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Républicain de gauche | |
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Critiqué par la presse américaine et une partie de la presse européenne au moment des émeutes des banlieues d'automne 2005 , le modèle français d'intégration est réhabilité par une enquête publiée par le Pew Research Center, l'un des instituts d'opinion les plus réputés des Etats-Unis.
Selon cette enquête, réalisée au printemps auprès de musulmans de quatre pays européens (France, Royaume Uni, Allemagne et Espagne) et dont les résultats complets ont été publiés le 17 août, les musulmans de France n'ont pas de leçons d'intégration à recevoir de leurs voisins européens ni d'ailleurs du reste de la communauté nationale. D'ailleurs la dernière question posée montre que l'ensemble des Français sont moins tolérants vis à vis de nos concitoyens musulmans que l'inverse.
Cette étude contredit les tenants de la fumeuse thèse de la "guerre des civilisations" ainsi que ceux qui de l'extrême droite à l'extrême gauche n'ont de cesse de nier la force du modèle républicain français et d'en condamner les défenseurs. Nous l'avons même vu de la part de certains petits groupes, à la fois manipulés et manipulateurs, qui nous indiquaient que le discours républicain était déconnecté des quartiers populaires.
Cette enquête démontre aussi que si les émeutes des banlieues de 2005 témoignaient d'un malaise, il s'agissait pas avant tout d'un problème économique et social et non d'un problème d'intégration comme voulait le faire croire notamment Alain Finkelkraut. Le chômage apparait comme le premier facteur de désagrégation sociale, et la nation, le premier facteur d'intégration.
C'est la thèse que j'avais défendue dès novembre 2005 dans un communiqué du MRC et en janvier 2006 lors du colloque "la République au défi des Banlieues" organisé par la fondation Res-publica reconnue d'utilité publique.
Bien entendu ce type de sondage, qui va dans le sens d'une solution républicaine aux problèmes de notre temps, va convertir les communautaristes par conviction en républicain par opportunisme. D'ailleurs Sarkozy, le premier informé, a déjà commencé son virage (uniquement dans les discours) à 180° à Nîmes et lors de son appel à la jeunesse.
N'oublions jamais le bon sens populaire :"chassez le naturel, il reviendra au galop". Quant à la gauche différentialiste et communautariste, à l'instar de celle que nous subissons à Sarcelles et qui fait le lit de la droite voire de l'extrème-droite, il faudra attendre sa necessaire refondation républicaine afin de solder définitivement les comptes de Mai 68 et la reconnecter avec les couches populaires.
Les musulmans français sont plus tolérants que leurs voisins européens (journal le Monde)
Une étude étatsunienne réhabilite le modèle français d?intégration. Le modèle anglo-saxon en revanche, privilégié par Nicolas Sarkozy (discrimination positive, communautarisme institutionnalisé) et dressant les communautés les unes contre les autres, semblerait davantage générateur d?hostilités, de violences.
Critiqué par la presse américaine au moment des émeutes de l?automne 2005 dans les banlieues, le modèle français d?intégration est réhabilité par une enquête publiée par le Pew Research Center, l?un des instituts d?opinion les plus réputés des Etats-Unis. Selon cette enquête, réalisée au printemps auprès de musulmans de quatre pays européens et dont les résultats complets ont été publiés le 17 août, les musulmans de France n?ont pas de leçons d?intégration à recevoir de leurs voisins européens.
Le sondage montre que les musulmans européens partagent une même préoccupation pour le chômage dans leur communauté (83 % en France, 78 % en Angleterre) et s?inquiètent de l?extrémisme islamiste, seule une faible minorité approuvant les attentats-suicides (16 % en France).
Mais sur le plan de l?intégration, les Français se singularisent. Alors que la moitié des musulmans britanniques perçoivent "un conflit naturel entre le fait de pratiquer l?islam et le fait de vivre dans une société moderne", 72 % des Français musulmans n?en voient aucun (une proportion identique à celle enregistrée dans l?ensemble de la société française).
Les musulmans français sont aussi, avec les Espagnols, ceux qui ressentent le moins d?hostilité à l?égard des pratiquants de l?islam (39 % estiment que la plupart des Européens sont hostiles aux musulmans, contre 52 % en Allemagne).
Appelés à dire ce qui les définit le mieux, de la nationalité ou de la religion, 81 % des musulmans britanniques optent pour la seconde. Les musulmans français sont nettement plus partagés : 42 % choisissent la nationalité et 46 % la religion.
Ce résultat est assez éloigné de celui enregistré lorsqu?on interroge la population tout entière : 83 % des Français s?identifient d?abord par leur nationalité. Mais il est "remarquablement proche", souligne le Pew Center, de celui qui concerne les Américains dans leur ensemble (48 % se définissent d?abord comme Américains, 42 % comme chrétiens). Les moins de 35 ans sont cependant 51 % à se décrire comme musulmans d?abord.
Autre sujet d?étonnement pour le centre de recherches américain : le regard sur les autres religions. 91 % des Français musulmans ont une opinion favorable des chrétiens et 71 % une bonne opinion des juifs, ce qui fait d?eux une exception : seuls 32 % des musulmans britanniques, 28 % des musulmans espagnols et 38 % des musulmans allemands ont une bonne opinion des juifs.
Enfin, les musulmans de France expriment une "préférence pour l?assimilation", selon l?institut : 78 % d?entre eux estiment que leur communauté souhaite adopter les traditions nationales (contre 41 % en Angleterre et 30 % en Allemagne).
Selon le sondage, les Français, dans leur ensemble, n?ont cependant pas la même perception : 53 % d?entre eux estiment que les musulmans n?ont pas de véritable volonté d?assimilation.
Corine Lesnes (Le Monde 28 août 2006)
par Rachid ADDA
publié dans :
Citoyenneté / Discriminations/ Démocratie locale
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