Le C.E.R.E.S., un combat pour le socialisme Affiche du programme commun
A propos d'un livre trentenaire :
de Michel Charzat et Ghislaine Toutain
préface de Jean-Pierre Chevènement
Calmann-Lévy, 1975

Trois ans après la candidature de Jean-Pierre Chevènement à la présidence de la République, son dernier mouvement politique (le Mouvement Républicain et Citoyen), n’en finit pas de survivre à sa mise au ban politique. Il est malgré tout fructueux de se replonger dans l’histoire du courant politique qu’il incarne depuis quarante ans. Il ne s’agit pas bien sûr d’une synthèse générale, le livre a trente ans, mais une forme de bilan après dix ans de lutte politique à l’intérieur de la SFIO puis du PS. Dans cette étude, on observe comment se met en place la stratégie d’influence, bien diminuée depuis, du CERES. Encouragé par son rôle à Epinay en 1971 puis lors de la rédaction du programme du PS « Changer la vie » en 1981, ce n’est que le tournant libéral de 1983 puis la guerre du Golfe qui remettront en cause cette logique de l’influence, définitivement rompue en 1993 avec la création du Mouvement Des Citoyens.
La première partie expose de façon claire et détaillée la genèse du CERES autour des trois fondateurs (Jean-Pierre Chevènement, Didier Motchane et Georges Sarre) puis dresse des tableaux statistiques sur la composition sociologique de ses membres et des cartes montrant leur implantation en France. Nostalgie et impression d’irréalité, au congrès de Pau en 1975, le CERES représente 25% du PS soit entre 30 et 40 000 militants !
La deuxième partie retrace les enjeux de son influence grandissante. En effet, il pousse à l’union de la gauche, par le Programme Commun, seul moyen pour la gauche française d’alors d’espérer arriver au pouvoir. Contre la sociale-démocratie rampante, le CERES se veut le courant de la main tendue à un PCF en régression constante par rapport au PS mais qui reste incontournable.
Enfin dans la troisième et dernière partie, les auteurs reviennent longuement sur le programme politique développé par le CERES. Epoque oblige, c’est un marxisme d’école qui irrigue l’ensemble du projet. François Mitterrand peut bien moquer les « petits bourgeois » du CERES, ceux-ci prennent au mot sa volonté de « rupture avec le capitalisme » (Epinay, 1971). Pour cela, la marche au socialisme nécessite nationalisation, contrôle et planification ; entre la sociale-démocratie et le léninisme, l’objectif est plus que jamais l’autogestion.
Saisissant parallèle avec la situation politique actuelle ; le climat politique s’est profondément apaisé, la fièvre militante des années 70 tranche avec la morosité de notre début de siècle. Par ailleurs les enjeux du débat ont eux aussi complètement changés (France, Europe, régulation, rôle de l’Etat, souveraineté populaire, crise de l’école et de la citoyenneté…) ce vocabulaire était absent en 1975. Depuis cette époque, le CERES est devenu le MDC, le Pôle Républicain puis le MRC mais le livre sur cette transition reste à écrire.
AFLH-JPH
24/11/2005
Source :
http://www.aflh.org
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