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« Le CPE ne répond pas au problème du chômage »
Pour Jean-Pierre Chevènement, président du Mouvement Républicain et Citoyen, la crise traduit une angoisse en l'avenir
>> Aujourd'hui, vous manifestez contre le CP E ?
Oui, car le CPE ne répond pas au problème bien réel du chômage des jeunes (22 % en dessous de 25 ans). C'est une réforme libérale de plus, qui cherche une issue dans le démantèlement du droit du travail, au lieu d'agir sur les grands paramètres de l'économie : relance du pouvoir d'achat et de l'investissement, action sur les taux d'intérêt et de change, hélas abandonnés à la Banque Centrale européenne indépendante. Je suis partisan d'une nouvelle discussion de la loi permettant de dégager des solutions innovantes pour sécuriser mieux les premiers pas des jeunes dans la vie professionnelle.
>> Le président de la République doit-il intervenir ?
Il faut poser les problèmes à la bonne hauteur, celui par exemple d'un véritable gouvernement économique de la zone euro. Cette crise du CPE traduit une angoisse profonde devant l'avenir. Elle devrait ê tre le moyen de faire bouger les lignes.
>> Vous êtes aujourd'hui à Vénissieux avec Laurent Fabius, Bernard Cassen, d'Attac, le premier secrétaire du PC C'est la gauche du « non » qui prend forme ?
C'est une étape dans la recherche d'un projet commun pour toute la gauche mais aussi pour les forces de progrès, à l'échéance 2007.
>> Vous n'aimez pas l'étiquette « gauche du non » ?
Il y a des différences entre le « non » républicain, qui articule la critique sociale et l'exigence démocratique liée à la souveraineté populaire, et un « non » purement anti-libéral qui ne déboucherait sur aucune perspective de gouvernement. On ne pourra réorienter l'Europe qu'en s'appuyant sur les peuples et d'abord sur le nôtre. Nous préconisons une Europe à géométrie variable, une Europe des projets, avec les peuples, avec une priorité clairement économique et sociale. L'Europe n'a pas besoin d'une nouvelle Constitution. Par contre la zone euro a besoi n d'être réformée. Et surtout notre peuple a besoin d'un projet républicain réellement alternatif. C'est ce que nous proposerons dimanche 2 avril au Congrès du MRC.
>> Laurent Fabius est selon vous le candidat qu'il faut à la gauche ?
Le logiciel républicain de Laurent Fabius se rapproche du nôtre et je n'oublie pas que Laurent Fabius s'est prononcé pour le non à la Constitution européenne le 29 mai 2005. Il a enfin le sens de l'Etat.
>> Vous aviez souhaité en 2002 « faire turbuler le système ». Aujourd'hui, n'est-ce pas Ségolène Royal qui tient ce rôle ?
Pour faire vraiment turbuler le système, il faut le réorienter en profondeur. Les orientations politiques que j'ai dessinées en 2002 gardent à cet égard toute leur pertinence. Ségolène Royal a eu pour le moment des expressions bienvenues sur les questions de sécurité, mais je ne l'ai pas encore entendue sur l'Europe, la mondialisation, la République et le rô le de la France. J'ai en revanche relevé des convergences manifestes avec Laurent Fabius sur l'analyse du capitalisme financier, le rôle d'une République de citoyens face aux communautarismes et, me semble-t-il, sur la priorité d'abord économique d'un redressement de la construction européenne. Priorité au contenu politique ! Pour se mettre à la hauteur des défis que le pays doit relever en 2007, la gauche ne peut pas se borner à faire confiance à des images.
Propos recueillis
par Francis Brochet
par Rachid ADDA
publié dans :
Jean-Pierre Chevènement
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