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LE CONSEIL régional d'Ile-de-France mène actuellement une vaste consultation auprès des jeunes pour connaître leurs attentes, leurs envies.
Comment ils envisagent l'avenir, ce qu'ils voudraient changer dans la société. 1,5 million de 15-25 ans sont concernés et sont invités à remplir un questionnaire anonyme. Au collège Chantereine de Sarcelles, un professeur de maths n'a pas hésité à troquer son heure de cours contre une réflexion sur la vie et l'avenir avec ses élèves de 3ème. « Pour une fois qu'on nous demande notre avis, on va le donner. » Une fois les termes « homophobes » et « optimisme » définis, parce qu'ils ne les comprenaient pas, les collégiens ont eu vite fait de s'emparer du débat.
Deux conseillers régionaux, Rachid Adda (MRC) et Rosita Jaouen (PCF), sont venus recueillir leurs doléances.
Chômage et discrimination à l'embauche
Premier constat : à Sarcelles, les collégiens ne connaissent pas l'insouciance de l'adolescence. A 15 ans à peine, beaucoup parlent déjà chômage et discrimination à l'embauche. « C'est simple, dès qu'il y a deux H et un Z dans un nom, c'est fini », lâche Ismaël. Rires de certains. « Ils ont parlé du CV anonyme, sans photo, c'est bien cette idée », lance Hervé. Le projet figurait bien dans le plan de cohésion sociale de Jean-Louis Borloo, discuté à l'Assemblée, mais les députés ont renoncé à l'imposer.
La société ? « Elle est violente, individualiste, intolérante », selon les jeunes Sarcellois. Sans conteste, « elle n'est pas égale ». Des exemples, ils en ont à la pelle : « Le racisme », « l'entrée dans les boîtes de nuit », « les embauches »... Ils trouvent des coupables.
« La télé parle d'un Noir qui vole un sac, alors on va croire que tous les Noirs volent des sacs », dénonce encore Ismaël. « On nous demande d'avoir des diplômes, de passer le bac. Mais quand on regarde la télé, il vaut mieux être footballeur ou basketteur, poursuit Walid. Si on est ingénieur, on va gagner 1 500 par mois. »
Pertinents, lucides, ils ne voient pas tout en noir. « En banlieue, on peut pratiquer un sport, les clubs sont accessibles à tous », se félicite un élève. « Sauf peut-être le tennis, c'est cher », tempère une voix. Pour les transports, la sécurité, la ville... ils ont des idées, « parce qu'il faut que ça change ». « Pourquoi on a construit des tours et entassé des gens comme ça ? » Nesrine voudrait aussi améliorer les relations Paris-banlieue : « Quand on va à Paris, on n'est pas vu comme tout le monde. »
Tous veulent faire entendre leur voix.
D'autres débats sont organisés encore ce mois-ci dans les lycées, les maisons de quartier, les gares, pour prendre le pouls de la jeunesse. Les résultats seront présentés en février. Ils permettront aux élus de préciser le rôle du conseil régional des jeunes qui devrait voir le jour dans la foulée. Cette assemblée de 140 jeunes (15-21 ans), tous tirés au sort parmi les candidatures, aura un avis consultatif et un pouvoir de proposition sur les dossiers concernant la jeunesse.
Emeline Cazi
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