De la gauche plurielle à une gauche bien singulière... : où nous conduit François Pupponi après deux ans de gestion municipale (mars 2001-mars 2003)
?
Pendant la campagne électorale municipale 2001, la liste de gauche plurielle PS-PC-Verts, conduite par François PUPPONI, nous affirmait qu’après 6 ans d’efforts demandés aux Sarcellois, le
redressement financier de la ville était enfin effectué et qu’elle allait pouvoir mettre en œuvre un programme municipal ambitieux sur le plan social et culturel pour son deuxième mandat.
Deux ans après, le Budget communal 2003 préparé par le Maire et présenté par son Premier Adjoint montre que la situation financière de la ville
n’a cessé de se détériorer.
Certes, le Budget est présenté en équilibre, mais c’est au prix d’une réduction considérable des services rendus aux Sarcellois (malgré
l’augmentation des impôts effectuée en 2002 par le biais de la suppression des abattements sur la taxe d’habitation, particulièrement injuste puisqu’elle frappe surtout les ménages modestes), et
de l’abandon de la quasi-totalité des investissements communaux.
Ainsi, on en est à réduire les crédits consacrés aux colonies de vacances, ou encore ceux qui devraient permettre l’achat de livres et de
périodiques à la bibliothèque municipale, sans parler de la réduction importante des dépenses du Centre Communal d’Action Sociale (au prétexte fallacieux qu’il n’y aurait pas assez de personnel
pour instruire les demandes d’aide sociale de la population !)
Ainsi, on retarde constamment les constructions d’écoles et de maisons de quartier, les réfections des voiries communales, quand elles ne
peuvent pas être prises en charge par le budget de la Communauté d’Agglomération du Val de France : le Budget 2003 ne permet aucune marge d’autofinancement, même pour le remboursement du capital
des emprunts, en contradiction avec les règles des finances publiques.
Pire la construction d' équipements pourtant aidée par la Région est abandonnée parce que l'on est incapable de fournir la
faible quote-part municipale ou d'assurer le financement du fonctionnement après la construction !
Même s’il présente l’apparence d’un budget équilibré, ce budget semble plus relever de l’acrobatie comptable que d’une situation
assainie. Derrière les chiffres, aucun projet ambitieux porteur d’espérance pour les Sarcellois. Aucune mesure susceptible de leur donner une perspective d’avenir, à un moment où il n’y a rien à
attendre de positif sur le plan social du gouvernement Raffarin et de sa politique ultra-libérale. L’équipe dirigeante municipale se contente de pratiquer la chasse aux subventions nationales et
européennes, qui s’est pourtant révélée au fil du temps infructueuse ou aventureuse, en mettant Sarcelles « sous perfusions ». Conduire un développement conforme aux aspirations
des Sarcellois nécessiterait au contraire de s’appuyer en priorité sur les atouts de sa situation géographique et sur le dynamisme de sa jeunesse et de sa population.
Quand cette équipe dit-elle la vérité aux Sarcellois ?
en
2001 ? en 2003 ? jamais ? Comment en est-on arrivé là ?
On nous dit aujourd’hui que c’est parce que la ville est pauvre, parce que c’est une ville de pauvres ! Ainsi, comme Raymond Lamontagne
hier, le Maire de Sarcelles cherche à esquiver ses responsabilités et tentent de se cacher derrière la pauvreté de Sarcelles, derrière celle de ses habitants, allant même jusqu’à accuser, en
réunion publique, l’incapacité de ses collègues élus ou celle des agents municipaux à faire le travail nécessaire à un bon fonctionnement des services. Un comble !
Cette crise financière, déjà alimentée par les rumeurs démenties de mise sous tutelle, se double d’une crise politique et morale que le dernier
conseil municipal à mise en évidence de façon claire.
En effet, à la lumière du vote du budget, que pouvons-nous constater ?
- Que la droite, engluée dans ses problèmes locaux divers et variés, est disqualifiée par son absence totale à
la séance du vote du budget. Faisant profil bas, elle tente de faire oublier sa part de responsabilité importante dans la situation actuelle et montre aussi qu’elle se désintéresse vraiment du
sort des Sarcellois. Mais de ceux-là nous n’attendions vraiment rien de bon.
- Qu’avec l’intégration, après un an de tractations opaques, de Gérard Uzan au groupe municipal PS (comme la déclaré
publiquement le Maire lors d’une réunion à Chantepie le 19 mars dernier), on peut légitimement se demander si la liste bleue, liste ouvertement communautaire, n’est pas
devenue une composante de fait de la majorité municipale, non assumée politiquement par l’équipe dirigeante. En effet Gérard Uzan avait toujours le pouvoir de son colistier
Charles Soufir lors du vote du budget, budget qu’il a approuvé.
- Que la vassalisation des groupes Verts et Communiste, qui ont une fois de plus voté sans sourciller le budget du Maire et la
caution permanente qu’ils apportent aux pratiques et à la gestion municipales ne peuvent plus être justifiées par l’illusion de « peser de l’intérieur » pour obtenir une politique
municipale conforme aux engagements pris devant les sarcellois.
- Que les élus socialistes se voilent la face devant l’abandon un à un des idéaux de justice et de fraternité auxquels ils
disent se référer dans cette ville qui, au lieu d’être « un modèle de gestion socialiste » est devenue de fait le laboratoire des pratiques clientélistes et de l’américanisation des
mœurs politiques.
- Que l’élue UPC (lors de sa première participation après l’invalidation du précédent titulaire) se complaît dans l’ambiguïté
et l’aventure en acceptant, pour le vote du budget, le mandat de JC Mestre (chef de file des élus de droite condamné pour détournement de biens publics). Les dirigeants de cette liste qui avait
pu incarner un certain espoir collectif il y a 2 ans, réduiraient-ils la politique à un assemblage d’ambitions et d’intérêts personnels, jouant ainsi les apprentis-sorciers adeptes de
l’adage : « la fin justifie les moyens » ?
Sans regretter d’avoir appelé les Sarcellois à voter pour cette liste aux élections municipales de 2001, le MRC ne peut que condamner l’attitude des représentants UPC. Il préfère
souligner le courage de certains élus et anciens élus, tant communistes que socialistes, qui n’ont pas hésité ces derniers mois, et encore à l’occasion du vote
du Budget 2003, à dénoncer la gestion et les pratiques municipales actuelles. Leur attitude courageuse mérite d’autant plus d’être soulignée qu’elle leurs a
valu d’être stigmatisés et sanctionnés dans leurs propres partis et de devoir renoncer à certaines prérogatives liées à leur fonction.
Nous espérons que d’autres, déjà conscients mais encore silencieux, les suivront dans cette voie, car la véritable attitude
responsable est d’oser dire non, c’est-à-dire : remettre de la morale dans la vie politique sarcelloise.
C’est d’ailleurs pour cette raison que, lors des élections municipales de 2001, le Mouvement Républicain et Citoyen
avait choisi ne pas participer à la liste Pupponi, alors qu’il acceptait de s’associer, dans bien d’autres villes, à des listes de l’ex-Gauche Plurielle : pour nous,
il était déjà clair que cette équipe ne portait, ni un programme vraiment de gauche, ni une conception républicaine des pratiques politiques.
Nous savons bien que nombreux sont ceux qui se rendent compte qu’ils ont été trompés.
C’est pourquoi nous travaillons pour que ces prises de conscience individuelles grandissent et débouchent sur une démarche collective :
nous sommes disponibles pour une reconstruction républicaine de la gauche. Pour que Sarcelles rayonne comme elle le mérite et que tous ses habitants sans exclusive retrouvent enfin une espérance.
Rachid Adda
Président du MRC - Pays de France