Article de La Gazette du Val d'Oise (14/06/06) : A Sarcelles, lexpo sur la paix fait débat à gauche
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Article de La Gazette du Val d'Oise (14/06/06) : A Sarcelles, lexpo sur la paix fait débat à gaucheLe discours tenu par François Pupponi lors de l’inauguration de l’exposition sur les portraits d’imams et de rabbins du monde entier actuellement aux Vignes blanches, suscite des réactions de la part des adversaires politiques de gauche du maire de Sarcelles.
Deux représentants de la communauté musulmane de Sarcelles à sa droite, un rabbin à sa gauche, le maire PS de Sarcelles, François Pupponi, était fier de trôné au milieu de la table qui regroupait tout ce petit monde lors du vernissage de l’exposition. Dans son dos, sur le mur, quelques portrait d’imams et de rabbins du monde entier, « accompagnés de leurs messages de paix », photographié par l’homme au chapeau, Xavier Zimbardo, à qui l’on devait dernièrement une autre exposition, dans les mêmes lieux sur la « photo sociale ».
Sur un thème aussi sensible, voire provocateur, du rapprochement des religions, même si l’exposition ne choque pas en soi (Qui est contre la paix ?), le discours qu’a tenu le maire n’a pas laissé indifférents ses adversaires politiques au sein même de la gauche et du PS. Surtout sur le sujet du communautarisme qui vient inévitablement sur le tapis. Le maire « atypique » de Sarcelles, comme il l’aime à se définir lui-même, prétend ne pas vouloir faire du communautarisme, attitude qui fait sourire tout le monde, même au PS : « tout le monde sait que le maire de Sarcelles fait du communautarisme » remarque cette élue socialiste sur le Val d’Oise.
François Pupponi a sa vision de la République : « trop longtemps la république s’est créé un monde idéal. Dans la république du XXIe siècle, il faut que l’on soit capable de voir la réalité en face, la réalité historique : n doit être capables de vivre ensemble, de regarder, de se respecter, de mettre des règles de vie. La laïcité a été galvaudée. Nul citoyen ne peut être discriminé en vertu de sa religion. La République se fait un devoir de permettre à chacun de vivre sa religion sans être discriminé. » Puis d’ajouter : « taxé de communautarisme, j’assume être l’ami des communautés. Je les respecte. J’applique le principe républicain. Etre en bonne relation avec toutes les communautés ce n’est pas faire du communautarisme. »
Un principe républicain qui laisse de marbre son adversaire politique au sein même du PS, Didier Arnal, présent ce jour là : « Avant de parler de principes républicains, il faudrait que le maire de Sarcelles ait des principes lui-même », remarque perfidement cet ancien 2e adjoint aux finances de Dominique Strauss-Kahn (quand ce dernier était maire) et actuellement conseiller général de Sarcelles sud-ouest. Les deux hommes sont, il est vrai, à couteaux tirés et probablement adversaires aux prochaines municipales. « Je suis en désaccord total et complet avec ce que peut dire le maire de Sarcelles, confie Didier Arnal. Sur la façon de gérer la ville au niveau du communautarisme mais aussi sur sa façon de gérer la ville tout court. Prenez le dossier sur le chauffage. Privatiser le chauffage pour un maire socialiste c’est un véritable scandale, c’est une honte. »
De son coté, Rachid Adda du MRC, autre adversaire politique, ne mâche pas non plus ses mots, dans son style toujours aussi intellectuel : « le plus indécent de la part du maire de Sarcelles est d’instrumentaliser la laïcité pour justifier sa politique qui vise à segmenter les Sarcellois en autant de communautés. Le problème du communautarisme, ce ne sont pas les communautés, mais l’utilisation politique des communautés culturelles ou religieuses par des élus qui ont abandonné les Sarcellois. La gouvernance communautariste part du droit à la différence pour aboutir à la différence des droits. D’ailleurs, les autorités religieuses présentes ont insisté sur le fait que nos différences doivent être transcender par ce qui nous rassemble : c’est la définition même de la Citoyenneté républicaine reposant sur la Laïcité qui seule permet la liberté de conscience. L’important n’est pas d’où nous venons mais où nous allons ensemble. » Les prochaines élections municipales devraient être mouvementées…
Jean Luc Brac
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