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PARIS (AFP) - Jean-Pierre Chevènement, président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC), a annoncé lundi soir sur TF1 qu'il serait candidat à l'élection présidentielle de 2007.
"Oui, j'ai pris la décision d'être candidat à la présidence de la République", a déclaré l'ancien ministre. "Cette décision s'est imposée à moi progressivement et avec la force de l'évidence". "Notre pays va mal, on a l'impression que la France fout le camp", a ajouté le maire de Belfort, citant "Thomson, Pechiney, Arcelor" ou encore "les délocalisations industrielles, avec ces employés qu'on licencie".
Aujourd'hui âgé de 67 ans, M. Chevènement avait réalisé un score de 5,33% au premier tour de l'élection présidentielle en 2002. Proclamant sa candidature à dix jours du vote, le 16 novembre, des adhérents socialistes pour désigner leur candidat à l'Elysée, le responsable MRC a indiqué vouloir "un gouvernement républicain énergique qui fasse entendre la voix de la France". Interrogé sur sa détermination à aller jusqu'au bout, il a répondu: "Bien évidement, quand on part, c'est pour aller jusqu'au bout", précisant avoir déjà "retenu des locaux de campagne". "Ce sera difficile, a-t-il admis, mais je conquerrai mon espace, je ferai en sorte que la gauche soit en mesure de répondre aux attentes qui sont immenses dans notre pays".
Le nouveau candidat avait commencé cet été sa recherche de parrainages. "Ma décision, je ne la prendrai qu'à la fin de l'année, en connaissance de cause", avait-il affirmé en avril au 3ème Congrès du MRC.
Récemment, il avait dénoncé récemment la "politique d'extermination" du PS à l'égard de son parti, et répété le 26 octobre qu'il serait "très probablement" candidat à l'élection présidentielle. Fin octobre, le premier secrétaire du PS, François Hollande, avait affirmé que son parti voulait "tendre la main au mouvement de Jean-Pierre Chevènement" car "il faut que la gauche présente moins de candidats (à la présidentielle) en 2007 qu'elle n'en a présentés en 2002".
Jean-Pierre Chevènement, 67 ans, est un républicain sourcilleux, qui fut quatre fois ministre et une fois déjà candidat à l'Elysée, en 2002, réunissant 5,33% des voix.
Maire de sa ville natale de Belfort depuis 1983, avec une interruption entre 1997 et 2001 pour assurer ses fonctions de ministre de l'Intérieur du gouvernement Jospin (1997-2000), il a d'abord été socialiste avant de quitter ce parti en 1993, pour cause de désaccord sur l'Europe. Jean-Pierre Chevènement est toujours président d'honneur du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a succédé au Mouvement des Citoyens (MDC) qu'il avait fondé en 1993. Réélu député à chaque législative depuis 1973, il a été cependant battu en 2002.
Sous la présidence de François Mitterrand, Jean-Pierre Chevènement avait été ministre à trois reprises : Recherche et Industrie (1981-83), Education nationale (1984-86) et Défense (1988-91). Il démissionne trois fois de son poste pour protester, en 1983 contre la gestion des entreprises nationalisées, en 1991 contre la guerre du Golfe et en 2000 contre la gestion du dossier corse.
Né le 9 mars 1939, énarque, M. Chevènement adhère à la SFIO en 1964 et, peu après, participe à la fondation du CERES (Centre d'études, de recherches et d'éducation socialiste), qui deviendra quelques années plus tard l'aile gauche du PS.
Il entre en 1971 au secrétariat national du PS et est chargé en 1981 du "projet socialiste". Marié et père de deux enfants, il avait abandonné pendant quatre mois son ministère de la Place Beauvau fin 1998, en raison d'un grave accident d'anesthésie. Depuis 2002, il a créé une fondation de réflexion, Res publica, et publié en 2004 un ouvrage, "Défis républicains".
par Rachid ADDA
publié dans :
Jean-Pierre Chevènement
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