Article de l'Echo Régional (18/07/07) : Sarcelles - Chaufferie collective, ça chauffe pour le Maire"
Nuits dans des hôtels huppés et repas dans des restaurants chics, François Pupponi est mis en cause pour les dépenses " personnelles " effectuées à l’époque où il était président de la SEM Chaleur.
François Pupponi est actuellement la cible de l’Union des conseils syndicaux de copropriété de Sarcelles. Son président, Alain Chiche, s’étonne en effet des frais de représentations déboursés avec la carte Bleue de la SEM Chaleur durant les années 2005 et 2006. À l’époque, le maire de Sarcelles était le président de cette société d’économie mixte qui avait pour vocation de gérer le réseau de chauffage du grand ensemble avant sa cession à l’entreprise privée Dalkia, filiale de Veolia.
Parmi ces dépenses : une nuit d’hôtel au Napoléon à Paris pour 258 e, deux repas au Train bleu, le restaurant huppé de la Gare de Lyon, et deux autres pour 126 e toujours dans la capitale au Café de Flore. Des nuits d’hôtel en province auraient également été réglées lors d’événements liés au Parti socialiste, à Lille (États généraux du projet) ou au Mans (congrès du PS). Enfin, deux factures de téléphone portable de 332,90 e et 990 e auraient été effectuées à vingt-trois jours d’intervalle. Ces relevés bancaires ont valu au maire un article dans le journal Marianne daté du 7 au 13 juillet. Par ailleurs, un tract anonyme mentionnant le montant des factures circule dans les rues de Sarcelles et un dossier aurait été adressé au procureur.
Alain Chiche, qui conteste l’abandon de service public de la SEM Chaleur et le rachat du réseau par Dalkia, veut se servir de ce dossier pour faire pression. " Le maire nous a fait un rappel de plus d’un million d’euros sur la facture de chauffage alors que nous n’avons pas à la payer. J’ai demandé à consulter les comptes de la Sem mais il a refusé. Je ne vois pas en quoi une nuit d’hôtel ou l’achat de bouteille de champagne a pu servir les intérêts des copropriétaires ", explique-t-il.
À l’heure où nous mettons cette édition sous presse, François Pupponi n’a malheureusement pu être joint. Néanmoins, le maire de Sarcelles avait apporté quelques éléments de réponses dans l’hebdomadaire de Jean-François Kahn : " La journée, je suis à Bercy (le maire est fonctionnaire des Finances NDLR), ensuite je file à la mairie et, oui, dans la soirée je m’occupais de la SEM. Si quelqu’un veut contrôler les 13 100 e dépensés en trois ans, je suis prêt ! J’assume avoir invité à dîner Me Lovichi (avocat de la SEM), Pierre Ferracci (expert comptable), Gregory Simonpoli (directeur de la SEM). "
Du côté des opposants politiques du maire, la réaction ne s’est pas fait attendre. Dans une lettre ouverte à François Pupponi, le conseiller régional et secrétaire fédéral du MRC Rachid Adda demande un " débat public sur les conditions de la cession du chauffage urbain " et qu’un audit soit effectué par un organisme indépendant.
" En cas de refus, je me verrais dans l’obligation de demander au préfet de saisir la Chambre régionale des comptes afin qu’elle examine la gestion de la SEM sous votre présidence ", assure-t-il.
Ludovic LUPPINO

