Samedi 18 mars : Rencontre avec Didier MOTCHANE*
Qualifié encore aujourd'hui de courant “ marxiste ” (cf le site du PS actuel), le CERES a toujours veillé à se donner les outils d'analyse et d'action permettant la transition au socialisme. Cette idée de transition au socialisme passant elle-même par trois idées forces que portait le CERES.
En premier lieu, la transition doit se fonder sur une analyse commune qui permette l'accord politique et débouche sur l'alliance stratégique : l'Union de la Gauche. C'est là que le CERES devait jouer un rôle moteur en dotant à la fois la vieille social-démocratie et le mouvement communiste “ bolchévique ” d'une ligne authentiquement socialiste.
En second lieu, il y a, à l'époque, au CERES une certaine idée du processus révolutionnaire. Au cœur de cette idée figure l'interaction entre le mouvement de masse et le gouvernement de gauche. Au cœur de la transition, la prise de conscience de classe qui change la foule en masse doit influer sur la transition et contribuer à l'amener au succès. En troisième lieu, il y a enfin l'idée de l'organisation du mouvement ouvrier. Le CERES pense que le processus amènera les partis membres de l'Union de la Gauche à changer leurs pratiques. Le CERES n'est d'ailleurs pas le PSU - celui-ci restant en dehors du PS-SFIO - et l'analyse que le CERES fait de l'Etat et du pouvoir diffère de celle véhiculée par les PSUistes - ces derniers adoptant la théories “ des pouvoirs ” en lieu et place de la critique du pouvoir. Cette conception PSUiste mènera nombre de ses membres à rallier l'aile de droite du PS des années 80-90 et 2000.
Militer au CERES, à l'époque, visait donc à faire surgir, au sein de la social-démocratie, le contraire dialectique de celle-ci : le socialisme. Il s'agissait bien d'une stratégie d'influence, qui amena le CERES à peser jusqu'à 25% du Parti Socialiste.


