Article publié dans le Parisien du 8 novembre 2005 « La République n'est pas juste avec tous ses enfants »
RACHID ADDA, conseiller régional (MRC), reçu hier par Nicolas Sarkozy 
MAGHRÉBIN, ingénieur, conseiller régional (MRC) d'Ile-de-France, Rachid Adda est aussi né et a grandi à Sarcelles, où il vit toujours. Grande gueule, il ne mâche pas ses mots, qualifie la visite de Nicolas Sarkozy à Argenteuil, de « safari électoral », mais ne manque pas d'idées non plus pour changer le quotidien des quartiers. Autant d'attributs qui faisaient de lui un candidat idéal à la réunion des « issus de l'immigration » organisée hier midi au ministère de l'Intérieur, place Beauvau, à laquelle participait égale- ment Ahmed Guenad, élu (UMP) à Garges- lès-Gonesse. Nicolas Sarkozy voulait entendre ces élus blacks et beurs, ces responsables d'as- sociation, pour mieux prendre le pouls de cette France aux visages multiples. Et entendre leurs idées. Rachid Adda, virulent contre toute discrimination positive si chère au ministre de l'Intérieur, milite, avant toute chose, pour une réforme de la carte scolaire et un recrutement des meilleurs professeurs pour les quartiers. « Il n'est pas normal que le meilleur élève du lycée de Sarcelles n'intègre pas une classe préparatoire, alors que le vingt-cinquième d'une classe à Paris y entrera. Cette discrimination est aussi valable pour un patelin rural du nord de la France, insiste-t- il. Tout le monde n'a pas la même chance au départ. La République n'est pas juste avec tous ses enfants.» L'ascenseur social, dont il a bénéficié, est-il en panne ? «Non, il est seulement bloqué par quelqu'un qui appuie sur le bouton et l'empêche de monter.» Les responsables ? « Les entreprises», réticentes à employer les habitants des quartiers et les diplômés aux noms d'origine étrangère. Voilà pourquoi l'élu chevènementiste propose que les « DRH (directeurs de ressources humaines) soient responsables pénalement en cas de discrimination. Ce rejet est l'une des causes du sentiment d'abandon». En vrac, il propose aussi au ministre de « créer un ministère de la Promotion sociale. La cohésion sociale sans la promotion, ça ne marche pas».
Emeline Cazi

