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Intervention de Rachid Adda, Conseiller régional francilien
Premier secrétaire fédéral du MRC Val d'Oise
Oui camarades, comme l’ont très bien dit Bernard et Roger, un projet de gauche répondant aux aspirations populaires est nécessairement antilibéral. Mais cela ne suffit pas ! Car un tel projet nécessite un préalable : s’appuyer sur les valeurs de la République et porter au plus haut du pouvoir l’exigence et l’éthique républicaines.
Jean Jaurès a presque tout dit quand il énonce : « Le Socialisme et la République sont inséparables car sans la République le socialisme est impuissant et sans le Socialisme la République est vide ».
La République, celle des actes, ne peut-être que sociale sauf à se réduire à des discours. Un socialisme exigeant ne peut être que républicain sauf à demeurer un alibi à tous les renoncements. Une gauche qui oublierait ce préalable républicain renoncerait à rassembler l'ensemble du peuple de gauche, nécessaire à la victoire parce qu'elle encouragerait sa fragmentation.
Aux « Prolétaires de tous pays unissez vous », la gauche différentialiste ou communautariste qui oublie la République troque un « Prolétaires d’un seul pays, divisez vous ! » et fait le jeu de la droite en segmentant les couches populaires. au nom du droit à la différence ou pour mieux en assurer un contrôle.
La gauche n’est en effet victorieuse qu’en portant l’espérance et quand elle rassemble ; elle ne peut pas rassembler contre ses idées, contre ses propres valeurs (sociales, laïques et démocratiques) et l’exigence de répondre aux légitimes aspirations populaires pour plus de respect, de dignité et de justice. C’est l’enseignement de Jaurès, de Blum, du CNR, de Mai 81 qui nous le dit. C’est quand la gauche, à partir de 1982, a perdu sa boussole républicaine au nom de l’Europe, qu’elle s’est égarée dans la purée de poix libérale et a fini par oublier le peuple.
Il y a toujours recul social quand le peuple perd une part de sa souveraineté et une gauche qui ne fait pas ce lien passe à coté de l’essentiel et ne peut être elle-même. C’est le sens de l’engagement politique et militant du MRC autour de JP Chevènement. Ce message, c’est celui que je vous apporte ce soir en espérant ne pas le voir caricaturer par ceux qui ne veulent pas effectuer leur propre inventaire.
D’ailleurs Sarkozy, libéral et atlantiste, ne s’y trompe pas quand il détricote la République et son modèle, pour mieux faire avancer son projet de société libérale. Il suffit de voir son acharnement, contre l’opinion même des Français, pour enterrer le modèle républicain à la suite de la crise dans des banlieues populaires.
D’ailleurs réduire le libéralisme à une problématique économique nous emmènera vers les mêmes échecs. Prenons l’exemple des nationalisations. Réduite à un simple changement de main du capital, elle n’avait pas en elles-mêmes un moyen d’empêcher les reprivatisations. A ce titre la gauche les a rendues imparfaites en confondant nationalisation et étatisation. Une véritable nationalisation imposerait de changer le mode de contrôle des sociétés publiques en y représentant le citoyen, les syndicats, et les salariés pour finalement en contrôler les missions. Une reprivatisation nécessiterait alors plus qu’une cession du capital par l’Etat puisqu’elle constituerait également une perte de souveraineté, que le peuple est généralement peu enclin à accepter. Du moins avec un coût politique conséquent pour celui qui s’y aventurerait. A travers cet exemple, j’ai voulu montrer comment des mesures économiques antilibérales gagneraient en efficacité par un renforcement de la souveraineté populaire. Je pourrais prendre l’exemple de la BCE, qui dépossède le peuple des outils macroéconomiques assurant la plénitude de la mise en œuvre de ses choix politiques.
Enfin je terminerai en disant que pour être elle-même la gauche doit être exigeante et éthique. On ne peut pas, Marie Georges, prôner plus de services publics, lutter contre l’AGCS et laisser des élus communistes à quelques km d’Argenteuil cautionner sans broncher la privatisation du réseau de chauffage urbain à Sarcelles. C’est aussi sur la cohérence entre les discours et les actes que nous jugerons de la sincérité de la démarche du PCF. C’est aussi sur cette cohérence que les Français jugeront les appareils politiques et que les couches populaires reprendront le chemin des bureaux de vote.
Alors oui à un rassemblement mais sans tabou ni exclusive. Oui à un rassemblement mais autour d’un projet exigeant portant des valeurs mais aussi une exigence et un éthique républicaine.
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Vous dites l'essentiel : il faut revenir à l'esprit d'Epinay à savoir un parti socialiste républicain qui ne cède pas aux mirages des verts ou de l'extrème gauche et le pcf.
Chevènement serait encore au ps, ça serait lui le meilleur candidat.
Julien