Rachid Adda contre François Pupponi. Ce ne sont pas les électeurs de Sarcelles qui trancheront dans quelques mois entre les deux hommes politiques locaux, mais la justice. Hier, la 17 e chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris a fixé au 16 novembre prochain le procès intenté pour diffamation par le conseiller régional et patron du MRC du Val-d'Oise Rachid Adda à son ennemi juré, le conseiller général et maire PS François Pupponi.
A l'origine du différend : le portrait que dresse François Pupponi, dans son livre « la France d'en-dessous » (paru aux Editions Privé), de son « opposant le plus vindicatif » où, sans toutefois citer nommément l'intéressé, il fait référence à ses origines algériennes. Contacté hier soir par téléphone, Rachid Adda a refusé de s'exprimer pour le moment sur le fond du dossier. « Je ne ferai aucun commentaire sur l'affaire en elle-même, explique-t-il. J'ai totalement confiance en la justice de mon pays. Quand un élu de gauche se met à caractériser des citoyens à partir de leurs origines, c'est révélateur d'une certaine vision de la citoyenneté que l'on attribue d'habitude à d'autres dans l'échiquier politique. » François Pupponi, lui, se veut avant tout serein. « Il s'agit d'un non-événement, qui ne fait référence qu'à deux pages sur deux cents, assure-t-il. Rachid Adda fait de la politique à sa manière, et moi comme je l'entends. Dans « la France d'en-dessous », je décris ma part de vérité, mon expérience d'élu de terrain dans une ville aux réalités complexes. Je m'y exprime sincèrement, sans attaquer quiconque personnellement. En revanche, je raconte mon combat politique au quotidien. Lorsque j'emploie le terme de « Beur », de « Black » ou de « Feuj », je parle comme tous les gens de banlieue. Lorsque j'évoque Rachid Adda dans mon livre, je ne fais allusion qu'à ses positions politiques qui me choquent. » Alors, diffamation pas ? Ce sera aux magistrats de trancher.
Bénédicte Agoudetsé

