Lundi 29 septembre 2008

Conseil régional d’Ile de France

Séance plénière du 25 septembre 2008

 

Intervention de Rachid ADDA, conseiller régional d’Ile de France

au nom des élus du groupe 2RC (Radical, Républicain et Citoyen)

  

 
Monsieur le président

Mes chers collègues

 

Nous nous retrouvons donc 18 mois après l’adoption de ce qui est désormais une première version du schéma directeur de notre région en février 2007 dont nous savions qu’elle ne serait qu'une étape, importante certes, mais qu’une étape d’un processus démocratique très large mis en œuvre dès 2005 par l’ouverture d’une concertation sans précédent pour un tel document d’urbanisme.

 

Dix huit mois après cette première version adoptée en séance plénière, nous nous trouvons devant un document d’une plus grande lisibilité, fidèle aux ambitions initiales de donner à l’Ile de France le visage d’une écorégion plus attractive, plus humaine et plus solidaire.

 

Les dix-huit mois écoulés valident notre vision, qui s’appuie sur trois défis majeurs qui sont la déclinaison pour l'Ile de France des principes gouvernant au développement durable : l’efficience économique, le respect de l’environnement et la solidarité.

 

En dix-huit mois beaucoup de choses se sont passées dont

- une enquête publique sans précédent qui a abouti à un rapport d’enquête de près de 700 pages

- la mise en place d’un comité technique et d’un comité de pilotage Etat-Région qui a permis une convergence des deux points de vue même si parfois le point de vue de l’Etat est souvent asséné comme un diktat.

 

Et surtout le temps a su faire son affaire. Un processus de décantation intellectuelle à d’abord fait progresser dans les esprits, des concepts difficiles tels que la densification, une approche territoriale novatrice par faisceaux dont on a bien compris qu’elle était avant tout un outil théorique, la place centrale donné au fleuve comme élément fédérateur du projet spatial, une cartographie originale et efficace.
Un travail de réécriture aussi titanesque que le premier  a enfin permis dans un exercice de va-et-vient d’aboutir à ce document.

 

Certes il y a surement des points qui peuvent recevoir quelques critiques. Mais la construction d’un document tel que le SDRIF est un exercice à la fois global et contraint. C’est d’ailleurs là que réside l’enjeu véritable du développement durable. Tout est question d’équilibre… un équilibre dynamique comme on peut le dire en chimie.

 

Bien sur on entend des critiques ici où là. Mais la majeure partie de ces critiques sont le plus souvent liées à un reflexe pavlovien dogmatique ou un opportunisme à l’approche des élections régionales.

 

A ceux qui nous indiquent que nous aurions sacrifié l’environnement sur l’autel du développement économique d’autres répondent en nous faisant le reproche inverse. C’est que vous avez su trouver le bon point d’équilibre.

 

Car le SDRIF n’a rien sacrifié. Peut-être souffrait il dans sa première version d’une dilution dans l’écriture, d’une synthétisation insuffisante des objectifs et des actions à mener ou d’une lecture peu aisée.

 

Mais cette nouvelle version a su rendre plus lisible les enjeux dans l’Ile de de France du 21ème siècle et les moyens pour y répondre.

 

Je comprends d’ailleurs l’embarras du gouvernement. D’abord parce que la commission d’enquête a surtout pointé les incohérences de ses intentions et objectifs et les insuffisances de son action et des moyens pour y parvenir.

 

Enfin surtout parce que ce SDRIF met en œuvre des principes forts que le gouvernement ne comptait utiliser qu’à des fins de communication. Je ne retiendrai que le secteur du logement avec la loi DALO qui sera prochainement vidé de sa substance par la remise en cause de la loi SRU et celui de l’environnement avec un Grenelle dont on sait qu’il a accouché d’une souris.

 

Sans se renier la Région, quant à elle, a su apporter des clarifications, des améliorations et une plus grande lisibilité à un document d’urbanisme qui fera date.

 

Nous trouvons d’ailleurs paradoxal que la majorité présidentielle frappe aujourd'hui plus fort et tous azimut ce SDRIF qu’elle n’a pu le faire en février 2007 alors que dans l’intervalle la Région a intégré les recommandations de la commission d’enquête, le retour des collectivités territoriales et de le produit de sa concertation avec l’Etat.

 

A se demander si les coups assénés sans discernement par la majorité présidentielle  ne le sont pas uniquement parce que ce document stratégique, dans le contexte des différents scénarii de gouvernance pour notre Région, révèle que l’échelon pertinent d’intervention politique c’est la Région.

Et plus encore... que l’échelle pertinente d’aménagement du territoire, d’anticipations des enjeux environnementaux et de mis en œuvre des solidarités c’est la Région Ile de France qui doit donc demeurer une collectivité de plein exercice.

 

Nous ne voterons donc pas cette motion de renvoi déposée par le groupe UMP.

 

Par Rachid Adda - Publié dans : Région Ile de France
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