Article publié dans l'Echo Régional du 16/04/2003

Article publié dans le Parisien du 11 Avril 2003
L'opposition à François Pupponi voit le jour à Sarcelles

SARCELLES, MERCREDI. Rachid ADDA et Jean-François Pin appellent, avec d'autres responsables locaux, à un rassemblement de l'opposition de gauche pour une alternative à la gestion municipale actuelle.
LES DÉÇUS de la politique de François Pupponi s'organisent. Le maire (PS) de Sarcelles, qui jouissait jusqu'à présent d'une certaine tranquillité au vu d'une opposition quasi inexistante dans une ville de 58 000 habitants, devra désormais compter avec une nouvelle forme d'opposition à ses côtés. Les cafés Sarcellois résonnaient depuis quelques mois de débats animés autour de la gestion municipale, des finances de la ville. Des réunions de comptoir restées jusqu'à présent sans suite. Mercredi, Rachid ADDA et Jean-François Pin, respectivement président et porte-parole du MRC (mouvement républicain et citoyen) Pays de France, ont annoncé l'émergence d'une force d'opposition de gauche. Plusieurs membres de divers partis politiques et d'associations ont déjà répondu présent à cet « appel d'air », cette « alternative à la majorité actuelle ». Les responsables du MRC précisent qu'il s'agit d'un rassemblement associatif sans étiquette qui coordonnera des « actions fécondes. Parce qu'on ne veut pas que la seule offre vienne de droite ». Le dernier conseil municipal de Sarcelles avait donné le ton. Lorsque Philippe Clerc (PCF), conseiller de la majorité, s'est opposé personnellement au vote du budget, remettant en cause la gestion municipale et dénonçant le manque de projets pour la ville, dans la salle, les responsables d'associations et de mouvements politiques avaient applaudi. Ils étaient sortis satisfaits de ce premier pavé jeté dans la mare.
Réfuter l'excuse « Sarcelles, ville pauvre »
La nouvelle formation politique va dans ce sens. Elle propose d'élaborer des « projets ambitieux porteurs d'espérance pour les Sarcellois » et réfute en bloc l'excuse « Sarcelles ville pauvre ». Le logement, l'éducation et la culture font partie de ses priorités. Les membres d'UPC, qui font le même constat que MM. ADDA et Pin, se réjouissent que des voix dissidentes s'élèvent enfin. Toutefois, ils ne participeront pas à cette coalition. La liste de Mourad Boughanda, « résolument à gauche », est devenue indésirable depuis que sa seule élue a accepté pour le vote du budget le pouvoir de Jean-Claude Mestre (UMP), qui a brillé par son absence lors du dernier conseil municipal, comme l'ensemble de ses colistiers. « Avec notre poste d'élu, nous faisons déjà concrètement entendre une voix dissidente », considérait pour sa part la conseillère municipale Nadia Ben Hamouda. En mairie, on se contente de dire que « les Sarcellois jugeront dans les urnes ». Premier test pour cette nouvelle formation politique : les élections cantonales, en mars 2004, où sont renouvelables les deux cantons de Sarcelles, actuellement tenus par deux élus socialistes : Didier Arnal et... François Pupponi.
Emeline Cazi
Le Parisien, vendredi 11 avril 2003

