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Jeudi 19 janvier 2006

Lettre à Francois Peloille, rédacteur en chef de la Gazette du Val d’Oise et par extension à tous ceux tentés par des dérives sémantiques inadmissibles et condamnables

 
 
Rachid ADDA, Conseiller régional MRC
Délégué national du MRC à la citoyenneté.
Membre de la commission régionale
pour l’intégration et la lutte contre les discrimination
 
 
Dans une brève de votre dernier numéro vous écrivez « après les évènements de novembre dans les banlieues, le gouvernement avait annoncé la nomination de « préfets à l’immigration ». Après un échange avec la Préfecture du Val d’Oise et le service communication du Ministère de la Cohésion Sociale qui affirment ne jamais avoir évoqué les « Préfet délégué à l’Egalité des chances » en terme de « Préfet à l’immigration », il apparaît donc manifestement que cette dérive sémantique n’est que le fait du rédacteur de cette brève.
J’espère donc que vos lecteurs pourront lire mon argumentaire, grille de lecture républicaine, dans vos colonnes.
Je comprends la difficulté de l’exercice journalistique qui consiste à aller au plus court mais, sur des sujets aussi sensibles et complexes, les mots doivent être justes, précis et associés avec discernement. Votre raccourci, sûrement involontaire, crée une relation de causalité entre les évènements de novembre et l’immigration et semble réduire la politique de la ville à une politique d’immigration. Cette stigmatisation inacceptable repose sur une confusion des concepts. Derrière cette erreur dans les termes, il y a deux conceptions distinctes de la politique de la ville et de l’égalité des chances. A la décharge de votre journaliste, il est vrai que le discours sur l’égalité des chances des duettistes Sarko et Borloo n’est que l’alibi d’une politique qui culpabilise les couches populaires des banlieues pauvres, stigmatise les immigrés et refuse de traiter les causes objectives des discriminations des Français issus de l’immigration.
Représentant la Région Ile de France à la CRILD, et membre des comités de pilotage des deux diagnostics mis en place par le FASILD pour lutter contre les discriminations dans notre département, j’ai pu parfois y constater la même dérive autant sur le choix des termes que sur leurs contenus. J’aimerais donc rappeler l’importance de distinguer, sans vouloir les hiérarchiser, la lutte contre les discriminations de la politique d'intégration. La première, qui s'adresse à des citoyens français, est un des aspects d'une politique d'accès à la citoyenneté et pour l'égalité effective des chances. Elle est l’une des faces, celle de l'accès aux droits, d'une politique de la Citoyenneté dont l'autre face indissociable est le respect des devoirs. La lutte contre la discrimination s'inscrit donc dans le respect et la mise en œuvre pratique du pacte républicain et du contrat social fondateurs de notre Nation citoyenne. Quant à la seconde, elle est le devoir de la Nation vis-à-vis des populations étrangères accueillies sur notre sol et qui contribuent à la vie de notre Nation. Je n'oublie pas bien sûr qu'un lien générationnel (parents-enfants) et social opèrent un couplage des deux problématiques et que les discriminations au faciès ou au patronyme frappent indistinctement les Français issus de l'immigration que les étrangers vivant sur notre territoire. Il est toutefois nécessaire de faire cette distinction, en particulier au niveau des organes de réflexions, de décisions politiques et de communications médiatiques sauf à vouloir scinder la population française, contester la Citoyenneté française à certains de nos concitoyens, pratiquer l'amalgame dans les constats et les diagnostics, et donner des solutions en trompe l'œil !
Les dérives sémantiques sont l’expression d’une confusion savamment entretenue par une partie de la droite qui lorgne sur l’électorat du Front National tout en convoitant les suffrages de l’élite issue de l’immigration. Un grand écart dont le dommage collatéral est le pacte républicain puisque cette droite communautariste incarnée par Nicolas Sarkozy analyse sous un biais ethnico-racial des évènements dont les causes sont sociales, territoriales, générationnelles, institutionnelles.
Le gouvernement semble vouloir profiter de la crise dans les banlieues populaires pour opérer un changement de cap dans la politique de la ville. Cette dernière, dont le soi-disant échec est le prétexte aujourd’hui à tous les renoncements, devrait pourtant être considérée comme une politique volontariste transversale d’aménagement du territoire visant à réduire les inégalités sociales et géographiques dans les zones urbaines. A cet égard la politique de la ville ne doit plus être détournée de son objectif premier d’accès au pacte républicain par ceux qui ont sacrifié la cohésion nationale au nom de la cohésion sociale.
Il semble que le gouvernement veuille formaliser aujourd’hui dans cette politique les dérives de certains élus, ayant souvent des pratiques clientélistes et communautaristes, qui n’y voient qu’un instrument de contrôle social et d’achat de la paix sociale. Le mal pris comme remède, un comble ! Au contraire, une véritable politique d’égalité des chances reviendrait à créer une véritable « ingénierie » de lutte contre les discriminations sociales et territoriales en déconstruisant les mécanismes de ségrégations sociales et territoriales.
Le Mouvement Républicain et Citoyen, qui a mis la Citoyenneté au cœur de son projet politique, a d’ailleurs des pistes originales pour relancer le pacte républicain dans les quartiers populaires comme entre autres :
     Ø   réforme en profondeur de l’accès à la formation des élites et des classes préparatoires : 10% des meilleurs élèves de chaque lycée en classe préparatoire, développement des passerelles d'accès aux grandes Ecoles via IUT, BTS, Licence,
     Ø inclusion aux contrats d'établissement de toutes les grandes Ecoles publiques ou bénéficiant d'investissements publics d'actions territorialisées type SUPMECA et créations dans ces écoles de classes prépas réservés aux élèves de l'académie.
      Ø le financement des études supérieures sur le modèle des IPES,
      Ø la responsabilité pénale es qualité des DRH en cas de discrimination à l’embauche,
      Ø une réforme de la carte scolaire visant à réintroduire une mixité sociale
      Ø campagne contre le « déterminisme social » et sur l’orientation à l’Ecole…
      Ø l’anonymat des demandes de logements
      Ø construction de bibliothèques de travail permettant de pallier l’inégalité des moyens
      Ø transformation en avoir fiscal de la remise fiscale pour les cours à domicile qui ne bénéficie aujourd'hui qu'aux parents imposables. Les parents non imposables ont donc un ticket perdant-perdant.
 
La dénomination « préfet à l’immigration », mais au-delà la politique du binôme Sarkozy-Borloo, semble nous éloigner d’une véritable prise en compte des causes réelles de l’embrasement de nos quartiers et privilégier une approche ethnique qui aboutira à des solutions inopérantes.
D’ailleurs les fortes mobilisations des personnels du FASILD, de la DIV contre la création de l’ANCSEC montrent bien, qu’au-delà des moyens, c’est un changement de paradigme qui s’opère sous couvert d’égalité des chances. L’égalité des chances ne sera qu’un slogan d’affichage du gouvernement Villepin-Sarkozy comme jadis la fracture sociale si elle ne s’inscrit pas dans une politique cohérente d’accès à la Citoyenneté dont le modèle républicain peut seul garantir la mise en œuvre notamment de ce qu’Eric Maurin nomme justement l’égalité des possibles.
Mais encore faudrait-il renoncer aux dérives d’une partie de la classe politique (droite communautariste et gauche différentialiste) qui ont vidé depuis 20 ans le modèle républicain de son contenu et remettre la méritocratie au cœur de ce dernier.
Alors la crise dans les banlieues pourrait avoir de salutaire une prise de conscience, par la classe dirigeante, de la nécessité de redonner à la France un cadre macroéconomique permettant de résoudre la fracture sociale et territoriale avant qu'elle ne laisse définitivement la place à une fracture nationale, au sens de la Nation citoyenne. Commençons donc à nommer les choses plus justement.
 

Pour me joindre

 

Me contacter à la Région
Rachid ADDA (lien site cridf)
Vice-pdt du Groupe MRC
Conseil Régional d'IDF
34, rue Vaneau
75007 PARIS
> tél : 01 53 85 68 91
> fax : 01 53 85 70 99
> mail : r.adda@wanadoo.fr
 

Contacter le MRC 95 
 
MRC Val d'Oise
42, avenue Pierre Koenig
95200 SARCELLES

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CV express

 

 
Etat civil
- Né le 1er nov 1967 à Sarcelles
- Habite à Sarcelles-Lochères
- Ingénieur structures
- Conseiller régional d'IdF depuis 2004
- Conseiller municipal de Sarcelles depuis 2008

 
*
Fonctions au sein du MRC
- Adhésion au MDC/MRC en 99
- Premier secrétaire fédéral du MRC 95
- Secrétaire national chargé de la Citoyenneté
- Vice-pdt du groupe MRC au Conseil Régional
 
 
*
Parcours associatif
- Ancien vice-pdt d'Agir pour la Citoyenneté (APC)
- Fondateur en 2001 du Cercle Manouchian
- Cofondateur de l'Association AEVEREST.95
- Membre de l'association des anciens élèves du Lycée de Sarcelles
- Membre de l'Amicale des anciens élèves du Lycée Hoche de Versailles
- Membre de l'Association des Amis de l'Institut François Mitterrand
 
 
 
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Représentations de la Région
Membre de la Commission aménagement du territoire, de la Commission des sports, des loisirs et du tourisme et de la Commission de l'environnement et du développement durable.
***
 
- École Centrale Paris (ECP)

- Institut Supérieur des Matériaux (SUPMECA)

- Institut francilien de recherche sur les atomes froids

- Conseil Scientifique de l'Université de Cergy-Pontoise

- Centre hospitalier Roger Prévost

- Comite de lecture audiovisuel

***

- Comite de coordination régionale de l'emploi et de la formation professionnelle

- Conférence régionale pour l'intégration et la lutte contre les discriminations 

- Commission consultative du Plan Régional pour la Qualité de l'Air

- Comité régional de concertation chargé du schéma régional de développement du réseau public de transport d'électricité

***

- Commission Consultative de l'Environnement de l'aérodrome de Paris-CDG (CCE)

- Commission Consultative d'Aides aux Riverains de Roissy-CDG (CCAR)

- Commission départementale de coopération intercommunale 

- Commission départementale de la présence postale territoriale

- Conseil départemental d'insertion du Val d'Oise

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- Greta Val de France

- Lycée de la Tourelle (Sarcelles)

- Lycée Jean-Jacques Rousseau (Sarcelles)

- Lycée Arthur Rimbaud (Garges)

- Lycée Charles Vaillant (Arnouville)

- Lycée Pierre Mendès-France (Villiers-le-Bel)

- Lycée Simone de Beauvoir (Garges)

- Lycée René Cassin (Gonesse)

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- Lycée privé O.R.T. (Villiers-le-Bel)

- Lycée privé Ozar Hatorah (Sarcelles)

- Lycée privé du Saint-Rosaire (Sarcelles) 

- Lycée privé Thorat-Emet (Sarcelles)

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Cursus universitaire
- CPGE Lycée Hoche à Versailles
- Ecole Centrale de Nantes
- Ecole des Mines de Douai
- Ecole doctorale de Lille I
***
- Maîtrise de Méca des fluides
- DEA de Génie Mécanique
- Ingénieur en Mécanique
- Doctorat de Mécanique 
 
 
 
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Centres d'Intérêts
- Astronomie
- Photographie
- Epistémologie
- Littérature (Borges, Ponge, Calvino, Novalis, Goethe, Irving, Aragon, Amrouche)
- Peinture (Turner, Delacroix, Miro, David, Ingres, Matisse, Dürer, Gericault, Watteau)
- Cinéma (Lynch, Scorcese, Welles, Kubrick, Ford, Leone, Sofia Coppola, Chaplin, Verneuil, Lean)
- Musique (The Cure, Joy Division, Cocteaux Twins, Radiohead, Muse, Pixies, Bauhaus, Mano Negra, Clash, The Smiths, Echo and the Bunnymen, New Order...)

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