h) des adolescents, sans réelle possibilité pour eux de se dépenser physiquement ? « Ce qu’on demande aux jeunes dans les collèges et lycées, nous-mêmes adultes, nous n’en sommes pas capables… », nous rapporterait une ancienne responsable départementale de CFA, les centres de formation pour apprentis. De là à assimiler l’école à un travail qu’il faut rémunérer… D’autre part, est-il normal que la France soit pratiquement le seul pays au monde à accorder quatre mois de vacances, soit un tiers du temps scolaire, pour satisfaire le tourisme et le corps enseignant ?
Que de jeunes, gavés d’Internet et de jeux vidéo ultra rapides, ne supportent pas ces rythmes scolaires d’un autre temps, on peut le comprendre…

Jean-Luc Brac

Jeudi 15 octobre 2009
La Gazette du Val d'Oise
Par Rachid Adda - Publié dans : Le MRC 95 dans la presse
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