Nul besoin de faire une politique communautariste et de bafouer la Laïcité pour respecter la diversité dans notre République et assurer l'Egalité pour tous et, le cas échéant, le droit de chacun d'exercer son culte dans la dignité.
Autre approche et autre résultat avec un Maire attaché aux valeurs républicaines et à leur mise en oeuvre effective pour tous : à Belfort, la construction d'une grande mosquée en centre-ville, financée par une collecte des fidèles, devrait aboutir fin 2007 grâce à la ténacité de JP Chevènement face aux protestations des élus de droite (mais pas seulement...) [pour plus d'info, cliquez ici] désireux de reléguer les musulmans en périphérie. Fondateur du CFCM, mis en place par son successeur, JPC a imaginé avant tous la création d'une fondation qui permettrait de financer des lieux de cultes par des financements privés et donc sans remettre en cause la Loi de 1905.
On aimerait donc que cette exigence républicaine belfortaine serve d'exemple à la majorité municipale sarcelloise : mettre en oeuvre sur le terrain les valeurs de la République plutôt que de jeter le modèle républicain avec l'eau du bain sous prétexte qu’il aurait failli à sa mission.
Ce sont en fait ceux qui aujourd’hui dénigrent le modèle républicain qui ont refusé de le faire fonctionner pendant 20 ans. N’oublions jamais cela et qu’en politique, comme en version ou en thème, il existe aussi des faux amis.
Article du journal La Croix(19/06/06)
La première pierre de la mosquée de Belfort a été posée samedi après-midi en présence du maire (MRC) de la ville, Jean-Pierre Chevènement, et de quelque 200 personnes, a constaté un journaliste de l'AFP.
La cérémonie s'est tenue sur le terrain qui accueillera la future mosquée, à proximité de la citadelle de Belfort. Elle a notamment rassemblé le grand mufti de l'Est, un représentant de la communauté juive, l'évêque catholique de Belfort et le consul d'Algérie de Belfort.
La mosquée, dont la construction doit s'achever courant 2007, s'étendra sur près de 1.900 m2 et abritera notamment une bibliothèque et un salon de thé. Le coût des travaux, qui ont commencé début avril, s'élève à 2,5 millions d'euros, selon l'architecte du bâtiment.
Jusque-là, la ville comptait quatre salles de prière pour les musulmans, qui seraient entre 6.000 et 7.000 à Belfort, selon la municipalité.
"Chacun doit pouvoir professer sa religion dans la dignité", a déclaré au cours de la cérémonie M. Chevènement, qui a défendu le choix du site et s'en est pris à ceux "qui sortent leurs revolvers dès qu'ils entendent parler de mosquée".
Depuis plusieurs mois, des membres de l'opposition municipale combattent ce projet qui, selon eux, porte atteinte au patrimoine de la ville et au potentiel touristique de la citadelle de Belfort.
Avant la pose de la première pierre, M. Chevènement et des représentants de la communauté musulmane ont déposé deux gerbes au cimetière militaire de Belfort en hommage aux combattants musulmans qui se sont battus dans l'armée française lors de la Première et de la Seconde Guerre mondiale.Dépèche AFPPortée depuis plusieurs mois par l'opposition municipale, la mobilisation contre le projet de la mosquée de Belfort risque de redoubler d'intensité à l'approche des échéances électorales, au moment même où le financement des travaux s'annonce difficile.Samedi, la première pierre de ce bâtiment de 1.900 m2 a été posée en présence de quelque 200 personnes, dont le maire (MRC) de la ville Jean-Pierre Chevènement qui a défendu "le droit aux musulmans de professer leur foi dans la dignité".Située sur "La Lunette 18" - un terrain proche de la citadelle Vauban qui surplombe Belfort -, la mosquée, qui abritera également un centre culturel, devrait ouvrir ses portes courant 2007. Jusque-là, la ville comptait 4 salles de prières pour les musulmans, estimés entre 6.000 à 7.000 à Belfort."La pose de la première pierre est destinée à nous mettre devant le fait accompli", tempête le chef de file de l'opposition municipale Christophe Grudler (DVD), en assurant qu'"il ne désarmera pas".Depuis plusieurs mois, M. Grudler et ses proches se mobilisent contre un projet qui porte, selon eux, atteinte au patrimoine de la ville. "La mosquée n'a pas sa place près de la citadelle, un monument classé historique qui présente un fort potentiel touristique", soutient M. Grudler.Lui et ses partisans ont organisé plusieurs marches de protestation et lancé une pétition qui a recueilli, selon eux, 8.000 signatures. Ils ont également déposé deux recours administratifs: le premier conteste la légalité du permis de construire, le second vise la mise à disposition du terrain par la mairie.M. Grudler assure qu'il n'est "en rien opposé" à la construction d'une mosquée ailleurs en centre-ville et récuse toute forme d'hostilité envers les musulmans. "M. Chevènement cherche précisément à instrumentaliser ce projet pour nous faire passer pour des méchants extrémistes avant les élections", soutient-il."Certains sortent leurs révolvers dès qu'ils entendent parler de mosquée", répond M. Chevènement en indiquant que le site de "la Lunette 18" abritait depuis 1954 un foyer de travailleurs nord-africains et une salle de prière musulmane. "La mosquée va embellir ce qui n'était qu'un no man's land", ajoute-t-il.Selon lui, les opposants au projet cherchent à "exploiter une certaine islamophobie ambiante" à l'approche des législatives de 2007 et des municipales de 2008. "Cette polémique sera sûrement un enjeu des prochaines échéances électorales", précise-t-on dans l'entourage du maire.A la querelle politique s'ajoutent les problèmes de financement du projet. Pour l'heure, seuls 300.000 euros ont été réunis sur les 2,5 millions d'euros que coûteront les travaux, indique Kader Kaddouri, président du Comité des musulmans du Territoire de Belfort (CMTB), l'association qui gérera le futur lieu."Ce projet est trop imposant et trop ambitieux", juge le député (UMP) du Territoire de Belfort Michel Zumkeller, tombeur de M. Chevènement en 2002.Au CMTB, on veut croire que les souscriptions vont rapidement prendre de l'ampleur. "Les fidèles étaient auparavant dans l'expectative. Mais ils savent maintenant que le projet est sur les rails et qu'il va aboutir", assure un porte-parole du Comité.


