SARCELLES (Val-d'Oise), 14 déc 2007 (AFP) - François Pupponi, maire PS de Sarcelles, compte sur le report des voix de gauche pour remporter dimanche son duel
de second tour face à l'UMP Sylvie Noachovitch, et garder ainsi la seule circonscription de gauche du Val-d'Oise, celle de Dominique Strauss-Kahn.
Les 48.768 électeurs de Sarcelles, Villiers-le-Bel, Garges-lès-Gonesse, Arnouville-lès-Gonesse et Bonneuil-en-France sont appelés dimanche à élire le successeur de DSK, démissionnaire après avoir
été élu directeur général du Fonds monétaire international (FMI).
Au premier tour le 9 décembre, François Pupponi était arrivé en tête avec 38,83% des suffrages et 168 voix d'avance sur Sylvie Noachovitch (37,43%), devant le FN Jean-Michel Dubois (7,47%), le
communiste Francis Parny (6,03%), Rachid Adda du MRC (3,13%), Jean-Michel Cadiot du Modem (3,04%), Philippe Guegdes de la LCR (2,48%) et Chantal Gourinel des Verts
(1,57%).
"Je suis combatif et raisonnablement confiant. On va chercher les électeurs un par un notamment dans les quartiers populaires de Sarcelles, Garges et Villiers-le-Bel où l'on a peu voté. Si les
reports de voix et la mobilisation fonctionnent bien, ça devrait passer", a déclaré à l'AFP M. Pupponi.
En juin, avec le même pourcentage de voix, Sylvie Noachovitch avait devancé DSK au premier tour de 90 voix pour s'incliner finalement avec 45% contre 55% au leader socialiste.
S'il fait le plein des voix de gauche, M. Pupponi prendra à 45 ans le chemin du Palais Bourbon pour, affirme-t-il, "devenir le porte-parole de la banlieue".
Cumulés, les scores du PS, du PCF, des Verts et de la LCR qui a appelé à battre la droite, atteignent 49%. Reste l'inconnue des reports de voix du Modem et du MRC.
Rachid Adda (MRC), avec qui le candidat PS entretient des relations détestables, ne "votera pas" Pupponi "à titre personnel" et renvoie dos à dos "une droite
gouvernementale et une gauche locale coresponsables de la situation dramatique dans laquelle vit notre circonscription depuis plus de 10 ans".
De son côté, le journaliste (à l'AFP) Jean-Michel Cadiot a "proposé" à ses électeurs de voter blanc. En juin, le parti orange avait soutenu DSK.
Enfin, M. Dubois (FN), a appelé "dans les conditions climatiques actuelles, les électeurs qui (lui) ont fait confiance à rester chez eux en famille et bien au chaud dimanche, afin de ne pas
risquer d'attraper le virus de la grippe affairiste".
Les 7,5% du FN sont un motif d'espoir pour Mme Noachovitch. "Elle a fait un score très légèrement supérieur avec un FN beaucoup plus haut. Les électeurs du FN sont soucieux de voter pour des gens
efficaces qui vont les rassurer, ce qui n'est pas le cas de Pupponi", estime Roger-Marc Moreau, son conseiller.
Selon la candidate, Pupponi, maire de Sarcelles depuis 1997, est "l'un des responsables" des violences qui ont éclaté à Villiers-le-Bel et Sarcelles fin novembre suite à la mort de deux
adolescents.
Cette semaine, elle a enchaîné porte à porte, marchés et "même les supermarchés". Jeudi elle a participé à des réunions d'appartements à Sarcelles avec la ministre du logement Christine
Boutin.
En face, M. Pupponi qui a recueilli 57% des suffrages à Sarcelles espère grappiller au moins une voix, celle de Dominique Strauss-Kahn, qui n'a pas voté lors du premier tour et dont les
socialistes espèrent recevoir la procuration d'ici dimanche...
sj/cgd/db
Sarcelles, le 10 décembre 2007
le bureau fédéral du MRC
Sylvie Noachovitch, réinvestie par l’UMP pour cette partielle, avait créé la surprise en juin en devançant DSK de quelques voix au premier tour (37,4% des voix), avant d’être battue au second (45,5 %). (Bouchon/Le Figaro)
Le premier tour de l’élection dans la 8e circonscription a lieu dimanche, quelques jours après les émeutes à Villiers-le-Bel.
APRÈS les émeutes et le malaise social, la parole aux urnes. On vote demain à Villiers-le-Bel, Sarcelles et Garges-lès-Gonesse, dans la 8e circonscription du Val-d’Oise. Deux semaines après les émeutes qui ont suivi le décès de deux jeunes lors d’un accident avec une voiture de police. Dans cette circonscription, qui compte parmi les plus défavorisées de France, l’enjeu ne porte pas seulement sur le vote des banlieues. Il s’agit aussi de succéder à l’Assemblée à l’ancien ministre socialiste Dominique Strauss-Kahn, nommé directeur du Fonds monétaire international en octobre.
De Washington, DSK a gardé un œil sur son ancienne circonscription. Pendant les nuits d’affrontements, il s’est inquiété auprès du maire PS de Sarcelles, François Pupponi, candidat à sa succession, de la « violence » qui a embrasé son fief et qui l’a « surpris ». Après les heurts, « la nature de la campagne a changé, elle est devenue plus grave », assure Jean-Michel Cadiot, le candidat MoDem. Le candidat communiste, Francis Parny, avait même demandé un report du vote.
Dans ces quartiers, où se mélangent parfois près de 90 nationalités, le poids du FN demeure marginal, même si son candidat, Jean-Michel Dubois, cherche à tirer profit des violences. Il a reçu le soutien, il y a une semaine, de Marine Le Pen.
« Les positions entre pro et antigouvernement vont se radicaliser. Le discours du président (sur la « voyoucratie », NDLR) a choqué », raconte François Pupponi. En tant que maire de Sarcelles, il s’est retrouvé en première ligne lors des émeutes. « Comme d’habitude, on nous laisse aller au charbon tout seuls » , a-t-il déploré. Évidemment, la candidate UMP, Sylvie Noachovitch, voit la situation différemment : « La population a compris l’efficacité du gouvernement : en 48 heures, les émeutes ont été arrêtées. Maintenant, nous pouvons à nouveau nous balader dans la circonscription. » Quoi qu’il en soit, le taux d’abstention risque d’être élevé demain.
«Le porte-parole des banlieues» à l’Assemblée
Les styles des deux principaux candidats sont diamétralement opposés. Le maire de Sarcelles compte sur son ancrage local. À l’Assemblée, il veut être « le porte-parole des banlieues ». Mais son bilan à la mairie de Sarcelles est contesté. Son « principal opposant », le conseiller régional MRC Rachid Adda, l’accuse notamment de gestion « communautaire ». Le maire s’en défend, dans son livre La France d’en dessous (Privé, 2006) tout en expliquant avec pragmatisme qu’à Sarcelles « les communautés existent, il serait déraisonnable de les ignorer ». Entre les deux hommes, les relations sont tendues : une plainte pour diffamation a été déposée par Adda contre Pupponi.
Face au candidat socialiste, l’UMP a réinvesti l’ex-avocate de l’émission de Julien Courbet sur TF1. Sylvie Noachovitch avait créé la surprise en juin en devançant DSK de quelques voix au premier tour, avant d’être battue avec 45,5 % des voix contre 55,5 %. La révélation, entre les deux tours par Le Canard enchaîné, de propos racistes qu’elle aurait tenus avait plombé la fin de sa campagne. L’avocate a porté plainte contre le journal.
Depuis les législatives, elle a gardé des attaches avec la circonscription : « J’ai continué à y faire des courses ». Pour rééditer sa
performance, elle compte sur sa notoriété. « Qui est mieux placée que moi, qui suis avocate, pour défendre les habitants ? Ils m’ont vue à la télévision : le but de ma vie c’est de
lutter contre les injustices », lance-t-elle. Dans cette circonscription il faut passer de la parole aux actes.
Nicolas Barotte
Drôle de contraste. Député de la 8e du Val-d'Oise depuis 1 997, premier adjoint à la mairie de Sarcelles, Dominique Strauss-Kahn est donc passé de la présidence de la communauté d'agglomération la plus pauvre de France, Val de France, à celle de l'institution internationale la plus richement dotée, le Fonds monétaire international (FMI). Quel bilan tirer de ses deux mandats locaux ? «Son action et son carnetd'adresses ont été essentiels. Il a fait aboutir bon nombre de projets importants et engagé les grands chantiers de rénovation urbaine», souligne François Pupponi. Et le maire de Sarcelles de citer son rôle dans la future ligne de tramway entre Sarcelles et Garges-lès-Gonesse, le déménagement de la sous-préfecture à Sarcelles et l'arrivée de l'Agence nationale des Chèques Vacances. Bien sûr, chez ses adversaires politiques, le bilan est plus nuancé. Premier grief : son absentéisme. «Il n'était pas là lorsqu'il s'agissait de négocier les grands dossiers comme le Sdrif [schéma directeur de la région Ile-de-France] «.explique Michel Aumas, maire UMP d'Arnouville-les-Gonesse et suppléant de Sylvie Noachovitch pour la députation. «Celui qui est décrit comme le meilleur économiste de France n'a été capable ni d'utiliser les zones franches urbaines pour que l'emploi se développe dans nos quartiers ni sa capacité d'intervention nationale pour que les habitants de nos quartiers aient accès au pôle d'emplois de Roissy», considère Rachid Adda, candidat MRC et opposant farouche : «Je crois qu'il s'est davantage servi de l'image de Sarcelles pour gauchir son image libérale que le contraire.»
Vincent Monnier
Paris Obs

Madame, Monsieur, chers Concitoyens
Comme une majorité d’entre vous, je me suis mobilisé pour que les forces de progrès soient majoritaires dans notre pays à
l’occasion des élections de mai et juin derniers. Six mois après, comme beaucoup d’entre vous, je suis déçu par la situation tant nationale que locale.
Même si je combats ses idées, je souhaite pour notre pays que le gouvernement réussisse à redresser la situation économique et à améliorer le climat social. Mais malgré un pouvoir sans partage, Nicolas Sarkozy est pourtant incapable d’offrir une espérance à la majorité de nos concitoyens. Derrière les discours aguichants, son bilan nous rappelle la réalité de la droite : cadeaux fiscaux pour quelques-uns et remise en cause des droits sociaux pour tous les autres. Sans oublier la division qu’il crée dans le pays, l’épisode des tests ADN ou l’alignement sur la politique étrangère de Bush.
Dans ce contexte particulier, le Parti socialiste n’est pas à la hauteur dans son rôle d’opposition. Tétanisé par ses
querelles internes et les débauchages de ses cadres, il offre une résistance molle sans véritable projet.
Localement, la désillusion est autre. Le député fraîchement élu a laissé la circonscription à son triste sort après avoir expliqué qu’elle avait tellement besoin de lui. Depuis juillet, elle est quasiment sans député pour la représenter. Cela marque un manque de respect et d’attachement à l’égard de notre circonscription et de ses habitants.
Et pourtant le chômage qui touche particulièrement la jeunesse de nos quartiers, les problèmes de chauffage, la crise du logement et les expulsions locatives, l’insécurité en hausse, exigent que notre circonscription ait un député à plein temps pour régler certaines situations.
L’élection partielle des 9 et 16 décembre prochains est une occasion inespérée de corriger le tir.
Sans impact national sur l’équilibre gauche-droite, le véritable enjeu de ce scrutin est de choisir le plus apte et le plus digne pour vous représenter à
l’Assemblée Nationale. Vous êtes en effet nombreux à ne plus vouloir d’élus qui disent « oui oui » à tout et ne font finalement rien.
Vous ne voulez plus d’élus, cumulant mandats et fonctions, qui se servent plutôt que de vous servir. Cette élection doit aussi vous permettre de l’exprimer en choisissant la femme ou l’homme
capable de mettre des actes au bout de ses discours et de porter vos aspirations avec honnêteté et respect.
Investi par le MRC de Jean-Pierre Chevènement et soutenu par divers hommes et femmes de progrès, je veux défendre, avec mon
suppléant Sori Dembélé, l’Idéal républicain, sa promesse d’Egalité et son exigence de Fraternité, pour qu’ils redeviennent une réalité pour nos quartiers.
Né à Sarcelles, où ma famille est installée depuis 50 ans, je ne peux me résigner à la dégradation des conditions de la vie quotidienne dans nos quartiers. Je déplore aussi que certains élus peu responsables instrumentalisent les communautés et créent ainsi un climat de méfiance et d’ignorance entre habitants.
Je veux donc porter à l’Assemblée Nationale le combat pour la justice sociale, l’amélioration du pouvoir d’achat, la
solidarité, une Ecole publique de qualité et gratuite, le droit au logement, une ordre international plus juste, une citoyenneté pleine et entière pour
chacun.
Signataire de l’appel national pour un référendum, je défendrai à l’Assemblée
Nationale votre choix massif du 29 mai 2005 alors que la majorité des députés socialistes voteront avec la droite le “traité Sarkozy” sur l’Europe.
"Liberté, Egalité, Fraternité" pour tous ; "Respect, Dignité, Justice" pour chacun : j’agirai avec force pour une réelle égalité des
chances et je lutterai avec vigueur contre toutes les formes de discriminations et de racisme.
Je m’attacherai donc à être le député de toutes et de tous sans exception et sans exclusive. Je serai particulièrement vigilant à ce que tous les quartiers et leurs habitants soient pris en compte. C’est aussi cela le rôle d’un député de la République dans une circonscription comme la nôtre.
Cet engagement citoyen fonde déjà mon action d’élu au Conseil régional d’Ile de France .
Ainsi dans la lutte contre les nuisances aériennes, j’interviendrai encore et toujours pour que les droits des riverains des aéroports de Roissy et du Bourget soient
respectés. Je poursuivrai mon action pour que nous obtenions enfin l’arrêt des vols de nuits, la construction d’un troisième aéroport et plus de crédits pour
l’insonorisation.
Je continuerai à faire entendre les demandes des habitants concernés par les projets ANRU : droit au relogement sans hausse des loyers et des charges, mise en place d’un accompagnement social et d’une vraie concertation. En relation avec la Région, je continuerai à mouiller la chemise pour faire aboutir des projets importants pour l’accès à Roissy comme le prolongement du tramway jusqu’à Gonesse ou l’interconnexion à Gonesse des RER B et D.
En m’accordant votre confiance, soyez assurés que vous aurez un porte-parole à l’Assemblée Nationale.
J’y défendrai vos intérêts et obtiendrai des réponses claires aux questions que vous vous posez. Je m’engage à être
un député de terrain à temps plein, accessible et disponible, qui vous sera utile au quotidien.
Cela, je veux le faire pour tous.
Cela, je ne pourrai le faire qu’avec vous.
Rachid Adda
- M’appliquer le non-cumul des mandats pour me consacrer entièrement à la circonscription.
- Consacrer une partie de mon indemnité parlementaire au financement de projets associatifs et des sorties culturelles des élèves des collèges et lycées de la circonscription.
- Créer dans ma permanence une cellule juridique pour vous soutenir dans l’accès à vos droits et vous aider dans vos démarches administratives (insonorisation, création d’entreprise, surendettement...)
- Recevoir les jeunes diplômés sans emploi et les jeunes en insertion de la circonscription
- Emploi et formation : développer l’attractivité et valoriser les atouts de nos villes
Revitaliser la zone industrielle de Sarcelles/Villiers-le-Bel en implantant un incubateur d’entreprises innovantes, requalifier
nos quartiers en y assurant la diversité des fonctions urbaines (logements, activités, services publics); garantir l’accès aux emplois de Roissy-CDG, développer des formations adaptées aux offres
d’emplois existants sur notre territoire, financer le permis de conduire dans le cadre des dispositifs d’insertion, soutenir le commerce de proximité, créer un guichet unique de l’emploi et de la
formation pour favoriser des synergies et simplifier les démarches.
Insérer des clauses d’insertion
dans les appels d’offres pour réserver des emplois ou des formations aux habitants de nos communes.
- Logement, Santé, Transport : être un défenseur acharné des services publics
Créer un service public de la petite enfance avec plus de crèches aux horaires adaptés, mieux garantir l’accès aux soins par la
création d’un centre de santé intercommunal, développer des lignes intercommunales de transport et faciliter l’accès à Roissy-CDG, créer un office HLM intercommunal et un service public de la
caution.
Veiller aussi à ce que les entreprises privées, qui ont des missions de service public,
assurent la continuité de ce service (électricité, chauffage urbain...) comme l’exige la loi.
- Ecole publique : assurer l’Egalité des chances et garantir le droit à l’éducation
Limiter à 17 élèves les classes de primaires de ZEP, améliorer l’orientation scolaire pour prévenir l’échec scolaire, augmenter le
nombre d’options et de langues vivantes dès le collège, développer des sections de prestige aux lycées (sport-études, classes préparatoires aux grandes écoles), développer le soutien scolaire
gratuit et de qualité, créer des Ecoles de la “deuxième chance”.
Adapter la carte scolaire
pour garantir la mixité sociale et la réussite à l’Ecole
Cette candidature permettra surtout de porter à l’Assemblée Nationale la parole des habitants de la huitième circonscription et de défendre les intérêts de nos communes. Pour que la devise républicaine « Liberté, Egalité, Fraternité » reprenne tout son sens dans nos quartiers.
Dimanche prochain, la huitième circonscription devra élire le remplaçant de son député, Dominique Strauss-Kahn, parti au FMI. Mais, marquée par les événements de
Villiers-le-Bel, la population aura-t-elle coeur à se déplacer pour départager la télégénique avocate de l'UMP Sylvie Noachovicth et l'héritier socialiste de SDK à Sarcelles, François
Pupponi?
Les émeutes du début de la semaine ont propulsé Villiers-le-Bel à la une des journaux. L'accident mortel, les tirs sur les policiers, les commerces incendiés ont éclipsé la campagne électorale
dans ce coin déshérité du Val-d'Oise. Les électeurs de la circonscription (qui englobe Villiers-le-Bel, Garges-lès-Gonesse et le nord-est de Sarcelles) sont pourtant appelés à voter dimanche,
pour choisir le successeur de Dominique Strauss-Kahn, parti au FMI. Sylvie Noachovitch, la médiatique candidate de l'UMP, compte bien prendre sa revanche. Et battre le maire (PS) de Sarcelles,
François Pupponi, dauphin désigné de DSK.
Jeudi dernier, l'ancienne avocate de l'émission Sans aucun doute bat donc le rappel à Garges. Selon elle, il ne faut pas se fier au résultat final des législatives de juin (55,4% pour
DSK), mais au premier tour où elle avait devancé le ténor du PS de 90 voix! "Là-dessus, est sorti l'article calomnieux du Canard Enchaîné [qui lui prêtait des propos racistes],
plaide-t-elle. J'ai voulu m'expliquer. Mais, comme par hasard, je me suis fait agresser. J'ai eu 10 jours d'interruption de travail. Les gens ont cru que j'avais abandonné."
"Je sens un amour entre moi et les gens"
La revoilà donc sillonnant le marché, la voix enrouée, le rire facile. Elle parle peu des émeutes. Ne cite pas Nicolas Sarkozy. Mais revient sur ses mésaventures: "Les calomniateurs vont être
lourdement condamnés". Elle assure qu'elle n'a "jamais quitté le terrain", évoque l'association humanitaire qu'elle a créée en août, et proclame: "Cela va être le jackpot. On va
gagner et faire la révolution dans la 8e circonscription. Je vais lutter contre la pauvreté, un de mes objectifs premiers, et contre l'insécurité, ce qui passe aussi par la prévention".
L'accueil est plutôt bon. "Aussi jolie qu'à la télé", juge un fan. "Dans l'émission, elle écoutait les gens et les défendait. Alors si elle peut nous défendre aussi...",
approuve une autre. La quadra télégénique s'émeut: "Ils sont adorables!" Et assure: "Je sens un amour entre moi et les gens, une vraie fusion. Je suis très motivée pour eux. Je ne le
vis pas comme un sacrifice, mais comme une vocation".
Au passage, un monsieur s'énerve contre cette "avocate de Sarkozy". Un jeune lui conseille de ne pas venir à Villiers-le-Bel car "elle n'est pas du bon parti". L'élue municipale
d'Enghien affiche toujours le même sourire. D'après elle, les émeutes n'ont "pas d'impact" sur la campagne. Elle balance tout de même: "Sarcelles a perçu d'importantes subventions
mais, curieusement, il n'y a pas d'amélioration. Où sont-elles passées ?"
En face, le maire de Sarcelles, François Pupponi, 45 ans, est pris dans le tourbillon des événements. "Sincèrement, la campagne, je la mets au second plan", confiait-il mardi, les traits
tirés après deux nuits passées sur le terrain. Mais il se verrait bien en "porte-parole de la banlieue" à l'Assemblée. D'ailleurs, rappelle-t-il, "il y a 15 jours, les maires de
banlieue ont interpellé l'Etat pour dire: Attention, on n'a pas tiré les leçons des émeutes de 2005 !" L'édile soupire: "Ce gouvernement n'a pas de discours sur la banlieue." Lui
axe sa campagne sur l'accès au logement, l'emploi pour les habitants des quartiers, mais aussi la sécurité: "Il faut arrêter de faire passer les élus de gauche pour de grands laxistes."
Il réclame notamment une police de proximité, davantage de policiers ou le développement de la vidéosurveillance.
"Ces situations sont peu propices à la gauche"
Auparavant, il était plutôt confiant: "On sentait un vrai rejet de la politique gouvernementale dans les quartiers. La baisse du pouvoir d'achat et la politique de lutte contre l'immigration
les frappent de plein fouet." S'il n'a pas la notoriété de DSK, il se présente quand même comme son "héritier": "Je lui ai succédé à la mairie en 1997. C'est un ami de vingt
ans. On ne s'est jamais engueulés". Mais difficile de prévoir la suite.
A gauche, les autres candidats s'inquiètent. "Ce type d'événements pousse souvent les électeurs à se replier sur un vote sécuritaire", craint Chantal Gourinel (Verts). "Ces
situations sont peu propices à la gauche", renchérit Philippe Guegdes (LCR). De son côté, le communiste Francis Parny a demandé, en vain, le report de la partielle.
D'ailleurs, si beaucoup épinglent Mme Noachovitch, candidate "télépeople", qui "n'habite pas ici" (mais à Montmorency, 95), ils sont aussi critiques vis-à-vis du socialiste.
"Il a sa part de responsabilité dans le fait que sa ville va mal", estime le journaliste Jean-Michel Cadiot, candidat du MoDem. Son adversaire du MRC, Rachid Adda (qui le poursuit en
diffamation), lui reproche une "gestion communautaire" de la ville. Et d'autres évoquent ses frais de représentation onéreux pour la société d'économie mixte SEM Chaleur.
Le Front national (4% en juin), lui, espère tirer son épingle du jeu avec son candidat Jean-Michel Dubois, directeur des grandes manifestations du parti. Mais la principale inconnue reste la
participation à cette partielle. "On risque d'avoir 25 % ou 35 % de votants, estime un militant. C'est la roulette russe !"
Lundi 03 Décembre 2007
Tourner la page Strauss-Kahn, dans une circonscription troublée par les violences, la semaine dernière, à Villiers-le-Bel (Val-d’Oise). Parmi les huit candidats à l’élection législative partielle des 9 et 16 décembre, Sylvie Noachovitch (UMP) et le maire PS de Sarcelles, François Pupponi, bras droit local de DSK, briguent la succession du nouveau patron du FMI.
«A Villiers c’était chaud, mais ici les quartiers sont restés assez calmes.» Sur le marché de Lochères, à Sarcelles, François Pupponi veut rassurer : «On est plutôt passés au travers. Une dizaine de voitures brûlées et le garage Renault.» Les passants le relancent pour un job, un logement, lui donnent du «M’sieur le maire» en le tutoyant. La veille, ils l’ont vu dans une émission sur les banlieues, trouvent qu’il a «bien parlé», du moins, qu’il les a «pas trop mal défendus».
Après «trois nuits à Villiers-le-Bel», il reprend tractages et porte-à-porte. A l’Assemblée nationale, il se verrait bien «porter la parole de la banlieue» et du «sentiment d’injustice et de ghettoïsation».Il pronostique, l’air inquiet, que «les événements» risquent d’avoir un impact sur le vote et de «radicaliser les positions : ceux qui veulent envoyer un message au gouvernement voteront à gauche» et une part de la population, «un peu apeurée», pourrait se rabattre sur l’extrême droite.
Une faible participation, probable dans une législative partielle, pourrait aussi jouer en sa défaveur. Dominique Strauss-Kahn, mis en ballottage en juin, par sa rivale UMP qui l’avait devancé de 90 voix au premier tour, avait dû mobiliser les nombreux abstentionnistes pour l’emporter au second. «Tout l’enjeu sera notre capacité à faire voter nos troupes», confirme le maire, qui assure que «DSK-Pupponi, c’est pareil, ça fait vingt ans qu’on travaille ensemble».
A quelques pas tracte un de ses adversaires, Rachid Adda, conseiller régional et candidat MRC, qui l’accuse de «clientélisme communautaire». «Le communautarisme comme mode de gestion municipale a entraîné un repli identitaire et la montée d’un climat de défiance à Sarcelles», proteste Adda. Jurant qu’elle ne s’«occupe pas de [ses] adversaires», Sylvie Noachovitch peaufine, elle, son «rapport fusionnel avec les électeurs». «Ils me réchauffent le cœur», s’emballe-t-elle. Sur le marché de Garges-lès-Gonesse, l’ex-avocate de l’émission Sans aucun doute annonce vouloir lutter «contre la pauvreté et l’insécurité car on souffre trop ici».
Pour les banlieues, elle propose une police qui«rassure les jeunes, mais pas forcément une police de proximité» . Si un jeune homme, qui dit avoir «discuté avec des copains de Villiers-le-Bel», lui conseille de ne pas s’y rendre, elle balaie la précaution, assurant que «le contexte n’a pas perturbé [sa] campagne». Mais la candidate, accusée en juin de «racisme» – une «calomnie», dit-elle – veille à ne pas s’appesantir sur son étiquette UMP. Dans une élection locale, «c’est le candidat qui compte, plus que le parti», argue-t-elle .
Dominique Strauss-Kahn entre Sarcelles et Matignon
Depuis que Ségolène Royal a été investie par le PS pour mener la campagne présidentielle, Dominique Strauss-Kahn se faisait plus présent dans sa bonne ville de Sarcelles, banlieue nord de Paris, dont il est 1er adjoint et député. Mais voilà, dimanche dernier, François Bayrou a réuni 18,57 % des suffrages. Résultat, le tenant de la ligne social-démocrate au PS est remis en selle. Mercredi, la candidate et son ex-rival des primaires du PS se sont retrouvés dans un restaurant du VIIème arrondissement de Paris pour un déjeuner en tête-à-tête... sous les objectifs des photographes.
L’ancien ministre des finances est attendu ce vendredi soir au meeting de Lyon. Mais hier matin, il ne savait pas encore s’il interviendrait à la tribune : "Je fais ce que l’on me demande. Je ne demande absolument rien. On ne se bat pas pour soi. Faisons la gagner, elle peut gagner. On verra ensuite", déclare à Matin Plus Dominique Strauss-Kahn, qui rappelle qu’il affiche 35 meetings au compteur du 1er tour. "Elle a fait un pas en direction de Dominique en déjeunant avec lui, je ne suis pas sûr que cela suffise à convaincre les électeurs de Bayrou ", dit un proche, suggérant d’aller plus loin en constituant un ticket Royal à l’Elysée, Strauss-Kahn à Matignon. "C’est la seule chance de Ségolène pour capter les voix du centre", poursuit ce proche, tout en reconnaissant qu’"elle ne peut pas se voir imposer le choix de son premier ministre".
A Sarcelles, on est résigné : "Cela fait 20 ans que l’on me répète qu’il va quitter Sarcelles ", s’amuse François Pupponi, qui lui a succédé à la mairie. "Il ne vient pratiquement plus ou alors en vedette américaine avec journalistes et caméras. De toute façon il habite à Paris", lance un socialiste sarcellois. En 2002, DSK fut donné candidat à Paris pour les municipales de 2002. Aujourd’hui, son nom circulerait sur la promenade des Anglais à Nice. "Une rumeur débile", selon son entourage.
"On voudrait me voir plus. C’est plutôt flatteur, il y a tellement d’élus que l’on ne veut plus voir, plaisante l’intéressé avant de reprendre son sérieux. Je ne peux pas être partout. C’est une grande circonscription. Un exemple : il y a 120 groupes scolaires. En juin, sur un week-end, je ne peux pas faire plus d’une dizaine de kermesses..." Ce week-end, s’il n’est pas trop mobilisé par la campagne présidentielle, il naviguera entre les commémorations du génocide arménien, une soirée antillaise et un concert de hip-hop à Sarcelles.
L’ancien ministre ne manque cependant jamais une occasion de parler de sa ville. C’est à l’hôtel de ville qu’il a annoncé sa candidature aux primaires du PS. "Parce que je viens d’ici", déclarait-il, présentant Sarcelles comme son "laboratoire du changement". Un discours qui avait fait bondir le conseiller régional MRC Rachid Adda, vrai natif de Sarcelles et candidat déclaré aux municipales : "Au lieu d’utiliser l’image d’Epinal qui colle à Sarcelles pour changer la sienne, les Sarcellois auraient préféré qu’il utilise son image pour changer celle de la ville !".
François Pupponi, vante, lui, "l’avantage d’avoir un poids-lourds politique dans une ville difficile comme la nôtre". Selon lui, l’arrivée de la préfecture à Sarcelles s’est jouée au téléphone avec Lionel Jospin en deux minutes. Même chose pour le tramway : "Il a passé des coups de fil, monté trois réunions et en quatre mois il avait trouvé les 100 millions manquants. Alors c’est vrai, on ne le voit pas toujours sur le terrain mais il y a une bonne répartition des rôles entre lui et moi", affirme l’inconditionnel Pupponi. "S’il a pris du recul en mairie, reconnaît son directeur de cabinet, Jacques Langlade, c’est parce qu’il est beaucoup plus présent à la communauté d’agglomération" de Val-de France, que préside Strauss-Kahn depuis 1997.
La chance de DSK, c’est de pouvoir compter sur une équipe de fidèles qui entretiennent son réseau local et balisent sa présence aux quatre coins de la circonscription. Pour Pierre Bouchacourt, son attaché parlementaire en poste sur la ville, "la seule raison pour laquelle il aurait pu quitter Sarcelles, c’est s’il avait fait son entrée à l’Elysée après avoir été investi par le PS". Reste Matignon...
Olivier Zanetta
LE MONDE POUR MATINPLUS | 27.04.07 | 10h46
« Esse cume a castagna, bèlla di fóra, ingrentu macagna. » Être comme la châtaigne, belle à l'extérieur, gâtée (pourrie) dedans.
Sarcelles le 28/11/2007
« Le courage. C'est de refuser la loi du mensonge triomphant, de chercher la vérité et de la dire »
Jean Jaurès
Ca sent le gaz lacrymogène, le plastique brûlé et la rage. Celle d'une centaine de garçons bien organisés, qui disent vouloir "buter" le moindre "Schtroumpf" – le moindre
policier. Lundi 26 novembre, entre 19 h 30 et 22 h 45, cinq rues de la ZAC et du Puy, à Villiers-le-Bel, dans le Val-d'Oise, là où, la veille, deux jeunes garçons de 16 et 15 ans, Larami et
Mouhsin, sont morts dans le choc de leur mini-moto contre une voiture de police, ont rejoué des scènes d'une extrême violence.
Restés invisibles tout l'après-midi, les policiers se sont postés en masse, en fin de journée, devant la gare du RER D, après l'incendie d'un camion poubelle. A peine les premiers lampadaires
allumés, les jeunes attaquent avec des pavés, des feux d'artifice et des pétards "mammouth" – les plus gros.
Dans une interview, François Pupponi amalgame le combat mené en faveur de la Laïcité par le Mouvement Républicain et Citoyen (dont Jean-Pierre Chevènement est le président d’honneur) et l’origine ethnique ou la religion supposée de son premier secrétaire fédéral, le conseiller régional Rachid ADDA.
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Michel LACOUX
Secrétaire départemental à la communication
Membre du Bureau national
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Gilles GANZIN
Président du Comité de Sarcelles
Secrétaire départemental à l’organisation
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Et pourquoi d'ailleurs ? Parce que le démens qui agirait de la sorte ouvrirait une porte fermée depuis les heures les plus sombres de notre histoire quand l'appartenance religieuse ou ethnique, réelle ou supposée, était en soi un délit d'opinion.
Pour étayer ses propos, il réinvente le passé. Mais pour quelqu'un né à Nantua dont l'éditeur indique une naissance sarcelloise sur le 4ème de couverture de "son" livre, il semble probable que le terme réalité n'a pas le sens commun que nous lui donnons presque tous.
Je rappelle donc à votre bon souvenir ce communiqué du MRC Sarcelles d' octobre 2006.
