Drôle de contraste. Député de la 8e du Val-d'Oise depuis 1 997, premier adjoint à la mairie de Sarcelles, Dominique Strauss-Kahn est donc passé de la présidence de la communauté d'agglomération la plus pauvre de France, Val de France, à celle de l'institution internationale la plus richement dotée, le Fonds monétaire international (FMI). Quel bilan tirer de ses deux mandats locaux ? «Son action et son carnetd'adresses ont été essentiels. Il a fait aboutir bon nombre de projets importants et engagé les grands chantiers de rénovation urbaine», souligne François Pupponi. Et le maire de Sarcelles de citer son rôle dans la future ligne de tramway entre Sarcelles et Garges-lès-Gonesse, le déménagement de la sous-préfecture à Sarcelles et l'arrivée de l'Agence nationale des Chèques Vacances. Bien sûr, chez ses adversaires politiques, le bilan est plus nuancé. Premier grief : son absentéisme. «Il n'était pas là lorsqu'il s'agissait de négocier les grands dossiers comme le Sdrif [schéma directeur de la région Ile-de-France] «.explique Michel Aumas, maire UMP d'Arnouville-les-Gonesse et suppléant de Sylvie Noachovitch pour la députation. «Celui qui est décrit comme le meilleur économiste de France n'a été capable ni d'utiliser les zones franches urbaines pour que l'emploi se développe dans nos quartiers ni sa capacité d'intervention nationale pour que les habitants de nos quartiers aient accès au pôle d'emplois de Roissy», considère Rachid Adda, candidat MRC et opposant farouche : «Je crois qu'il s'est davantage servi de l'image de Sarcelles pour gauchir son image libérale que le contraire.»
Vincent Monnier
Paris Obs

