La concentration des gaz à effet de serre dans l'atmosphère de notre planète atteint aujourd'hui un niveau supérieur à tout ce qu'elle a connu depuis plus d'un demi million d'années. Démarrée au début de l'ère industrielle, vers les années 1880, cette hausse est essentiellement due à l'accumulation des émissions croissantes de gaz carbonique et de méthane résultant de l'activité humaine. Si nous ne faisons rien, cette hausse va se poursuivre.
En très grande majorité les experts qui observent et étudient ces phénomènes sont formels : sauf à réduire les émissions, notamment celles de gaz carbonique, d'un facteur au moins égal à 2, notre globe verra sa température moyenne augmenter de plusieurs degrés au cours du présent siècle. Une telle augmentation de température, comparable en ordre de grandeur à celles qui ont suivi les périodes glaciaires, mais qui se produira de façon beaucoup plus rapide, aura des conséquences majeures sur le climat. Les conséquences qui en résulteraient sur notre santé, la végétation et les productions agricoles, le niveau des mers, les espèces vivantes, etc. sont évidemment plus difficiles à cerner, mais nul ne peut exclure que des évolutions irréversibles catastrophiques, allant jusqu'à mettre en cause les conditions de vie de l'espèce humaine, puissent se produire. Qu'attendons-nous pour agir face au réchauffement climatique qui nous menace ? Il nous faut limiter les émissions de gaz à effet de serre par tous les moyens à notre disposition.
Si des économies d'énergie importantes sont possibles et souhaitables dans les pays développés, il est impossible d'exiger des efforts similaires de la part des pays en voie de développement. Sauf récession économique catastrophique, la consommation énergétique mondiale va continuer à croître. Il est donc capital de mettre en oeuvre, chaque fois que cela est possible, des techniques de production d'énergie ne faisant pas appel aux combustibles fossiles. De telles techniques existent dans le domaine de la production d'électricité pour les réseaux centralisés : énergie nucléaire, hydroélectricité, éolien. Le solaire photovoltaïque est particulièrement bien adapté aux sites isolés et aux pays dont le réseau de distribution électrique est peu développé. Le solaire thermique, la géothermie, la biomasse bien gérée, les pompes à chaleur doivent prendre davantage de place pour le chauffage des locaux et la production d'eau chaude. Les transports demeureront encore longtemps les plus tributaires des combustibles fossiles ; il n'en est que plus important de rechercher d'autres solutions : développement des transports en commun, véhicules électriques, utilisation de l'hydrogène produit par électrolyse ou décomposition thermochimique de l'eau.
Face aux grands pays en émergence qui vont, par nécessité et comme nous l'avons fait au cours des deux siècles passés, fonder leur développement sur le charbon, le gaz et le pétrole, et donc (sauf aboutissement suffisamment rapide des études en cours sur la séquestration du gaz carbonique) voir croître leurs rejets de gaz carbonique, les pays développés doivent démontrer que la limitation des émissions de gaz à effet de serre grâce aux technologies modernes est possible, sans handicap économique majeur et sans diminution de qualité de vie. La France (qui, grâce au nucléaire, a déjà une position enviée, avec des émissions de 6 tonnes de gaz carbonique par tête et par an, contre 10 en Allemagne et 20 aux États-Unis) doit continuer à montrer l'exemple.
Il est temps que les Français se convainquent que l'objet du débat énergétique n'est pas de savoir s'il faut ou non « sortir du nucléaire » (un nucléaire qui, maîtrisé comme il l'est dans nos pays, ne présente que des risques minimes comparés à ceux des gaz à effet de serre), mais plutôt de savoir comment « limiter le plus possible ces combustibles fossiles qui menacent notre climat » (et non pas « sortir des combustibles fossiles », car ce serait totalement irréaliste). Nous appelons nos concitoyens et nos dirigeants à engager une politique volontariste et décidée, à la fois d'économies d'énergie et de développement de l'énergie nucléaire et des énergies renouvelables. Une telle politique est la seule qui puisse raisonnablement garantir à notre génération et aux générations futures le maintien de conditions climatiques acceptables et prévisibles.
Georges Charpak *, Pierre-Gilles De Gennes * et Jean-Marie Lehn **
* Prix Nobel de physique ** Prix Nobel de chimie.
Prix Nobel
M. Georges Charpak, Académicien des Sciences, Prix Nobel de Physique, Paris France
M. Pierre Gilles De Gennes Académicien des Sciences, Prix Nobel de Physique, Paris France
M. Jean Marie Lehn Académicien des Sciences, Prix Nobel de Chimie Strasbourg France
Parlementaires
Mme Roselyne Bachelot, Députée européenne, ancienne ministre de l'environnement, Strasbourg France
M Jean-Pierre Chevènement ancien ministre, Maire de Belfort, Belfort France
M. Michel Destot Député-Maire de Grenoble, Grenoble France
Mme Françoise Dutheil, Secrétaire Nationale du Parti Radical Neuilly S/Seine France
M. Jean Yves Le déaut Député de Meurthe et Moselle, membre de l'OPECST Briey France
M. Michel Rocard, ancien Premier Ministre, Paris France
Académiciens
M Roger Balian, Académicien des Sciences , MeudonFrance
M André Berger, Membre des Académies des Sciences de France et de Belgique, Louvain-La-NeuveBelgique
M. Jacques Blamont, Académicien des Sciences, Paris France
M Edouard Brézin, Vice-Président de l'Académie des Sciences Paris France
M. François Gros, Académicien des Sciences Paris France
M. Pierre Depommier, Royal Society, Montreal Quebec
M Robert Guillaumont, Académicien des Sciences, Palaiseau France
M. Pierre Joliot, Académicien des Sciences, Paris France
Mme Helene Langevin-Joliot chercheur CNRS retraitée Antony France
M. Pierre Léna, Académicien des Sciences Paris France
M. James Lovelock, Membre de la "Royal Society" UK
M Roland Masse, membre de l'Académie des technologies et de l'Académie de médecine Saint Michel Sur Orge France
M. Yves Quéré, Académicien des Sciences, Paris France
M. Guy Ourisson, Académicien des Sciences,, Strasbourg France
M Paul - Henri Rebut, Académicien des Sciences, Paris France
M. Ionel Solomon, Académicien des Sciences, Palaiseau France
M. Maurice Tubiana, Président honoraire de l'Académie de Médecine, Académicien des Sciences Paris France
et :
M. Rachid Adda ingénieur, conseiller régional d'Ile-de-France Sarcelles France
M Jean Claude Artus Professeur d'Université Montpellier Cedex 5 France
M Claude Aufort Ingénieur retraité Besné France
M Pierre Bacher retraité EDF Brazey-en-plaineFrance
M. Sébastien Balibar, directeur de recherches CNRS, Paris France
M Francois Brut Professeur d'université MEYLAN France
M Bruno Cadez Journaliste, La Madeleine France
M Remy Carle, retraité EDFSceauxFrance
M. Jean-pierre Chaussade, Ancien cadre supérieur à EDF, Paris France
M Michel Chevalier Ingénieur retraité GrenobleFrance
M. Gérard Claudet, Conseiller Scientifique C.E.A, La Tronche France
M Gilles Cohen-Tannoudji Ingénieur CEA Retraité, Paris France
M. Johann Collot, Professeur et Directeur de recherches, Grenoble France
M Bruno Comby Ecrivain Houilles France
M Jean-Noël D'Acremont, Président Chambre de Commerce et d'Industrie de Saint Nazaire, Saint Lyphard France
M Henri De Choudens Ingénieur retraité Grenoble France
Mlle Ariane De Dominicis ingénieur Paris France
M Alain De Tonnac Retraité Paris France
M Francis Decool Ancien directeur CEA et COGEMA France
M Jean-François Delahais ancien député Saint-Egrève France
M Jacques Foos Professeur Paris France
M Jacques Frot Ingénieur retraité PARIS France
Mr Friedrich Goennenwein professor Tuebingen Allemagne
Mme Dominique Gorse-Pomonti Directeur de Recherche au CNRS Vitry Sur Seine France
M Alain Gourod consultant MeudonFrance
M Dominique Goutte Directeur du GANIL France
M Daniel Guerreau Chercheur Caen France
M Claude Guet Physicien Gif sur Yvette France
M Etienne Guyon professeur honoraire Université Paris Sud France
M Olivier Herz Ancien responsable ministériel France
M Bernard Jacrot Physicien Cucuron France
M Jean-Marc Jancovici ingénieur Orsay France
M. Patrick Jourde conseiller scientifique CEA Aix en Provence France
M. Saïd Koutani Physicien – Auteur Amiens France
M. Guy Léger Président du mouvement national de lutte pour l'environnement MNLE) Pantin France
M Bernard Lerouge Physicien Saint-Germain-En-Laye France
M. Jean-marie Loiseaux Retraité- Physicien Nucléaire et Physique des réacteurs Meylan France
M. Roger Maynard Professeur Grenoble France
M Jean-Pierre Meulders Professeur d'université Wavre Belgique
M Jacques Mondin Cadre retraité Grenoble France
M Alex Mueller Directeur de Recherches CNRS Breuillet France
M. Christian Ngô Délégué général d'ECRIN ParisFrance
M Hervé Nifenecker Physicien Vizille France
M Jean-Pierre Pervès Ingénieur Bures-Sur-Yvette France
M Jacques Pradel Ingénieur conseil Paris France
M.Ari Rabl ingénieur Paris France
M Georges Ripka physicien retraite France
M Michel Rozenholc Ingénieur conseil ParisFrance
M Michael Schneeberger INGENIEUR PHYSICIEN Linz A/DAutriche
M Michel Suscillon ancien Directeur au CEA Meylan France
Mme Annick Suzor-Weiner Professeur Orsay France
Mlle Nicole Touquoy-morichaud RETRAITEE CNRS PARIS France
M Georges Vendryes directeur honoraire des applications industrielles du CEA Rocquencourt France
M Frédéric Vergez Technico-Commercial, Conseiller Municipal, ancien conseiller régional St Egrève France
M. Jean Vervier professeur émérite à l'Université de Louvain LIMAL Belgique
M. Daniel Zenatti Ingénieur Veurey-Voroize France
M Pierre Zettwoog Chercheur France
Mercredi 27 décembre 2006
La multiplication des candidats aux législatives de 2007, jusqu'ici non encore implantés localement, sur la 8e circonscription (Garges-Sarcelles-Villiers-le-Bel) n'est pas du tout du goût de Rachid Adda, lui-même en lice pour décrocher un fauteuil à l'Assemblée.
« Hier, l'UMP annonçait la candidature d'une avocate très médiatisée (NDLR : Sylvie Noachovitch), dont on aurait aimé qu'elle vienne à Sarcelles avec l'équipe de son émission pour qu'enfin les habitants récupèrent l'argent dilapidé par la droite, absente depuis du débat politique municipal.
Aujourd'hui, un intellectuel UDF estimable par ailleurs (NDLR : Claude Ribbe) annonce depuis des salons feutrés parisiens sa candidature. Considérer les villes de banlieues populaires comme des terres propices à des parachutages électoraux opportunistes a largement contribué à la défiance croissante des habitants des quartiers populaires vis-à-vis du politique et à leur désaffection des urnes », critique le bouillonnant conseiller régional chevènementiste, insistant sur sa qualité de « natif et habitant de Sarcelles ».
Natif et habitant de Sarcelles, Rachid ADDA dénonce le bal des parachutés dans la huitième circonscription : « qu’on laisse les habitants construire durablement et tranquillement leur avenir commun dans la Cité ! »
Il y quelques jours, l’UMP annonçait la candidature d’une avocate très médiatisée. Les Sarcellois auraient d'ailleurs préféré qu’elle vienne à Sarcelles avec l’équipe de son émission pour qu'ils récupèrent, sans aucun doute, l’argent dilapidé sous une précédente mandature par une droite, absente depuis du débat politique sarcellois.
Aujourd’hui un candidat UDF, intellectuel estimable par ailleurs, annonce à partir de salons feutrés parisiens sa candidature alors que la tribu K nous menace d’amener à Sarcelles un conflit civilisation à l’occasion de l’élection municipale. Demain qui sait, comme en 2002, un comique-troupier viendra à nouveau faire sa promotion commerciale à Sarcelles perturbant au passage les repères d'une partie de la jeunesse.
Ce qui est juridiquement possible, au sens du code électoral, n’en demeure pas moins politiquement critiquable au regard du code de l’éthique républicaine et de l’attente des habitants concernés.
Considérer les villes de banlieues populaires comme des terres propices à des parachutages électoraux opportunistes, sans se soucier des lendemains qui déchantent pour la population, a largement contribué à la défiance croissante de nos concitoyens vis-à-vis du politique et à leur désaffection des urnes.
Le fond du problème est que nos communes de banlieues populaires et particulièrement Sarcelles, dépassée par une image erronée véhiculée complaisamment par les médias et certains élus locaux, sont devenues, malgré elles, un terrain de jeu médiatique pour des candidats opportunistes qui font un coup et puis s’en vont.
Une campagne médiatique ne doit pas remplacer le nécessaire débat sur les questions de fond importantes comme la Citoyenneté, l’accès à l’emploi, la lutte contre les discriminations et l’émergence de nouvelles formes de racismes (négrophobie, islamophobie…), l’éducation, la solidarité des territoires et la péréquation fiscale, l'avenir des services publics, l’amélioration du cadre de vie et de l’habitat…
Nos quartiers et nos concitoyens méritent, comme partout en France, des élus présents qui les écoutent et qui les servent au quotidien, et non de personnalités supposées providentielles qui s’en servent [ou s'en sont servis] comme tremplin vers des cieux supposés meilleurs.
Il existe dans nos quartiersdes hommes et femmes de qualité, capables de rassembler sur un projet fédérateur, à la hauteur des enjeux locaux complexes et pouvant en être des représentants dignes à l’Assemblée Nationale.
Ce n’est pas par médias interposés ou par la bataille de l’image, en utilisant Sarcelles comme une scène médiatique, que l’on pourra durablement améliorer la vie quotidienne de nos concitoyens. Une fois la lumière éteinte, ce serait encore les habitants de nos quartiers qui en payeraient les pots cassés.
Nous devons avoir à l'occasion de ces élections un débat de fond afin de co-élaborer avec nos concitoyens une morale de l’action soucieuse de l'intérêt général.
Vendredi 22 décembre 2006
Publié le 21 décembre 2006
Treize ans qu'il n'était pas venu. Mardi soir, Jean-Pierre Chevènement a fait son retour dans la salle du Bureau national du Parti socialiste, siégeant en formation de comité de campagne de Ségolène Royal. C'était la première fois que ce membre fondateur du parti d'Epinay y remettait les pieds depuis qu'il l'avait quitté, en 1993, comme il l'a lui-même rappelé, sur un désaccord politique à propos du Traité de Maastricht.
Dans la salle, les jospinistes verdissent. Chevènement, à leurs yeux, est le premier responsable de la déroute de Lionel Jospin le 21 avril 2002. Alors, l'entendre «donner des leçons sur ce qu'il faut faire et ne pas faire dans une campagne électorale», c'était fort de café.
En revanche, un partisan du non à la Constitution européenne se félicite qu'il soit venu dire que la campagne devait certes s'appuyer sur les territoires mais aussi avoir une «tonalité nationale» et aussi «laïque».
«Hollande a parlé de l'actualité, Rebsamen de logistique, Sapin de trésorerie. Royal des retours du terrain. Chevènement est le seul à avoir parlé politique. Il n'a pas mangé son chapeau, et personne ne l'a repris», ajoute-t-il.
Dimanche 17 décembre 2006
"Stopper la marginalisation de l'Europe", par JP Chevènement
publiée dans le journal La Tribune / vendredi 15 dcembre 2006
L'Europe de Jean Monnet, avant tout économique, s'est dissoute dans la mondialisation. De là naissent son incapacité à peser et sa progressive marginalisation. La dissolution de l'Europe économique a commencé avec la libre circulation mondiale des capitaux prévue dans l'Acte unique de 1986 et effective dès 1990. Les réglementations nationales ont disparu. L'espace européen a laissé la place à la mondialisation financière. Six ans plus tard, l'adoption du traité de Maastricht s'est traduite par l'abrogation de la " préférence communautaire " au profit d'un libre-échange mondial. Cette option s'est concrétisée à la conférence de Marrakech de 1995 fondant l'OMC et sacralisant aussi bien le multilatéralisme planétaire que la prédominance des règles commerciales sur toute autre forme de normes internationales, notamment sanitaires, sociales ou environnementales.
L'euro vulnérabilise l'Europe La béance du traité de Maastricht en matière de politique de change de l'euro n'a fait qu'amplifier la vulnérabilité de l'Europe. La zone euro est focalisée sur la lutte contre l'inflation et les déficits publics, la Commission européenne sur la déréglementation des services publics ou sur la concurrence intra-européenne au moment où se forment des oligopoles mondiaux dans tous les secteurs. Les résultats sont éloquents : l'Europe des Vingt-Cinq représente 20 % du produit mondial, la même chose que l'Europe des Neuf en 1972. Les élargissements successifs n'ont fait que contrebalancer l'affaiblissement relatif de l'économie européenne. Pendant ce temps, les États-Unis restaient stables à un niveau comparable et la Chine explosait de 3 % à 15 %. L'absorption d'Arcelor par Mittal est un pied de nez à l'intention des fondateurs de la Ceca (Communauté européenne du charbon et de l'acier).
Mais l'événement emblématique, encore à venir, est la fusion annoncée des Bourses de New York et de l'ensemble constitué par Euronext. Dans le même temps, l'euro fort accentue les difficultés d'EADS ou des constructeurs automobiles. Les délocalisations stigmatisées par la plupart des responsables politiques ne sont que le résultat de politiques européennes qu'ils ont cautionnées. Le référendum du 29 mai 2005 a montré l'urgence d'une réorientation économique de la construction européenne au service de la croissance et de l'emploi. Celle-ci doit permettre le dépassement du clivage entre le oui et le non souhaité par Ségolène Royal. C'est d'ailleurs le sens de l'accord MRC-PS du 10 décembre 2006. Tout d'abord, la préférence communautaire doit être rétablie et les règles de l'OMC soumises à la prééminence des normes sanitaires, sociales ou environnementales adoptées par les organisations rattachées à l'ONU comme la FAO, l'OMS ou l'OIT. Les normes découlant du protocole de Kyoto devraient y être assimilées. Ensuite, un nouveau traité devrait prévoir une clause anti-dumping social analogue à la législation américaine de sanction commerciale discriminatoire (section 301 du Trade Act de 1974) que l'OMC a jugée valide sous réserve d'utilisation non abusive.
En contrepartie, il conviendrait d'ouvrir sans aucune restriction tous les marchés de l'Union aux pays les moins avancés, notamment ceux d'Afrique, du Pacifique et des Caraïbes auxquels l'Histoire nous associe. Tandis que le cycle de Doha est englué, et au lieu de gloser sur les aspects positifs ou non de la colonisation, cette mesure viendrait concrétiser une volonté politique constructive et tournée vers l'avenir. En troisième lieu, l'Europe ne fera pas l'économie d'une relance de politiques productives sur le modèle des premiers traités européens, notamment en matière de recherche-développement ou de grands travaux d'infrastructure. Cette relance doit concerner des secteurs stratégiques : l'énergie, l'agriculture, le spatial, les biotechnologies, l'électronique de pointe, l'armement...
Gouvernement économique. Les règles de concurrence ne seraient, bien sûr, plus opposables à ces politiques sectorielles délibérées en commun et démocratiquement contrôlées. Il conviendrait par ailleurs de reconnaître une certaine liberté d'organisation des services publics dont la déréglementation n'a donné que des effets négatifs : dégradation des infrastructures et hausse générale des prix. Le plus important est la mise en oeuvre d'un véritable gouvernement économique de la zone euro, assurant une policy-mix cohérente et fixant les objectifs de change, de croissance et d'inflation. Dans le cadre de ces objectifs, la BCE fixerait le taux d'intérêt en rendant compte à l'Eurogroupe ainsi qu'aux différents Parlements européen et nationaux. Enfin, la réorientation de la construction européenne s'appuierait sur la libéralisation des coopérations renforcées. La relance européenne nécessaire ne peut se faire qu'à " géométrie variable ".
Jean-Pierre Chevènement
président d'honneur du MRC
Communiqué de Georges Sarre, Premier secrétaire national du MRC / 13 déc. 2006
La conférence sur l’emploi et les revenus se tient aujourd’hui. Le Mouvement Républicain et Citoyen s’en félicite, bien que nous déplorions que celle-ci, promise pour mars 2006, intervienne tard, à un moment où le gouvernement ne peut plus faire grand chose.
Nous ne nous attendons pas à ce que cette conférence soit à la hauteur de l’espérance de nos concitoyens. Néanmoins, tout engagement des entreprises sur une hausse de l’emploi et des salaires sera bonne à prendre.
Pour autant, la mondialisation nous confronte à d’immenses défis : alors que le salaire horaire d’un Chinois égale 3% seulement du salaire horaire d’un Français, la libéralisation outrancière et les nouvelles technologies permettent aux entreprises de délocaliser leurs activités avec une facilitée inégalée.
Aussi aucune hausse de l’emploi et des revenus ne sera-t-elle durable si les élections présidentielles 2007 ne débouchent pas sur une remise en cause de la politique économique actuelle, enserrée dans le carcan européen :
- Une autre politique monétaire : la BCE doit prendre en compte la compétitivité de l’euro qui, après avoir gagné 60 % sur le dollar, est trop cher.
- Une autre politique commerciale : l’Europe doit revoir ses tarifs douaniers sur les produits manufacturés, qui s’élèvent en moyenne à 4% et font subir à nos productions une concurrence intenable.
- Une autre politique budgétaire : les Etats doivent pouvoir investir dans l’avenir (éducation, R&D, infrastructures) sans les limites posées par le Pacte de stabilité.
- Une autre politique du capital : la finance doit être mise au service de la croissance et de l’emploi.
Reduire les nuisances !
Protéger les riverains des aéroports franciliens impose des alternatives durables au tout Roissy -Orly
De nombreux Franciliens sont victimes des nuisances aériennes. Les réduire est une préoccupation des élus régionaux chevènementistes.
A ce titre nous refusons le Plan d’Exposition au Bruit de Roissy, soumis actuellement à enquête publique, car il formalise une hausse du trafic, et les effets de l’abandon du 3ème aéroport par le gouvernement UMP.
De même nous exigeons, avec Daniel Guérin, le respect du plafond du nombre de mouvements et du couvre feu à Orly, l’arrêt des vols de nuits à Roissy et un financement plus adapté de l’aide à l’insonorisation des riverains. Il est temps, enfin, de mettre en oeuvre des alternatives durables au tout Roissy–Orly–Le Bourget.
Le groupe MRC est intervenu pour que ces principes soient inscrits dans le futur schéma directeur de la Région. La balle est désormais dans le camp de l’Etat.
Rachid ADDA
Vice président du groupe MRC au CRIdF
Membre de la CCAR de Roissy-CdG
Jean-Pierre Chevènement : « Une éthique de la responsabilité », L'Hebdo des socialistes, mercredi 13 décembre.
Quelles sont les raisons de votre ralliement à la candidature de Ségolène Royal ?
Jean-Pierre Chevènement : Je récuse le terme de ralliement. Parlons plutôt d'un accord politique au terme duquel j'ai accepté de retirer ma candidature et de soutenir Ségolène Royal pour créer une dynamique dès le premier tour. Le MRC et le PS ont en commun une histoire, mais aussi un contentieux, portant notamment sur l'Europe. , mercredi 13 décembre. Je récuse le terme de ralliement. Parlons plutôt d'un accord politique au terme duquel j'ai accepté de retirer ma candidature et de soutenir Ségolène Royal pour créer une dynamique dès le premier tour. Le MRC et le PS ont en commun une histoire, mais aussi un contentieux, portant notamment sur l'Europe.
À bien des égards, celui-ci a été tranché par le peuple français, le 29 mai 2005, qui s'est prononcé contre le projet de Constitution européenne. Cette contradiction est motrice à partir du moment où, dans le texte de l'accord politique, il n'est plus question de ratification du texte rejeté, et où la réorientation économique de l'Europe est posée en termes clairs, via l'instauration d'un gouvernement économique de la zone euro et la réforme des statuts de la Banque centrale européenne (BCE). Nous considérons que les conditions sont réunies pour une campagne commune. Nous avons pris soin, avec Ségolène Royal, puis François Hollande, d'améliorer le texte, à partir d'une mouture élaborée entre nos deux partis dès le mois de juin. Après une suspension de plusieurs mois, les négociations ont repris la semaine dernière pour aboutir à cet accord. Compte tenu de la configuration actuelle et de la faiblesse probable de nos alliés au second tour, il m'a semblé souhaitable de créer une forte dynamique de premier tour. C'était clairement le vœu de Ségolène Royal qui s'est déclarée convaincue de la nécessité d'agir avant les fêtes, au lieu d'attendre le mois de mars et l'enregistrement des parrainages devant le Conseil constitutionnel ou le soir du premier tour. J'ai donc choisi de privilégier cette dynamique dès lors que notre accord portait aussi sur des points essentiels à nos yeux, tels que la politique industrielle et énergétique, la République et ses valeurs, la sécurité, la laïcité, l'égalité devant la loi, y compris en Corse, l'accès de tous à la citoyenneté… La discussion a été serrée sur le problème des institutions. Nous souhaitons, en effet, que la responsabilité soit clairement située dans l'État. Le texte élaboré est convenable.
Enfin, la dernière partie du texte touche à la politique extérieure et à la défense. Elle nous satisfait pleinement dans la mesure où nous refusons ensemble une justice internationale à deux vitesses et où nous nous déclarons favorables à une réorientation de notre politique extérieure en direction du Sud et notamment de l'Afrique, autour du principe de co-développement. En résumé, ce texte est une bonne synthèse, en dépit des différences de sensibilité qui nous séparent parfois sur la question de la Nation. Nous pensons, en effet, au même titre que Jaurès, qu'un peu d'internationalisme éloigne de la patrie et que beaucoup y ramène. Et que l'Europe doit se construire à partir des peuples pour retrouver le sol ferme de la démocratie qui vit dans les nations et renouer le lien entre nos concitoyens et les centres de décision qui aujourd'hui leur échappent. Ce débat n'est sans doute pas clos. Ségolène Royal saura, j'en suis sûr, provoquer le rassemblement unitaire de la gauche. Ceux qui se disent anti-libéraux éprouvent les plus grandes difficultés à trouver un accord. Notre entente leur offre une perspective positive dans la mesure où ils peuvent voir en moi, bien que républicain, un représentant incontestable et conséquent de l'antilibéralisme.
Quels sont les termes de cet accord ?
Il comprend trois volets essentiels. La relance économique et la lutte contre le chômage à travers la réorientation de l'Europe, d'abord. La République relevée, ensuite, et la voix retrouvée de la France en Europe et dans le monde. Un volet électoral, enfin. Certains, hypocritement, font mine de croire que cet accord est justifié par des considérations électorales. C'est absurde. Les idées sont toujours défendues par des hommes et des femmes. Le plus important, dans l'immédiat, c'est la dynamique présidentielle. Les législatives viendront ensuite. J'observe, par ailleurs, que ceux qui évoquaient, il y a quelques années, un « virage à droite » à mon sujet sont les mêmes qui aujourd'hui critiquent en termes analogues Ségolène Royal, au motif qu'elle défend des positions de bon sens, en refusant, notamment, d'opposer prévention et répression. Les deux doivent aller de pair. La sanction est un rappel pédagogique à la règle. Ségolène a du charisme et du caractère. Elle l'a démontré. Le devoir de ceux qui jouissent d'une certaine expérience – et la mienne est longue – est de se mobiliser pour la soutenir dans cette bataille.
Votre nom est indissociable de l'histoire du Parti socialiste jusqu'à votre rupture. Cette campagne est-elle synonyme, pour vous, de retrouvailles ou d'un mariage de raison ?
Chaque fois que le Parti socialiste et sa composante républicaine ont trouvé un accord, la suite des événements a été favorable à la gauche. Ainsi entre le Congrès d'Épinay, en 1971, l'élaboration du programme du PS, dont François Mitterrand m'a chargé, et les législatives de 1983. Notre mise à l'écart, en 1975, a débouché sur l'échec de 1978. Nous nous sommes retrouvés à Metz, deux ans avant l'alternance de 1981, avant de nous éloigner à nouveau à partir de 1983. Après le traité de Maastricht, j'ai considéré qu'il était plus honnête de militer en dehors du Parti, en créant le Mouvement des citoyens (MDC). Ce qui ne nous a pas empêchés de nous retrouver en 1995, au profit d'une dynamique positive qui a joué entre 1997 et 1999. Nous avons ensuite été marginalisés, pas seulement sur la Corse, mais aussi sur la Constitution européenne, la lutte contre la délinquance ou bien encore la libéralisation des services publics et la politique industrielle. Dès lors que la gauche plurielle s'est montrée incapable de se retrouver sur un projet cohérent, l'échec, en 2002, a suivi. Si nos familles politiques s'étaient trouvées unies, ce que je souhaitais, nous aurions sans doute évité la déconvenue du 21 avril. L'alliance du PS et du courant républicain, qui fait partie de notre héritage commun, s'est toujours révélée positive, voire structurante, en suscitant une véritable éthique de la responsabilité. Je suis heureux qu'elle soit à nouveau possible aujourd'hui, même si l'histoire ne s'arrête pas au soir du 10 décembre 2006, date de la ratification de notre accord politique. À charge, pour nous, de démontrer qu'il s'agit là, comme l'a dit Ségolène Royal, « d'une alliance de long terme, de mouvement à mouvement, de personne à personne, qui produira ses fruits dans la durée ». Je ne doute pas que ce soit possible. J'étais, le 12 décembre, dans le Pas-de-Calais, à Douvrin, avec Odette Duriez, il y avait un enthousiasme communicatif. On sentait qu'un élan avait été créé. Je continuerai, bien entendu, à être sur le terrain. Ségolène Royal m'a proposé de désigner des représentants au comité de campagne et au comité politique, ainsi que de son intention de me convier à des rencontres utiles, par exemple avec le président de l'Eurogroupe. J'ai toujours cherché à orienter le Parti socialiste dans la bonne direction. J'ai appelé, dans un passé récent, à des états généraux de la gauche. J'espère que sur la base de la dynamique de notre campagne, ce désir pourra devenir un jour réalité. L'alliance de nos deux partis passe par un respect mutuel. Soyons clairs : je n'accepte pas d'être le bouc émissaire du 21 avril. C'est trop facile. Les causes de notre échec sont plus profondes que la dispersion des voix de la gauche au premier tour. Elles étaient avant tout politiques. Nous devons avoir la lucidité de le reconnaître. Nous pourrons alors tourner la page de manière positive et en écrire une autre, dynamique, tournée vers l'avenir et la reconquête.
Vous évoquez les délocalisations. Ne vont-elles pas jouer un rôle déterminant dans cette campagne ?
C'est même le principal problème. Dans la mondialisation actuelle, nous nous retrouvons coincés entre, d'une part, les États-Unis, avec le privilège du dollar qui permet aux Américains de drainer 80 % de l'épargne mondiale et, d'autre part, la montée des pays émergents à très bas salaires qui n'ont pas de système de sécurité sociale et ne reconnaissent pas la liberté syndicale. Si leur développement est légitime, il doit tenir davantage compte des besoins de leur population. Raison pour laquelle nous devons concevoir le progrès social à l'échelle de la planète, sans pour autant nous laisser enfermer dans un étau entre la Chine et les États-Unis. L'Europe doit s'organiser et se défendre. Une clause défensive anti-dumping social, qui figure dans notre accord sur le modèle d'une clause américaine analogue parfaitement reconnue par l'OMC, serait utile, au même titre qu'une politique de change offensive. Le problème monétaire est fondamental, même s'il est difficile à faire comprendre. Au nom d'une concurrence faussée, l'Europe s'est privée de toute espèce de protection. Il est temps de remettre les pendules à l'heure, en y mettant de la volonté politique et de fortes convictions. Ce qui suppose de susciter le débat non seulement en France mais dans toute l'Europe sur la nécessaire réorientation de la construction européenne.
Cet accord marque-t-il la réconciliation de la gauche du oui et du non ?
Sur le papier, oui. Nous sommes même convenus qu'un éventuel traité institutionnel pourrait comporter des dispositions qui ne posent pas de problème de fond, par exemple la désignation d'un président du Conseil européen pour une durée de deux ans et demi, renouvelable, ou pour lesquelles un accord entre partis pourrait intervenir. Ainsi, les Allemands souhaitent la prise en compte de données démographiques dans les votes au Conseil. Ce que nous pourrions accepter s'ils décidaient, en contrepartie, de revenir sur les statuts de la BCE qu'ils nous ont imposés en 1991. Ce système est néfaste. C'est aux dirigeants politiques, démocratiquement élus, comme l'a rappelé Ségolène Royal à Porto, et non à Jean-Claude Trichet, de définir la politique de change. Nous demandons l'alignement de la BCE sur le statut du Federal Reserve Board américain et une « policy mix » au service de la croissance et de l'emploi pour faire reculer chômage et précarité. Des accords comparables ont été conclus dans le passé entre le PS et le MDC – réforme des statuts de la BCE, en 1999 –, sans qu'aucune initiative ait jamais été prise pour les faire appliquer. C'est pourquoi nous restons vigilants. Pour autant, nous entendons contribuer positivement à une dynamique de victoire qui permettra enfin le passage à l'acte.
Vous avez été ministre de l'Intérieur, au même titre que Nicolas Sarkozy. Quelles différences fondamentales opposent la gauche et la droite sur le terrain de l'insécurité ?
Sarkozy est dangereux pour la sécurité des Français. Les agressions contre les personnes et les policiers n'ont jamais été aussi nombreuses. En 2003, il a vidé de ses effectifs et de sa substance la police de proximité que j'avais créée en 2000. Police citoyenne territorialisée avec des commissariats de secteurs et agissant en partenariat avec tous les acteurs de la sécurité. Certains commissariats de secteurs ont été fermés sur le terrain. Je le constate ainsi à Belfort. Cette police connaissait la population et était connue d'elle. M. Sarkozy a privilégié une police d'intervention qui intervient toujours après que des incidents ont pris une tournure grave. Il a utilisé les forces d'ordre public (CRS-gendarmerie mobile) pour faire des contrôles d'identité systématiques à la périphérie des cités, créant ainsi un climat de tensions inutiles. Il a fait un très mauvais usage des moyens qui lui ont été concédés. Les élections syndicales, marquées par le succès de l'UNSA chez les gardiens de la paix et les gradés et chez les officiers, constituent d'ailleurs une claque pour M. Sarkozy. Un ministre de l'Intérieur doit peser ses mots. Le souci de l'éducation et celui de la sécurité doivent aller de pair. Il ne faut pas opposer la prévention à la répression, qui est nécessaire. Il faut aussi savoir sanctionner les manquements à la règle. L'autorité républicaine, c'est ce que Ségolène Royal appelle l'ordre juste.
Propos recueillis par Thierry Beauvan, Pierre Kanuty et Bruno Tranchant
Source : L'Hebdo des socialistes
Mercredi 13 Décembre 2006
Paris, Dimanche 10 décembre 2006
Elle se réjouit d'y voir reconnues ses principales orientations, défendues avec conviction par Jean-Pierre Chevènement, depuis longtemps et notamment lors de sa campagne électorale. Avec la prise en compte ferme et sans équivoque du vote des Français le 29 mai 2005, une page nouvelle s'ouvre. En affirmant clairement que le projet de constitution européenne rejeté par les Français est caduc et ne sera pas ratifié, il permet d'engager la réorientation de la construction européenne que nous appelons de nos vœux : respect des souverainetés populaires, gouvernement économique de la zone euro, priorité à la croissance et à l'emploi.
La Convention nationale du MRC souligne la portée des propos de Ségolène Royal, appelant à ce que la politique économique en Europe soit conduite par les représentants des peuples et non par la Banque centrale européenne, ce qui invite à modifier les statuts de la BCE pour lui assigner ses missions : soutenir l'activité et l'emploi. Bien entendu une telle issue implique la mobilisation du monde du travail et de l'opinion publique à l'échelle française et européenne.
Elle se félicite de voir placer les principes républicains au cœur du projet politique : Ecole, citoyenneté, laïcité, unicité de la République, services publics, indépendance de la politique étrangère et de la défense, co-développement. En matière de politique industrielle, de choix énergétiques, de taxe antidumping social pour lutter contre les délocalisations, nos propositions sont prises en compte.
Nous souhaitons qu'une nouvelle période dans les relations avec le Parti socialiste commence ainsi, fondée sur le respect mutuel et le dialogue. Elle permettra - nous l'espérons - de nouer des rapports constructifs : le MRC pourra retrouver de la sorte une représentation parlementaire.
Jean-Pierre Chevènement ayant fait connaître sa position, la Convention nationale décide d'apporter son soutien à la candidature de Ségolène Royal et de participer activement à la campagne présidentielle.
Le MRC se portera ainsi au premier rang du combat : celui de la gauche républicaine contre le libéralisme, l'atlantisme et le communautarisme qu'incarne Nicolas Sarkozy. La montée des périls, la mise en cause des principes fondateurs de la République, la remise en cause des acquis sociaux les plus élémentaires invitent à créer une dynamique dès le premier tour pour faire barrage à la droite et à l'extrême droite.
La Convention nationale du MRC appelle dès à présent ses responsables et ses militants à se mobiliser pour la victoire de Ségolène Royal et pour mettre la gauche à la hauteur de ses responsabilités.
A travers les projets qu’ils ont respectivement élaborés, le Mouvement Républicain et Citoyen et le Parti Socialiste entendent définir un programme de législature qui constitue une alternative durable à une politique de la droite, faite d’acceptation d’une mondialisation sans règle et de résignation devant le chômage de masse et ses conséquences, d’injustice sociale, de démantèlement de nos industries, de liquidation des services publics, d’abandon des principes républicains.
Ils veulent réunir leurs efforts pour rassembler une majorité de Françaises et de Français en 2007. Ils entendent réussir ensemble après la victoire pour donner un sens à cette mondialisation et remettre la France en marche.
Le Ps et le MRC se sont prononcés différemment lors du référendum sur le Traité constitutionnel européen. Ils prennent acte du vote des Français le 29 mai 2005, refusent toute ratification du texte rejeté sauf introduction dans un simple traité institutionnel de dispositions ne posant pas de problème de fond (ainsi la désignation d’un président du Conseil européen pour deux ans et demi renouvelables) ou sur lesquelles un accord entre partis pourra intervenir. Ils entendent construire l’avenir en respectant cette volonté populaire.
La priorité sera donnée à la relance économique et à la lutte contre le chômage
- Le MRC et le PS entendent réorienter la construction européenne pour la mettre au service de l’emploi et de la croissance concertée. Pour cela ils proposent de réformer le pacte de stabilité pour en faire un pacte de croissance, d’instituer un gouvernement économique de la zone euro, capable de mettre en œuvre cette priorité à la croissance, de réformer les statuts de la Banque centrale européenne pour inscrire dans ses missions la recherche d’un haut niveau d’activité et d’emploi. La lutte contre l’euro cher sera une de nos priorités.
- Nous proposons un effort renouvelé en matière de recherche et en matière d’innovation et d’impulser une politique industrielle capable de relever les défis d’une économie mondialisée, spécialement dans les secteurs vitaux et stratégiques. Il s’agira notamment de lutter contre les OPA hostiles et de mieux maîtriser le capital de nos grandes entreprises ; En matière énergétique, il sera indispensable de faire face aux prix durablement élevés du pétrole et du gaz en favorisant les énergies sans émission de gaz à effet de serre parmi lesquelles l’énergie nucléaire domaine dans lequel les atouts industriels exceptionnels de la France doivent être préservés, le développement d’acteurs énergétiques publics puissants capables d’assurer la sécurité de nos approvisionnements, ainsi que les économies d’énergie.
- Nous agirons pour changer les règles de l’OMC, exiger des normes sociales et environnementales, lutter concrètement contre les délocalisations et les destructions massives d’emplois, en protégeant l’industrie européenne et en renforçant le tarif extérieur commun par une clause antidumping social.
- La relance de la croissance suppose d’augmenter le pouvoir d’achat, de revaloriser le travail et notamment les bas salaires et d’élever les taux d’activité dans notre pays. Cette exigence appellera une réforme du financement de la protection sociale notamment par transfert d’une partie des cotisations patronales sur la valeur ajoutée de l’entreprise et par contribution accrue des revenus du capital au financement de la protection sociale.
- Nous agirons pour préserver les services publics de la frénésie de libéralisation qui les détruit ou les menace, pour la maîtrise publique des énergéticiens nationaux, pour que de nouveaux services publics apportent des réponses aux besoins de nos concitoyens.
Relever la République sera notre ambition
Nous entendons renouer avec le projet égalitaire et émancipateur de la République. Pour cela nous voulons mettre un terme à l’affaissement de l’Etat pour moderniser et en faire l’instrument par lequel le bien commun s’affirme par dessus les intérêts particuliers. La décentralisation doit cesser d’être opposée à l’Etat et doit respecter la solidarité nationale. Une vigoureuse politique d’aménagement du territoire est indispensable pour repenser la politique de la ville, l’action en faveur du logement, la politique d’aménagement rural.
L’idéal de la citoyenneté passe par une claire définition des missions de l’Ecole pour qu’elle soit capable de relever les défis de la démocratisation, de garantir l’apprentissage des savoirs fondamentaux par tous, de promouvoir tous les talents et de former des citoyens ; La rénovation de l’Université sera une priorité. Plus que jamais dans la mondialisation nous devons faire le pari de l’intelligence.
Par ailleurs un service civique court d’une dizaine de semaines, éventuellement fractionné, pourrait à la fois créer un lien social indispensable et répondre aux besoins de la nation, dans le domaine civil comme dans celui de la défense et pouvant notamment ouvrir sur des formules de volontariat service long.
L’égal accès à la citoyenneté est un enjeu majeur : aux jeunes issus de l’immigration, aux jeunes stigmatisés par leur quartier de résidence ou leur couleur de peau, nous devons tenir la promesse républicaine d’égalité. La France pourra demeurer une terre d’immigration à condition que soit affirmée la finalité de l’intégration à la République et que soit mise en œuvre une vigoureuse politique de co-développement avec les pays d’origine.
La laïcité, constitutive de la citoyenneté, est le meilleur moyen de briser l’enfermement dans le communautarisme. La France est un pays de citoyens égaux en droits et en devoirs indépendamment de leur origine ou de leurs convictions philosophiques ou religieuses. La République est le cadre dans lequel les citoyens s‘expriment en Corse comme ailleurs sur le territoire national. Le choix des électeurs de Corse exprimé par le référendum insulaire du 6 juillet 2003 sera respecté.
L’exigence de citoyenneté porte en elle le droit, égal pour tous, à la sûreté. Nous n’opposerons pas la prévention à la sanction, mais nous voulons articuler ces deux dimensions de l’action : prévention précoce, police de proximité, liaison police-gendarmerie-justice, efficacité de la justice. Ni angélisme ni démagogie sécuritaire : nous remplirons notre devoir d’assurer la sécurité à tous, et spécialement aux plus modestes qui sont souvent les plus exposés à la délinquance.
Dans le domaine des institutions, le rôle du Parlement qui contrôle le gouvernement et vote la loi doit être renforcé et, dès lors que la stabilité de l’exécutif sera assurée par un gouvernement procédant du Président de la République et présentant chaque année son programme de travail devant le Parlement. Une dose de proportionnelle, sur des listes nationales en complément des candidatures de circonscription, sera alors introduite dans le mode de scrutin législatif.
La France doit faire entendre sa voix en Europe et dans le monde
En Europe, une relance sera proposée à nos partenaires, fondée sur une action concertée de retour à la croissance (gouvernement économique de la zone euro, réforme de la BCE et du pacte de stabilité). Si des avancées institutionnelles sont possibles en accord avec nos partenaires, elles feront l’objet d’un traité institutionnel soumis à référendum mais qui ne saurait en aucun cas prévaloir sur la constitution nationale.
Les délégations de compétences sont utiles lorsqu’elles multiplient les capacités d’actions; elles doivent demeurer démocratiquement contrôlées. De même nous proposerons de simplifier la procédure des coopérations renforcées, capables de porter des projets concrets en Europe et de mettre en œuvre ces projets à côté des traités. Nous proposerons une active politique de partenariat en Méditerranée et en direction de la Russie pour garantir le développement et la paix sur notre continent et dans ses approches.
En matière de défense, l’effort doit être recentré sur les missions de défense et non sur la fourniture de contingents pour opérations extérieures souvent à la remorque des Etats-Unis. L’indépendance de notre défense, dont le noyau reste la dissuasion, est un atout pour construire en Europe un acteur stratégique indépendant dans un monde que nous voulons multipolaire et rééquilibré. Nous sommes les alliés des Etats-Unis, nous ne sommes pas leurs vassaux.
Le message de la France républicaine doit être porté avec force par la gauche : le libre-échangisme dogmatique ne résout pas les problèmes du développement et de la faim. Ce n’est pas le choc des civilisations qui vaincra la violence, mais le souci de la justice et la coopération Nord-Sud, notamment avec les pays d’Afrique. Le co-développement est notre horizon : effacement de la dette, relèvement de l’aide publique au développement, taxation des mouvements de capitaux spéculatifs, fonds structurels mondiaux, réforme du FMI et de l’OMC, organisation de flux temporaires de migration du travail. La vie internationale doit être régie par le droit. La justice internationale, telle qu’elle est élaborée notamment par le Conseil de sécurité de l’ONU, ne doit pas être une justice à deux vitesses.
La France a de nombreux atouts. C’est un grand pays fier du message universel dont la Révolution de 1789 a posé les principes. Elle dispose d’immenses ressources pour relever les défis de l’avenir dès lors qu’on fait appel au courage, à la volonté et à l’intelligence civique. Refonder la République et retrouver la confiance des citoyens : telle est la grande ambition collective que nous proposons à la gauche pour remettre la France en marche.
Voici deux liens avec Never Enough, un morceau de choix du groupe The Cure , extrait de Festival 2005, dernier opus de The Cure sorti le 6 décembre. Ce dvd live a été élaboré à partir d'une série de concerts lors des principaux festivals européens de l'été 2005 (Espagne, France, Belgique, Suisse, Sicile, Hongrie, Allemagne, Grèce, Turquie). Ces concerts ont accompagné le retour de Porl Thomson, membre historique du groupe parti quelques temps chez Led Zeppelin.
Voici la playlist :
01. OPEN 02. FASCINATION STREET 03. alt.end 04. THE BLOOD 05. A NIGHT LIKE THIS 06. THE END OF THE WORLD 07. IF ONLY TONIGHT WE COULD SLEEP 08. THE KISS 09. SHAKE DOG SHAKE 10. US OR THEM 11. NEVER ENOUGH 12. THE FIGUREHEAD 13. A STRANGE DAY 14. PUSH 15. JUST LIKE HEAVEN 16. INBETWEEN DAYS 17. FROM THE EDGE OF THE DEEP GREEN SEA 18. THE DROWNING MAN 19. SIGNAL TO NOISE 20. THE BABY SCREAMS 21. ONE HUNDRED YEARS 22. SHIVER AND SHAKE 23. END encores 24. AT NIGHT 25. M 26. PLAY FOR TODAY 27. A FOREST 28. PLAINSONG 29. DISINTEGRATION 30. FAITH
Never Enough sous Windows Média Player, cliquer ICI
Never Enough sous Realplayer, cliquer ICI
Lors d'une récente distribution sur les Marchés de Sarcelles, vous avez été quelques-uns à me demander des compléments d'informations sur le dispositif d'aide à l'insonorisation des riverains de Roissy et les positions du MRC Val d'Oise sur le troisième aéroport.
A l'occasion de l'envoi du Plan d'Exposition au Bruit aux municipalités des communes incluses dans le projet de PEB proposé par l'Etat, la fédération valdoisienne du Mouvement Républicain et Citoyen vous propose un rappel des différentes positions, initiatives et actions de ses militants et de ses élus sur les questions aéroportuaires.
Pour pouvoir les consulter, cliquez sur le lien correspondant à votre choix.
Roissy-CDG, les promesses de l'UMP à l'épreuve des faits.
Nuisances aériennes et troisième aéroport ? A quoi sert la droite valdoisienne ?
Appel à la manifestation du 25 janv. 2004 contre les nuisances sonores à Paris
L'annonce du PGS sans moyens supplémentaires et volonté politique claire ne sera que de la poudre aux yeux.
Numéro consacré aux problématiques aéroportuaires (nuisances, PEB, 3ème aéroport)
Présentation du PEB lors de la Commission Consultative de l'Environnement de Roissy-CDG
Le MRC 95 proteste face au déficit de recettes affectées à l'insonorisation des riverains des aéroports franciliens.
Les insuffisances du Plan de Protection de l'Atmosphère dans la prise en compte de la pollution liée au trafic aérien.
La Municipalité de Sarcelles doit mieux informer les Sarcellois sur le dispositif d'aide à l'insonorisation
# "Communautés aéroportuaires"
# "Étude épidémiologique pollution chimique liée trafic aérien"
# "Emprunt de préfinancement du dispositif d'aide à l'insonorisation "
Information dispositif d'aide à l'insonorisation
Article de la nouvelle République (quotidien algérien d'information)
Coopération France/Algérie : des élus de Boumerdès à Belfort
Une délégation d’élus de l’APW et de l’APC de Boumerdès a séjourné à Belfort (Nord-Est de la France), dont le maire est Jean-Pierre Chevènement, dans le cadre de la coopération algéro-française. Durant ce séjour d’une semaine, quatre axes de travail ont été dégagés dont celui de l’appui institutionnel ayant pour objectif de «mobiliser les services et le savoir-faire pour un accompagnement des compétences locales à Boumerdès» dans cinq domaines (jeunesse et culture, état civil et informations, aménagement urbain et urbanisme, environnement, voirie et circulation). Le deuxième axe de travail a touché les échanges culturels et sportifs autour d’activités théâtrales, de stages de perfectionnement, de semaines culturelles et de participation à des évènements culturels. Quant à l’axe éducationnel et formationnel, il intéressera les établissements universitaires, ceux du secondaire et les centres de formation. Enfin, pour l’aspect économique, il a été décidé d’encourager l’organisation de séjours touristiques et la sensibilisation des chambres consulaires (commerce, industrie, métiers…) à investir sous forme de PME et PMI. La délégation algérienne s’est énormément intéressée à la gestion des déchets ménagers et industriels et compte sensibiliser les pouvoirs publics à une expérience qui ne semble pas demander des moyens importants autant qu’un savoir-faire au niveau de la gestion. Donc, l’expérience de la commune de Belfort pourrait intéresser nos responsables à condition que toute la chaîne des problèmes à régler soit revue et corrigée à partir des normes de construction. Cependant, ce qui différencie les élus algériens des élus français, c’est que ces derniers ont une liberté d’action qui fait défaut aux premiers. Mais le problème de formation de nos élus y est également pour beaucoup. En tout état de cause, les deux part |