Remonté après les propos de François Pupponi à son encontre concernant la future cantonale partielle à Sarcelles, Rachid Adda, conseiller régional MRC, a dénoncé l’attitude du maire de Sarcelles. Quand le socialiste indique que la « difficulté pour faire l’unité à gauche est due à un seul candidat dont on ne sait plus s’il est de gauche ou de droite », la tête de liste MRC aux municipales dénonce « la stratégie du vide » mise en place par le maire. Regardez l’interview de Rachid Adda en vidéo.
Interview Rachid Adda (Sarcelles), Premier secrétaire fédéral du MRC
La réservation de la piscine aux femmes loubavitchs fait des vagues
Depuis trois ans, la piscine de Sarcelles est réservée une partie du dimanche après-midi à l'association des femmes loubavitchs,
des juives orthodoxes à qui leur culte impose de se baigner sans présence masculine. Devront-elles bientôt renoncer ? «
Cela doit cesser au plus vite, s'insurge dans un communiqué le Mouvement républicain et citoyen (MRC) de Sarcelles. Nous demandons la suppression des créneaux communautaires afin de mettre fin à
ce que nous appelons l'exception cultuelle sarcelloise, en contradiction avec le principe de la laïcité. »
Depuis trois ans,. Devront-elles bientôt renoncer ? « Cela doit cesser au plus vite, s'insurge dans un communiqué le (MRC) de Sarcelles. Nous demandons la suppression des créneaux communautaires afin de mettre fin à ce que nous appelons l'exception cultuelle sarcelloise, . »
« A Lille, Martine Aubry, qui avait accordé de tels créneaux dans ses piscines aux femmes musulmanes, avait fini par rebrousser chemin après avoir été montrée du doigt et vertement tancée par la commission Stasi sur la laïcité », précise Rachid Adda, le conseiller régional MRC à l'origine de la démarche. Oui, mais voilà, le maire PS de Sarcelles, François Pupponi, qui avait accordé à l'association cette autorisation de se servir de l'équipement à l'époque communal, passé depuis dans le giron de la communauté d'agglomération Val de France, ne l'entend pas de cette oreille. D'autant qu'il occupe également aujourd'hui la fonction de vice-président de Val de France, chargé des sports et de l'habitat. « Ce que demande Rachid Adda est illégal et contraire au principe de la laïcité, martèle-t-il. Quand une association de la ville demande à utiliser un équipement communal, quel qu'il soit, le maire n'a pas le droit de refuser en invoquant l'appartenance religieuse des utilisateurs.
Cette analyse juridique m'a d'ailleurs été confirmée par la commission Stasi. De plus, il ne s'agit en l'occurrence pas de créneaux horaires qui léseraient la population, mais de vacations, à des horaires où l'équipement est fermé au public. Cette association de femmes loubavitchs ne bénéficie pas, en outre, du personnel municipal, mais occupe la piscine avec ses propres maîtres nageurs et assure elle-même la sécurité. »
Au-delà de la querelle politique locale, d'autres enjeux viennent peser sur cette affaire : la Direction départementale de la jeunesse et des sports envisage très sérieusement d'installer, à la fin de l'année à la piscine de Sarcelles, un pôle national de formation aux métiers nautiques et de maîtres nageurs (lire encadré). « Mais seulement si cette pratique cesse dans cet établissement », prévient Mathias Lamarque, le directeur départemental. Contacté, le député Dominique Strauss-Kahn, président de Val de France, a fait savoir qu'il approuvait la position du maire de Sarcelles.
Le Parisien du 14 juin 2006
Bénédicte Agoudétsé
A Sarcelles, François Pupponi favori malgré les clashs
Bénédicte Agoudetsé | Le Parisien | 03.03.2008 | 08h55
DRÔLE d’ambiance à Sarcelles où pourtant, le mois dernier, les quatre candidats aux élections municipales du 9 mars ont signé, à l’initiative de l’UMP Patrick Toulmet, une « charte éthique pour
une campagne propre ». Le député-maire sortant PS François Pupponi, dauphin de Dominique Strauss-Kahn, clame haut et fort sa sérénité et compte bien être réélu dès le premier tour, comme en 2001
où il avait remporté 58 % des voix.
Pourtant, sa campagne a été émaillée par deux clashs notables. Avec les Verts d’abord, qui ont refusé de figurer sur sa liste, mais aussi avec l’une de ses conseillères municipales sortantes,
Nathalie Bellity, handicapée, finalement écartée par le maire, dit-elle, pour avoir notamment dénoncé sa position de 32 e sur la liste. Pour rester aux commandes de la ville, Pupponi
reste fidèle à ses méthodes « qui ont fait leurs preuves » : « Mon principal objectif, explique-t-il, c’est de lutter contre l’abstention et mobiliser, grâce au porte-à-porte, à une présence
quotidienne sur le terrain et les marchés. J’ai aussi tenu une douzaine de réunions publiques et participé à des réunions d’appartement. »
Le maire sortant entend « poursuivre treize ans d’efforts pour moderniser la ville et oeuvrer à la réalisation des grands projets initiés avec DSK : l’arrivée du tramway, le plan de rénovation
urbaine dans le Grand-Ensemble et la construction d’un grand centre commercial qui devrait générer 2 500 emplois, en grande partie locaux. » Nouveauté cette année : alors que pendant sa mandature
l’opposition fut inexistante au conseil municipal, Pupponi devra cette fois compter avec trois adversaires, tous sarcellois de souche qui ont réussi socialement et prêts à tout, même à se liguer
au second tour pour empêcher sa réélection. Handicapé, l’UMP Patrick Toulmet mène campagne en fauteuil roulant : « Dans le Grand-Ensemble, même si ce n’est pas toujours évident, j’utilise les
ascenseurs pour aller à la rencontre des habitants. » Toulmet compte bien créer la surprise grâce à un programme très social. « Avec DSK aux manettes, Sarcelles, qui compte 20 % de chômeurs,
aurait dû être un exemple de réussite pour la France ! Mais sa politique clientéliste a fait beaucoup de mal à la ville, où il faut d’urgence redynamiser l’économie, créer pour la population des
centres de formation et un accès direct à Roissy et à ses 80 000 emplois. Je propose un système de navettes très régulières que les usagers pourraient emprunter pour l’euro symbolique. »
En cas de second tour, l’homme pourrait être rejoint par le jeune candidat du MoDem Mourad Boughanda : « Il y a deux urgences, diagnostique-il. Faire venir des entreprises à Sarcelles et les
accompagner pour créer de l’emploi sur place et de la richesse. Et surtout construire et réhabiliter d’urgence les logements. Pourquoi n’aiderait-on pas ceux qui vivent en location depuis plus de
vingt ans à devenir propriétaires de leur logement en tenant compte de l’argent qu’ils ont versé pendant toutes ces années, sans posséder de patrimoine qu’ils pourraient transmettre à leurs
enfants ? » Rachid Adda (MRC) a concocté une liste apolitique, réunissant à la fois des habitants de gauche et de droite. « Mon objectif, c’est de mettre à plat et de faire un audit de la gestion
de la commune pour supprimer les ghettos et remunicipaliser un certain nombre de services publics privatisés sous DSK et Pupponi : le chauffage, la propreté, les cantines scolaires. »
Soutenu par l’association qui lutte contre la corruption, Anticor, Adda se veut aussi un Monsieur Propre qui prône « la transparence et un vrai contrôle démocratique des affaires de la ville par
les citoyens ».
Justice
Sarcelles : Rachid Adda débouté de sa plainte contre François Pupponi
Aurélien Perol | Le Parisien | 09.02.2008 | 07h00
Les magistrats ont déclaré irrecevables les poursuites du plaignant sans, comme c’est l’usage, justifier la décision durant l’audience. Mais maître Léopold Lucas, l’avocat de Rachid Adda, a déjà sa petite idée sur leurs motivations. « La défense de monsieur Pupponi sollicitait l’annulation de la procédure pour amalgame entre les accusations d’injure et de diffamation, explique-t-il. Si c’est le cas, un appel est possible car la jurisprudence contredit cet argument. »
Rachid Adda, lui, n’hésite pas à accuser le député-maire de Sarcelles de « se cacher derrière la procédure » pour éviter que le fond de l’affaire soit abordé. Le candidat MRC rappelle au passage le report d’une première audience l’automne dernier « car François Pupponi ne s’était pas présenté ».
Egalement absent hier après-midi, ce dernier voit plutôt dans cette annulation le signe que le tribunal « n’a pas donné raison à ces accusations mensongères ». « Il n’a jamais été dans mon intention de diffamer ou d’insulter qui que ce soit, poursuit François Pupponi. Rachid Adda passe son temps à m’attaquer dans tous les sens, c’est sa façon de faire de la politique. Je suis satisfait que la justice l’ait renvoyé dans les cordes. »
Dans les cordes, peut-être, mais pas encore KO : hier, Rachid Adda annonçait le prochain dépôt d’une autre plainte pour diffamation, concernant cette fois des propos du maire de Sarcelles publiés en novembre… La charte d’éthique pour une campagne propre signée la semaine dernière par les deux candidats y résistera-t-elle ?
Les candidats s’engagent à mener une campagne « éthique »
Bénédicte Agoudetsé | Le Parisien | 07.02.2008 | 07h00
« Je m’adresse à mes adversaires très pacifiquement, explique Patrick Toulmet. J’ai eu l’idée de cette charte après avoir assisté, en Seine-Saint-Denis où j’ai milité autrefois, à de véritables rixes entre colleurs d’affiches de bords différents. Ce texte vise à ce que de tels événements n’aient pas lieu. » En signant la charte, Rachid Adda attend, lui, « une ambiance différente de celles des scrutins de ces dernières années. Je ne veux, par exemple, plus être obligé d’organiser un meeting ou une réunion publique dans un établissement privé, comme un hôtel, sous prétexte que la mairie ne m’a pas accordé de salle appropriée. »
Le candidat du MoDem, Mourad Boughanda, a également paraphé cette charte, qu’il « appelait d’ailleurs de ses voeux depuis longtemps ». D’abord circonspect, le maire sortant PS, François Pupponi, l’a finalement signée lui aussi, s’engageant à réaliser « une campagne propre sur la ville » et veiller à empêcher l’affichage sauvage, c’est-à-dire en dehors des trente panneaux officiels de la ville, en faisant établir un constat d’huissier par la ville et en dressant des procès-verbaux aux contrevenants. Mais, s’amuse le député-maire, « il manque à ce texte un onzième point, qui inciterait les futurs élus à siéger régulièrement au conseil municipal ».
Allusion à peine voilée à la défection de l’opposition depuis plusieurs années à ces séances mensuelles.
Législatives partielles dans le Val d'Oise
Rachid Adda a passé son samedi matin à distribuer des tracts à Garges-lès-Gonesse. Agé de 40 ans, Sarcellois de naissance, ingénieur de formation, M. Adda est Conseiller régional d'île de
France et membre du Mouvement républicain et citoyen de Jean-Pierre Chevènement. Il est candidat à la législative partielle du 9 et 16 décembre 2007, dans la 8ème circonscription du Val d'Oise,
suite au départ de Monsieur Strauss-Kahn pour le FMI.
Rachid Adda : Effectivement, l'élection de juin avait un caractère national car il s'agissait de choisir la couleur politique de la majorité à l'Assemblée Nationale. Elle s'inscrivait dans le contexte de l'élection présidentielle. Cette fois-ci, c'est différent. Un député PS ou UMP de plus ne changeront rien à la donne nationale. D'autant que ces deux partis se retrouvent majoritairement pour remettre en cause la volonté populaire contre la constitution européenne massivement rejetée le 29 mai 2005. La question centrale de cette partielle est de choisir celle ou celui qui sera le plus apte et le plus digne pour représenter les habitants de la circonscription. Ma candidature, issue de la gauche sociale et républicaine, est le moyen de sanctionner à la fois une politique nationale de droite et une gestion locale de gauche qui sont toutes deux coresponsables de la situation difficile que connaît notre circonscription. Tous les clignotants sont au rouge alors que les atouts de nos communes sont nombreux.
Concrètement qu'est ce qui va mal dans cette situation ?
DSK et François Pupponi ont véhiculé l'imagerie d'Epinal sur la ville de Sarcelles au lieu de valoriser les atouts de la commune dont la richesse de sa population et une position géographique sans équivalent. Cela a contribué à maintenir la commune et plus généralement l'agglomération dans une relégation quand d'autres communes, comme Saint-Denis par exemple, ont pu en sortir grâce à un effet "stade de France". En dix ans aucune plus value locale n'a été apportée par l'équipe municipale afin de corriger les effets dévastateurs dans nos quartiers des politiques menées au plan national par la droite.
Et vous que proposez-vous ?
Des clauses d'insertion doivent être incluses dans les appels d'offres pour imposer que les entreprises recrutent ou contribuent à la formation des habitants de nos communes. Il faut avoir l'objectif de la mixité sociale en réservant une part de logements sociaux dans tous les projets immobiliers même privés. Il faut s'assurer de la diversité des fonctions urbaines (habitat, activités, services publics) dans les projets de rénovation urbaine afin de requalifier durablement nos quartiers et agir dans ce domaine dans la concertation et au profit des habitants actuels. Il faut surtout mettre le paquet sur l'Ecole pour qu'elle redevienne à nouveau une promesse d'extraction sociale pour chacun dans nos quartiers.
Je terminerai sur la méthode. L'instrumentalisation des communautés par certains élus à des fins électorales, selon l'adage « diviser pour mieux régner », porte atteinte au vivre ensemble. Elle crée un climat de défiance et de méfiance entre les habitants de nos communes en segmentant la population et en séparant des destins pourtant liés. Il faut avoir le même discours pour tous et forger une identité forte pour nos communes par des projets fédérateurs et non en s'adressant différemment en fonction de son auditoire. Dans nos communes plus qu'ailleurs, cela doit être la profession de foi de tout élu républicain. C'est le sens même de mon engagement en politique auprès de Jean-Pierre Chevènement et de ma candidature à cette élection dans la circonscription où je suis né.
On ne peut pas s'empêcher de penser à l'échec national des candidats dits de la diversité.
C'est justement parce que les partis politiques qui en ont fait la promotion étaient dans une logique d'affichage et qu'elles ont été présentées comme telles qu'elles ont été un échec. Et on a vu, dans des circonscriptions difficiles, toute une série de parachutages de personnalités politiques ou médiatiques souvent déconnectées de la réalité de terrain et imposées aux militants des sections locales. Les gros partis politiques fonctionnent à deux vitesses : d'un côté les colleurs d'affiches, et de l'autre une poignée de responsables, cumulant mandats et fonctions, qui verrouillent le fonctionnement démocratique. Pour que la France ait une assemblée qui lui ressemble vraiment, il faut permettre à la démocratie de vivre dans les partis et que les partis aient des élus à l'image de leurs militants.
Ceci dit, il est essentiel que l'Assemblée Nationale reflète d'avantage la réalité de la diversité française et des différentes sensibilités politiques. Je crois que cette élection partielle peut-être aussi une occasion saisie pour cela…
Dans vos priorités, vous promettez de recevoir les jeunes diplômés en recherche d'emploi. C'est bien, mais pour leur dire quoi exactement ?
D'abord une précision : je ne recevrai pas seulement les jeunes diplômés sans emploi qui m'en feront la demande mais aussi les jeunes qui sont dans une démarche d'insertion. Pas pour leur dire quelque chose mais pour agir et faire quelque chose face aux difficultés d'accès à l'emploi et même à des stages pour les jeunes de nos quartiers. Le chômage atteint des taux proches de 40 % dans certains quartiers et y touche notre jeunesse deux fois plus qu'ailleurs. Et pourtant le Val d'Oise est un département où les créations d'entreprises sont nombreuses et qui possède le premier pôle d'emploi de France autour de l'aéroport de Roissy. Or les habitants de l'Est du Val d'Oise profitent peu de ces emplois pourtant à quelques encablures à vol d'avion.
Pour expliquer ce chômage plus important qu'ailleurs, il y a bien entendu des raisons liées à l'inadéquation entre formations et emplois, les difficultés d'accès en transports collectifs vers Roissy-CDG ou aux dysfonctionnements des missions locales mais aussi des raisons liées à la stigmatisation de nos communes et de leurs habitants. Le délit d'adresse existe et les jeunes de nos quartiers sont parfois écartés par des employeurs potentiels parce qu'ils habitent Sarcelles, Garges ou Villiers-le-Bel.
Avec votre candidature, on ne peut s'empêcher de penser aussi à votre plainte contre le maire actuel de Sarcelles, M. Pupponi. Où en est l'affaire ?
C'est pourtant une affaire à dissocier totalement du contexte électoral puisque c'est en tant que citoyen que j'ai porté plainte dès janvier 2007. L'audience du 17 novembre à laquelle le Maire de Sarcelles ne s'est pas rendu avait été programmée avant même que l'on sache que DSK serait le candidat de Nicolas Sarkozy à la direction du FMI. Bien entendu les écrits de M. Pupponi prennent une dimension particulière dans une ville comme Sarcelles et quand leur auteur prétend par ailleurs vouloir être le porte parole de la banlieue.
Ce qui me gène plus c'est le silence de la presse pourtant alertée alors que les propos similaires d'un ministre algérien sur les origines supposées de Nicolas Sarkozy ont fait la une des médias nationaux. Dire d'un élu de la République Française que son action politique est motivée par ses origines ou sa religion supposée relève du racisme le plus nauséabond qu'il soit. Et c'est cela que je reproche aux propos de François Pupponi dans son livre et dans un article récent du journal Le Parisien. Les écrits sont tels que je ne veux même pas les reproduire dans votre interview. La société ne peut accepter de tels comportements de quiconque mais encore moins de la part d'un Maire d'une ville symbole comme Sarcelles. Il n'y a pas de droit d'antériorité ou de certificat d'origine contrôlée dans la conception républicaine de la Citoyenneté. L'affaire est reportée au 21 décembre. J'attends donc avec confiance et impatience que la justice suive son cours et sanctionne François Pupponi pour des écrits que je considère comme diffamatoire et injurieux.
C'est un peu anachronique, mais si vous aviez siégé à l'Assemblée, auriez vous soutenu la loi sur le contrôle ADN ?
Bien entendu que non. Tout comme je condamne la création de statistiques ethniques qui nous rappelleraient les heures les plus sombres de notre pays. Derrière l'alibi de faciliter les démarches des demandeurs d'asiles ou de lutter contre les discriminations, ces deux mesures sont contraires à l'éthique républicaine. Je suis soulagé que le conseil constitutionnel ait vidé de sa substance l'article sur les tests ADN et ait rejeté celui sur les statistiques ethniques. Ces deux mesures qui sont une véritable tache morale pour ce gouvernement ont contribué à instrumentaliser la question de l'immigration à des fins électoralistes. Mais le PS doit aussi balayer devant sa porte. Il ne peut pas être scandalisé à juste titre contre les tests ADN et se taire quand un de ses élus assigne à origine un autre élu en considérant la religion pourrait être transmise de façon héréditaire.
SES DETRACTEURS ont souvent reproché à DSK de ne pas être suffisamment présent physiquement à Sarcelles et dans l'est du Val-d'Oise. Un argument balayé par ceux qui l'ont côtoyé : « Le plus utile pour nous, c'était son intelligence et sa vivacité d'esprit, doublées de l'impressionnant carnet d'adresses de cet ex-ministre de l'Economie, qui lui permettaient de régler de nombreux problèmes », se souvient Didier Vaillant, le maire PS de Villiers-le-Bel, appelé à prendre la relève de DSK.
« Il y a aussi le grand succès des zones franches urbaines de Garges-Sarcelles et de Villiers-le-Bel, qui ont créé plus de 3 000 emplois en cinq ans », se félicite-t-il. Le Sarcellois Rachid Adda, conseiller régional (MRC), tempère ce bilan en mettant à l'index « les choix de gestion (cession foncière, communautarisme, etc.) » ** du nouveau président du FMI. La rivale UMP de DSK dans la 8 e circonscription Garges-Sarcelles, Sylvie Noachovitch est, elle, « choquée qu'il se soit présenté aux législatives avant de lâcher ses électeurs juste après ». « C'est une trahison », tranche l'avocate.
Bénédicte Agoudétsé
** voici ma réaction complète [par téléphone] dont est tiré ce commentaire : " Au niveau local, certains des choix de gestion (privatisation, communautarisme, cessions foncières...) et dans sa succession à la municipalité ont hypothéqué durablement une union des forces de gauches sarcelloises |qui lui avait pourtant permis de l'emporter en 1995] au profit d'une dérive personnelle du pouvoir de son "dauphin". Les conséquences de ces choix seront une pierre dans son jardin américain."
Article de l'Echo Régional (18/07/07) : Sarcelles - Chaufferie collective, ça chauffe pour le Maire"
Nuits dans des hôtels huppés et repas dans des restaurants chics, François Pupponi est mis en cause pour les dépenses " personnelles " effectuées à l’époque où il était président de la SEM Chaleur.
François Pupponi est actuellement la cible de l’Union des conseils syndicaux de copropriété de Sarcelles. Son président, Alain Chiche, s’étonne en effet des frais de représentations déboursés avec la carte Bleue de la SEM Chaleur durant les années 2005 et 2006. À l’époque, le maire de Sarcelles était le président de cette société d’économie mixte qui avait pour vocation de gérer le réseau de chauffage du grand ensemble avant sa cession à l’entreprise privée Dalkia, filiale de Veolia.
Parmi ces dépenses : une nuit d’hôtel au Napoléon à Paris pour 258 e, deux repas au Train bleu, le restaurant huppé de la Gare de Lyon, et deux autres pour 126 e toujours dans la capitale au Café de Flore. Des nuits d’hôtel en province auraient également été réglées lors d’événements liés au Parti socialiste, à Lille (États généraux du projet) ou au Mans (congrès du PS). Enfin, deux factures de téléphone portable de 332,90 e et 990 e auraient été effectuées à vingt-trois jours d’intervalle. Ces relevés bancaires ont valu au maire un article dans le journal Marianne daté du 7 au 13 juillet. Par ailleurs, un tract anonyme mentionnant le montant des factures circule dans les rues de Sarcelles et un dossier aurait été adressé au procureur.
Alain Chiche, qui conteste l’abandon de service public de la SEM Chaleur et le rachat du réseau par Dalkia, veut se servir de ce dossier pour faire pression. " Le maire nous a fait un rappel de plus d’un million d’euros sur la facture de chauffage alors que nous n’avons pas à la payer. J’ai demandé à consulter les comptes de la Sem mais il a refusé. Je ne vois pas en quoi une nuit d’hôtel ou l’achat de bouteille de champagne a pu servir les intérêts des copropriétaires ", explique-t-il.
À l’heure où nous mettons cette édition sous presse, François Pupponi n’a malheureusement pu être joint. Néanmoins, le maire de Sarcelles avait apporté quelques éléments de réponses dans l’hebdomadaire de Jean-François Kahn : " La journée, je suis à Bercy (le maire est fonctionnaire des Finances NDLR), ensuite je file à la mairie et, oui, dans la soirée je m’occupais de la SEM. Si quelqu’un veut contrôler les 13 100 e dépensés en trois ans, je suis prêt ! J’assume avoir invité à dîner Me Lovichi (avocat de la SEM), Pierre Ferracci (expert comptable), Gregory Simonpoli (directeur de la SEM). "
Du côté des opposants politiques du maire, la réaction ne s’est pas fait attendre. Dans une lettre ouverte à François Pupponi, le conseiller régional et secrétaire fédéral du MRC Rachid Adda demande un " débat public sur les conditions de la cession du chauffage urbain " et qu’un audit soit effectué par un organisme indépendant.
" En cas de refus, je me verrais dans l’obligation de demander au préfet de saisir la Chambre régionale des comptes afin qu’elle examine la gestion de la SEM sous votre présidence ", assure-t-il.
Ludovic LUPPINO
DISCRIMINATION, laïcité, emploi, accès à Roissy, défense des services publics... Autant de sujets brûlants, promesses de débats virulents à prévoir dès la rentrée dans le paysage politique de l'est du Val-d'Oise. A l'heure où la plupart des élus locaux profitent de la trêve estivale, certains, infatigables, travaillent d'arrache-pied en vue des prochaines échéances électorales de 2008.
C'est le cas du conseiller régional, secrétaire national et patron départemental du Mouvement républicain et citoyen (MRC), Rachid Adda, 39 ans. Depuis plusieurs mois, cet « élu de la République » comme il se définit lui-même (lire encadré), véritable empêcheur de tourner en rond du maire PS de Sarcelles, François Pupponi, n'a jamais caché les ambitions du parti chevènementiste de peser davantage sur le destin de la commune de Sarcelles mais aussi celui de la circonscription de Sarcelles-Garges (la huitième du Val-d'Oise). « Si les militants MRC me donnent leur investiture à l'automne, je serai candidat à la fois aux élections municipales et législatives, annonce-t-il. Car je veux, sur ce terrain où je suis né et que je connais mieux que personne, que soit pratiquée une politique de gauche à la fois républicaine et antilibérale, mais aussi battre la droite la plus réactionnaire du Val-d'Oise là où elle est implantée. »
Communautarisme. « Sarcelles souffre d'une fracture ethnique et sociale que l'action politique aurait pu éviter », diagnostique le conseiller régional, qui fustige « les replis identitaires, dont l'un des exemples est le créneau horaire spécifique attribué pour l'utilisation de la piscine à une association confessionnelle. Mais aussi les orientations actuellement prises en matière de rénovation urbaine. C'est notamment vrai dans le nouveau quartier de la sous-préfecture, dédié à l'habitat résidentiel. Il aurait au contraire fallu rééquilibrer la répartition des logements sociaux en en construisant dans ce quartier, tout comme, d'ailleurs, au Village. »
Chauffage de Sarcelles. « Récemment, rappelle Rachid Adda, la gestion du chauffage urbain a été cédée à Dalkia-Vivendi, une multinationale dont la logique est soumise à ses actionnaires et leur logique de rentabilité. Pour les Sarcellois, ce n'est pas une bonne chose, car rien ne pourra leur garantir la stabilité des prix du chauffage. Je suis partisan d'une gestion par un syndicat dédié, composé des bailleurs, propriétaires, associations, élus... »
Gestion et patrimoine. « Cession de terrains communaux, préemption ou non-préemption aléatoire de propriétés... La politique foncière menée à Sarcelles par l'actuelle municipalité m'inquiète, martèle l'élu MRC. La réserve foncière de la ville ne cesse de s'amenuiser : où va-t-on construire demain les équipements nécessaires à la population ? »
Roissy, transport et emploi. « Les habitants des communes proches de Roissy n'ont pas d'accès direct à la plate-forme par les transports en commun, dénonce Rachid Adda. Une véritable offre doit leur être proposée dans le cadre de la défense du service public. Mieux, ils devraient bénéficier avec leur carte orange de la future navette Charles-de-Gaulle-Express, réservée dans les faits aux touristes ou aux décideurs, à raison d'une quinzaine d'euros par trajet ! Par ailleurs, les Val-d'Oisiens sont sous-représentés parmi les salariés de la plate-forme. Et lorsqu'ils y décrochent un poste, beaucoup ont bien du mal à obtenir leur badge d'accès, victimes d'une véritable discrimination. »
«JE NE SUIS pas encore parti en vacances parce que j'attendais la date limite de dépôt des dossiers de régularisation des sans-papiers, car je parraine une famille de réfugiés. » Tout Rachid Adda est là : rarement le conseiller régional MRC de 39 ans au profil atypique (ingénieur centralien issu d'une famille algérienne de Sarcelles) s'autorise à lâcher prise, à « débrancher », à cesser d'arpenter, entre deux séances à la région, le Grand Ensemble, terrain qui l'a vu naître, grandir et se construire. « Désigné par le peuple, je veux être la relation de ceux qui n'en ont pas, car je trouve que nos quartiers méritent des élus présents, et non des politiques surtout préoccupés par leur destin national », martèle celui que l'on surnomme le poil à gratter de la gauche de l'Est val-d'oisien, connu pour son franc-parler.
« Un profond dégoût pour l'injustice, et la puanteur du mensonge en politique »
« Avant de m'investir dans la chose publique, je me suis impliqué dans le milieu associatif, rappelle-t-il. Mais c'est mon profond dégoût pour l'injustice, le cynisme et la puanteur du mensonge en politique qui m'a poussé à m'engager. Grâce à mon parcours personnel et sans piston aucun, j'ai vu la difficulté pour un fils d'ouvrier immigré venu vivre à Sarcelles en 1959 de réussir et d'être reconnu à sa juste valeur. Je veux renvoyer aux plus jeunes l'ascenseur républicain que j'ai eu la chance de prendre et qui reste aujourd'hui bloqué par quelqu'un qui appuie sur le bouton et l'empêche de monter. »

GONESSE
Le MRC au meeting pour la candidate
CHEF DE FILE du MRC dans le Val-d'Oise, Rachid Adda a été invité, à ce titre, à prendre la parole, lors du meeting de Vincent Peillon, porte-parole de Ségolène Royal, mardi soir à Gonesse. Le conseiller régional, accompagné de Michel Lacoux, un autre responsable chevénementiste, a réaffirmé sa motivation à faire campagne pour la candidate PS. « Même si certains feignent d'ignorer notre appartenance à son comité de campagne : notre candidate, c'est Ségolène Royal ! », a insisté Rachid Adda, en faisant allusion au refus du PS du Val-d'Oise de l'accueillir aux réunions du comité de campagne. L'élu MRC a terminé en appelant « les plus de 26 000 Val-d'Oisiens qui se sont reconnus dans la candidature de Jean-Pierre Chevènement en 2002 à la soutenir dès le premier tour ».
Rachid Adda contre François Pupponi. Ce ne sont pas les électeurs de Sarcelles qui trancheront dans quelques mois entre les deux hommes politiques locaux, mais la justice. Hier, la 17 e chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris a fixé au 16 novembre prochain le procès intenté pour diffamation par le conseiller régional et patron du MRC du Val-d'Oise Rachid Adda à son ennemi juré, le conseiller général et maire PS François Pupponi.
A l'origine du différend : le portrait que dresse François Pupponi, dans son livre « la France d'en-dessous » (paru aux Editions Privé), de son « opposant le plus vindicatif » où, sans toutefois citer nommément l'intéressé, il fait référence à ses origines algériennes. Contacté hier soir par téléphone, Rachid Adda a refusé de s'exprimer pour le moment sur le fond du dossier. « Je ne ferai aucun commentaire sur l'affaire en elle-même, explique-t-il. J'ai totalement confiance en la justice de mon pays. Quand un élu de gauche se met à caractériser des citoyens à partir de leurs origines, c'est révélateur d'une certaine vision de la citoyenneté que l'on attribue d'habitude à d'autres dans l'échiquier politique. » François Pupponi, lui, se veut avant tout serein. « Il s'agit d'un non-événement, qui ne fait référence qu'à deux pages sur deux cents, assure-t-il. Rachid Adda fait de la politique à sa manière, et moi comme je l'entends. Dans « la France d'en-dessous », je décris ma part de vérité, mon expérience d'élu de terrain dans une ville aux réalités complexes. Je m'y exprime sincèrement, sans attaquer quiconque personnellement. En revanche, je raconte mon combat politique au quotidien. Lorsque j'emploie le terme de « Beur », de « Black » ou de « Feuj », je parle comme tous les gens de banlieue. Lorsque j'évoque Rachid Adda dans mon livre, je ne fais allusion qu'à ses positions politiques qui me choquent. » Alors, diffamation pas ? Ce sera aux magistrats de trancher.
Bénédicte Agoudetsé

