NUISANCES AERIENNES.
150 millions pour insonoriser les riverains des aéroports
La région vote aujourd'hui une aide de 150 M€ pour accélérer la prise en charge de l'insonorisation des riverains de Roissy et d'Orly.
ACCÉLÉRER l'aide financière pour insonoriser les riverains des deux aéroports : tel est l'objectif du dispositif voté aujourd'hui par la région Ile-de-France. D'après les calculs, mener tous les travaux à terme prendrait vingt-cinq ans à Roissy et trente-cinq à Orly. Le projet, défendu par le groupe MRC à la région, veut ramener ces délais à dix et quinze ans.
Les élus assurent que la collectivité se remboursera auprès d'Aéroports de Paris et que cela ne coûtera rien au contribuable.
Un an pour être indemnisé. C'est le temps qu'il faut aux riverains de Roissy pour obtenir le feu vert de la commission consultative d'aide aux riverains entre la réception du dossier et le début des travaux. « L'enveloppe financière leur permettra de conserver ce délai raisonnable, souligne le conseiller municipal de Sarcelles Rachid Adda, l'un des rédacteurs du projet. Sans elle, ils auraient pu se retrouver dans la même situation que les riverains d'Orly avec des échéances à plus de trois ans car près de 1 500 dossiers sont en souffrance. »
63 257 habitations concernées sur Roissy. Le PGS (plan de gêne sonore) a multiplié par quatre le nombre d'habitations éligibles en 2004 par rapport au plan de 1999. La taxe sur les nuisances sonores aériennes (TNSA), payée par les compagnies aériennes, n'a pas suivi à la même vitesse. D'où l'enveloppe de la région. « Chaque riverain qui le demande doit être indemnisé, insiste Guillaume Vuilletet, rapporteur du projet. Si les délais s'allongent, il y a un risque que les particuliers fassent les travaux eux-mêmes, sans aide. Ce qui serait scandaleux. »
Une demande en nette augmentation. Les
particuliers sont de mieux en mieux informés. Les chiffres parlent d'eux-mêmes : en 2004, 1 069 habitations ont été traitées contre plus de 2 900 en 2006. Les associations l'ont d'ailleurs bien
compris. « Lorsque les grands ensembles HLM feront des demandes, c'est 3 000 ou 4 000 dossiers d'un coup qu'il faudra étudier, assure Michel Tournay, président de l'Association pour le respect de
l'environnement et du cadre de vie. Grâce aux 150 millions d'euros, ils pourront être traités rapidement. »
Sébastien Thomas
Le Parisien 19-04-2008
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